‹ Érythème noueux et tuberculoseChapitre 8 sur 14 · LE · texte numérisé non relu

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seulement pendant la période érythémateuse, mais encore longtemps après. Il n'est pas sans intérêt de rapprocher cette abondance d’agglutinines chez ces malades avec le fait depuis longtemps constaté par les chiniciens que les tuberculides cutanés s’observent rarement chez les phtisiques avancés et beaucoup plus souvent chez des scrofulo-tuberculeux torpides à lésions viscérales plus où moins latentes. |

D'autre part, au point de vue expérimental M. Gougerot a reproduit sinon l’érythème noueux,au moins des tüuberculides expérimentales chez le cobaye d'autant plus facilement que le cobaye avait été rendu plus résistant au préalable par des injections de lécithine ou de doses faibles de tuberculine.

Parmices tuberculides, quelques-unesreproduisaient d'assez près la morphologie de l'élément nodulaire de l’érythème, « restant indurées durant toute leur évolution et finissant par se résorber sans laisser de cicatrice». Mais reproduire la lésion n’est pas reproduire la maladie.

Dans l’érythème noueux, il n’y a certainement pas inoculation directe transcutanée ou intracutanée au point même où se montreront les nodules, et l'éruption plus ou moins abondante, disséminée, imprime à la maladie un caractère que l’on ne reproduit pas chez l'animal.

Beaucoup plus intéressantes sont les observations de Poncet et de Moro chez l'homme. Nous avons déjà cité plusieurs fois celle de Poncet (obs. VIII de la thèse de Pons) dans laquelle une des injections de tuberculine

chez un tuberculéux fut euivit d'accidents méningés

ne graves et d’érythème noueux généralisé. Moro (1908) provoqua l'apparition d'un érythème noueux à la jambe à la suite d’une friction avec une pommade à la tuberculine sur la peau du tronc.

Dans ces deux cas, l’origine tuberculeuse ne peut faire de doute, mais, au point de vue pathogénique, ces deux vérilables expériences prêtent encore à la discussion. Est-ce la toxine elle-même qui a causé l’éruption ou bien n'a-t-elle fait que mobiliser les bacilles du malade qui ont été se fixer dans le derme? Nous rappellerons, en passant, que ce pouvoir mobilisateur de la tuberculine vis-à-vis des bacilles de l'organisme atteint de tuberculose, admis déjà par Virchow et Orth de par les données anatomo-cliniques, vient d'être démontré expérimentalement par Mn° Lydia Rabinovitch, ({Berliner Klin. Woch, 20 janvier 1913).

Quoiqu'ilen soit, lareproduction expérimentale chez l’animal reste à faire.

Il resterait également à faire la preuve de la nature tuberculeuse de l’érythème noueux suivant le vieil adage : Naturam morborum ostendunt curationes. Malheureusement, iln'est pas encore de véritable traitement spécifique de la tuberculose. Cependant une tentative dans ce sens a été faite par M. le Professeur Pic.

Il a vu chez une de ses malades une amélioration manifeste, puis une guérison définitive suivre nettement une première, puis une seconde injection de tuberculine BE (émulsion bacillaire de Koch).

La valeur de cette constatation et d’autant plus grande que les données cliniques et sérologiques coïncidaient pour faire admettre une éliologie tuberculeuse et qu'au

ni — point de vue thérapeutique le salicylate et le sulfosalicylate de soude avaient échoué.

Il ne s'ensuit pas d’ailleurs que cet échec des préparations salicylées soit constant dans l’érythème noueux tuberculeux et qu’une action favorable et curatrice doive inversement faire admettre la nature rhumatismale de l’affection.

Dans un certain nombre des observations du professeur Pic, le salicylate à la dose de 3 à 4 grammes pro die semble avoir eu une heureuse influence sur la marche de la maladie.

D'autres auteurs ont noté les mêmes résuliats : ainsi M. Job (th. Bachelet, p. 37). C’est ce qui a conduit le Professeur Pic, dans l'observation XIV, à essayer l'emploi des hautes doses de salycilate, malgré l’albuminurie assez abondante que présentait la malade à l'entrée. Bien loin de fermer le rein, le salycilate à la dose de 5 grammes pro die pendant cinq jours, a fait, dès le troisième jour, disparaître toute trace d’albumine. D'autre part, les douleurs ont été presque nulles et ladurée de l’érythème beaucoup plus courte que d'habitude.

Le salicylate de soude ne peut donc être considéré comme un spécifique du rhumatisme et à hautes doses peut être parfois, s’il ne l’est toujours, un agent médicamenteux précieux contre l’'érythème noueux tuberculeux.

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