I. —— RECHERCHE DU BACILLE DE KocH DANS LA NODOSITÉ
Elle a été pratiquée dans 16 biopsies provenant d’enfants et 10 provenant d'adultes.
NT
L'examen direct. a donné, fait exceptionnel, un résultat positif. En examinant les coupes de l’observation 1 nous avons trouvé un bacille acido-résistant nettement coloré en rouge par la méthode de Ziehl et présentant tous les caractères morphologiques assignés au bacille de Koch. Il siégeait au centre d’un îlot inflammatoire hypodermique et non pas dans la lumière d’un vaisseau. Fa totalité du fragment fut alors débitée en tranches sur toute son épaisseur. Des heures de recherches n’ont pas permis de retrouver une seconde image bactérienne analogue à la précédente.
Dans aucune des 25 autres biopsies nous n’avons pu trouver à l'examen direct de bacilles acido-résistants.
L'’inoculation au cobaye des nodules nous a donné deux résultats positis : dans l'observation 1 elle est venue confirmer l'authenticité de la découverte histologique du bacille, dans l’observation 2 elle a obijectivé la présence de bacilles non trouvés à l'examen direct.
Chaque fois il s'agissait d'éléments cutanés, jeunes, prélevés en période fébrile, puisque dans le premier cas la biopsie avait été faite deux jours après le début de l’éruption et dans le second cas, quelques heures après l’apparition des éléments cutanés sortis entre 9 et 10 heures du matin.
Dans aucun de ces cas on n’a eu recours à des passages successifs de cobaye à cobaye, par réinoculation des ganglions. Les premiers cobayes inoculés ont été tuberculisés. Mais la tuberculisation n'a été obtenue que sur moins de la moitié des animaux en expérience et l'allergie a été plus lente à s'installer que normalement. Dans le premier cas un cobaye sur deux est tuberculisé. Dans le second cas la proportion est un peu moindre.
Les deux souches isolées des nouures étaient des souches de bacilles humains. L'un de ces bacilles présentait cette particularité d’être dvsgonique du fait de ses caractères de culture.
IT. — RECHERCHE DU BACILLE DE Kocx DANS LE SANG.
L’inoculation au cobaye du sang ou du liquide retiré par ponction sternale nous a donné 4 résultats positifs sur un total de 33 examens dont 22 chez l’enfant ; 3 résultats ont été obtenus avec le sang. Le prélèvement avait été fait chaque fois dès le début de la maladie et en pleine période fébrile. D'une manière générale la moitié des cobaves seulement ont été tuberculisés, mais là encore dès la première inoculation. On a trouvé à l’autopsie de chacun de ces animaux des lésions de tuberculose généralisée. Les cultures d'organes ont fourni des colonies de bacilles tuberculeux du type humain. Dans deux de ces cas un seul prélèvement de sang avait été pratiqué. Dans le troisième (obs. 2}, sur deux prélèvements pratiqués à deux jours d’intervaile, un seul, le second, s’est montré positif.
L’inoculation du liquide retiré par ponction sternale nous à donné un résultat positif (l'inoculation du sang prélevé au même moment étant restée négative). La ponction sternale avait été pratiquée alors que l'enfant était complètement apyrétique et que l’érvthème noueux évoluait depuis quelques jours.
En ne considérant que les recherches pratiquées chez l'enfant, nous avons donc mis en évidence le bacille de Koch deux fois dans une nouure sur 16 inoculations, 4 fois dans le sang circulant ou la moelle sternale sur 22 inocujations.
Nous avons donc obtenu 12,5 %, de résultats positifs avec la nouure et 18 %, de résultats positifs avec le sang ou la moelle sternale.
Chez l’adulte l’inoculation ae 10 nodules et 11 recherches de bacillémie sont restées négatives. Sauf dans une de nos observations, le prélèvement de produits ayant donné un résultat positif a toujours été pratiqué au début de la maladie, en pleine période fébrile. Les prélèvements ayant donné un résultat négatif n’ont pas tous été effectués dans
les mêmes conditions. Il est rare d’être amené à examiner un enfant le premier jour de l’éruption, encore plus d’avoir la certitude (obs. 2) d’extirper un élément cutané qui vient d'apparaître.
Le plus souvent c’est au 4 jour de l’érythème noueux, quelquefois plus tard, que l’enfant est amené à l'hôpital. Les manifestations cutanées sont en train de régresser, la fièvre a disparu ou presque. On fait quand même une biopsie et une prise de sang, mais celles-ci ont toutes les chances de ne donner aucun résultat.
Le caractère même de la réaction du cobaye qui devient allergique tardivement et se tuberculise lentement, le fait de n’obtenir de résultats positifs que sur une partie seulement des animaux en expérience indiquent assez que l’on a affaire à des produits paucibacillaires, transitoirement infectés. Il est très probable que, dès que la maladie a commencé à se manifester, les bacilles peu nombreux disparaissent rapidement des lésions cutanées et du sang.
I faut avoir la chance d’arriver très tôt pour saisir la migration sanguine des bacilles tuberculeux et leur dispersion éphémère dans les nodules dermo-hypodermiques.
Notre proportion de résultats positifs est donc extrê mement élevée, surtout si l’on considère la rareté avec laquelle on peut mettre en évidence la bacillémie tuberculeuse, retrouvée seulement 3 à 4 fois sur 100 dans les tuberculoses avérées (Saenz et Costil).
C’est au moment où s’installe l'allergie qu’on a le maximum de chances de mettre en évidence cette dispersion bacillaire (Robert Debré, Saenz et Broca). Mais la durée de cette période reste très courte.
Toutes ces considérations expliquent la rareté des observations probantes où l’on a mis en évidence le bacille de Koch dans les nodules ou dans le sang des sujets atteints d'érythème noueux.
L'observation princeps est celle relatée en 1913 par Landouzy, Laedrich et Richet fils. Dans le nodule prélevé sur une jeune femme au 6€ jour d’un érythème noueux,