OBSERVATIONS
Nous venons de rassembler tous les arguments qui font admettre la nature tuberculeuse de l'érythème noueux. Est-ce à dire que tous les érythèmes noueux aient même origine? Evidemment non, etil y a bien longtemps qu’on les considère comme un syndrome, non comme une affection essentielle. Indépendamment de l’érythème primitif, infectieux et dû à üun microbe banal, tel le streptocoque que Orillard et Sabouraud constatèrent au niveau des nodules chez une femme morte de streptococtie, on a signalé ce syndrome au cours ou à lasuite du choléra (M. Morel-Lavallée, M. Galliard), des infections puerpérales, de la variole de la vaccine, de la pneumonie, de la grippe, de l'érysipèle (MM. Chantemésse et Sainton: Pertat, th. Paris, 1895), des angines diverses, de la diphtérie, dela blennorragie, de la lèpre, du paludisme (Moncorvo). Peut-être dans ces différentes observations y a-t-il des cas où la nature tuberculeuse ayant échappé à l'observateur, le syndrome a été rapporté à tort à une maladie antécédente qui n'avait fait que favoriser une poussée bacil-
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laire. Mais il est des cas où certainement l’érythème peut être dû à tout autre chose qu'à la tuberculose. C’est ainsi que, dans la fièvre typhoïde, MM. Hutinel et Martin de Gimard, M. Galliard et plus récemment le Professeur Lesieur en ont trouvé des observations assez nombreuses. Le Professeur Lesieur à même montré par l’hémoculture et le séro-diagnostic que l’érythème noueux pouvait être fonction d’une septicémie à bacilles d’Eberth sans dothiénentérie. Dans là rougeole, il faut joindre aux observations de Joÿnt et de Birch, les cas très biens étudiés par le Professeur Weill et Gardère, qui ont constaté par l'hémocüllure la présence de staphylocoque où de streptocoqué dans le sang.
Ils ont d’ailleurs retrouvé le staphylocoque dans le sang d'un enfant qui, en dehors de toute rougeole, présentait une seplicémie, accompagnée d’abord d’une éruption nodulaire, puis d’une éruption de petits abcès sans rapport de localisation avec les nodules apparus en premier lieu.
Enfin la syphilis a été incriminée par Mauriac, Finger, Hoffmann et plus récemment par Janson qui ont décrit l’érythème noueux surtout dans la syphilis secondaire. Le Professeur Nicolas, MM. Moutot et Charlet en ont donné une observation qui ne laisse aucun doute sur l’existence d’un tel syndrome d’origine syphilitique.
Il est pour le clinicien d’un intérêt primordial de connaître la fréquence de l’érythème noueux tuberculeux par rapport à l’ensemble des cas, tout autant qu'il est nécessaire de savoir que les pleurésies séro-
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fibrineuses sont le plus souvent tuberculeuses. L'idéal consisterait à pouvoir présenter la statistique de tout un hôpital ou mieux de l’ensemble des hôpitaux d’une ville, car tel médecin, suivant sa spécialisation, a plus de chances de trouver tel ou tel processus morbide à l'origine des érythèmés qu’il rencontrera. On conçoit toute la difficulté de présenter une telle statistique.
Il nous semble cependant que la statistique, portant sur plusieurs années, d'un service de médecine générale aura le gros avantage de nous faire connaître la nature des cas qui n’ont pas fait manifestement leur preuve et qui, par conséquent, n’ont pas été envoyés dans les services spécialisés (rougeoles, typhiques, maladies vénériennes).
Ces statistiques des services de médecine générale, toutes les fois qu’elles ont été présentées, ont montré la grande fréquence de l'érythème noueux tuberculeux.
Ainsi Ml° Perel, sur 10 cas, trouve ro fois l’intradermo-réaction positive. À la Société médicale des Hôpitaux de Lyon, en 1911, le Professeur J. Courmont, MM. Savy et Charlet ont six cas sur six rapportés à la tuberculose par la clinique et le laboratoire.
Le Professeur Pic, sur 9 malades, en compte 4 tuberculeux uniquement par la clinique sans que le laboratoire soit intervenu, et 5 à la fois par la clinique et le laboratoire.
Aujourd'hui les observations du Professeur Pie ont augmenté de nombre et c’est d’après elles que nous essaierons de nous faire une opinion :
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