‹ Érythrocyanose sus-malléolaireChapitre 10 sur 38 · MS ES · texte numérisé non relu

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sées pour qu'on soit en droit d’attendre du traitement antisyphilitique une guérison complète.

Comme conclusion à cet aperçu étiologique, nous nous croyons autorisé à dire que l’érythrocyanose n'est pas une dermatose syphilitique, tuberculeuse, ou d’une manière plus générale, une dermatose infectieuse au sens bactériologique et anatomique du terme, on ne se trouve jamais en présence d’une localisation d’un bacille quelconque déterminant une infection locale et l’anatomie pathologique nous le montrera, on constate simplement des troubles circulatoires et tissulaires dont le mécanisme immédiat consiste dans une perturbation du système endocrino-sympathique et peut-être également dans une altération locale des vaisseaux.

Comment doit-on comprendre le rôle du sympathique et des glandes à sécrétion interne, pourquoi doit-on l’admettre ? C’est ce que nous allons nous efforcer de montrer. ;

Nous ne séparerons point ici ce qui ressortit au sympathique et au système endocrinien et nous n'établirons pas quelles glandes sont plus particulièrement cause de ce syndrome, car on sait dans quelle interdépendance se trouvent le sympathique et le système ‘endocrinien et quelles relations intimes il existe entre les différentes glandes, au point de vue de leur fonctionnement. Nous nous bornerons simplement à attirer l'attention sur les faits suivants : dans les cas consécutifs aux lésions

du système nerveux central, nous pensons que très

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probablement le sympathique seul est en cause ; d'autre part chez l’ensemble des malades que nous avons examinées, ce sont surtout les troubles relatifs au corps thyroïde et aux ovaires qui nous ont paru les plus fréquents, mais nous allons voir qu'ils ne sont pas les seuls. = Pourquoi doit-on incriminer les glandes endocrines ? Cela résulte de nombreuses constatations cliniques. C’est constamment, peut-on dire, que l’on retrouve en interrogeant ces malades, les troubles qui caractérisent leur mauvais fonctionnement : frilosité, bouffées de chaleur, tachycardie, tremblement, troubles du caractère, nervosité avec insomnie, les troubles du système pileux, le signe de la queue du sourcil, l’hypertrichose de la lèvre supérieure du menton ou des joues, la pelade même dans un cas de Juster,l’aménorrhée,la dysménorrhée,l’adipose surtout localisée au ventre, aux fesses et aux hanches, l’acrocyanose des mains, le faciès lunaire dans sa forme discrète, l’'émotivité, la nonchalance, lPapathie intellectuelle, l’hypersudation des extrémités, dans quelques cas c’est la tendance au gigantisme hypophysaire qui est la plus frappante. Enfin ce qui nous paraît péremptoire, c'est l'apparition de l’érythrocyanose à la suite d’une castration bilatérale comme de nombreux cas en ont été rapportés, et le cas signalé par un auteur russe où l’érytrocyanose apparut quelques mois après un traumatisme testiculaire. La coexistence d’un goître et de l’érythrocyanose n’est point exceptionnelle et certains

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dermatologistes ont fait remarquer la ressemblance qu'il y avait entre l'empâtement, la rugosité de la peau, souvent ichtyosique avec kératose pilaire et le myxœædème dans sa forme atténuée. Enfin, pour Guillaume, le métabolisme basal serait augmenté.

L'opothérapie a donné quelques résultats, mais nous reconnaissons volontiers que le nombre des succès est restreint. Nous connaissons trop mal d’ailleurs les substances sécrétées par les glandes endocrines et nous sommes trop souvent inhabiles à les extraire, comme le mentre l’histoire récente de l’opothérapie pancréatique, hier encore inefficace, pour nous étonner des nombreux échecs d’une méthode appliquée même à bon escient.

Jusqu'ici nous avons vu surtout les troubles endocriniens, quoique certains symptômes comme l'hypersudation des extrémités puissent être également mis sur le compte du sympathique. Maïs on retrouve - également des troubles du sympathique à type sympathicotonique. C’est ainsi que le cœur est rapide, le pouls oscille entre 120 et 140 pulsations, le faciès est scuvent très coloré, la peau est sèche dans certains cas.

Il ne faut pas évidemment s’attendre à trouver chez une malade tous les troubles que nous venons d'énumérer, mais nous répétons que {oujours on trouve quelques signes de perturbation endocrino-sympathique ; les troubles les plus fréquents sont le faciès lunaire pâle ou au contraire violemment coloré, la tachycardie, l’adipose généralisée et sur-

tout les troubles de la menstruation qui ne font pour ainsi dire jamais défaut.

Aussi considérons-nous que le dysfonctionnement endo-

crino-sympathique sert de substratum physiologique à l’érythrocyanose.

Comment faut-il comprendre ce rôle ? Pour ce qui est du sympathique, c’est un fait bien connu qu'il tient sous sa dépendance la vaso-motricité du système circulatoire, de nombreuses expériences physiologiques qui sont classiques l’ont établi depuis longtemps ; les résultats obtenus chirurgicalement par la sympathectomie périartérielle montrent nettement quelle part revient au sympathique dans le tonus vasculaire. Or, nous allons voir qu’en examinant à l’aide du capillaroscope les téguments atteints d’érythrocyanose on constate deux ordres

de faits qui montrent le rôle du sympathique tout au moins dans le premier cas.

Tout d’abord, ce qui semble prédominer c’est, «le spasme artériolique qui se traduit par des modifications très caractéristiques de la circulation dans les capillaires, on voit qu'il s'agit dans ces cas d’une perturbation circulatoire qui a son point de départ dans un état spasmodique des artères auquel s’ajoute éventuellement mais non nécessairement de la stase veineuse. Ces troubles circulatoires artériels ne sont pas localisés aux seules extrémités, on les retrouve dans toute l’étendue des téguments », enfin le froid

augmente la vaso-constriction artériolaire et c’est

ce qui explique la recrudescence des cas d’érythrocyanose en hiver.

En plus du spasme artériolaire,phénomène primitif, on constate une stase veineuse passive. Il semble qu'il y ait une fatigue, une insuffisance progressive des tuniques veineuses, déterminée par le poids de la colonne sanguine. Delater et Hugel se sont particulièrement attachés à l’étude de cette question; voici les constatations qu'ils ont faites :

« Normalement, lorsqu'on examine une partie des téguments à l’aide du capillaroscope, on voit un semis de petits croissants rouges habitant le carrelage entre les dépressions interpapillaires. Ce sont les dômes des anses capillaires perpendiculaires à la surface de la peau. Dans la cyanose, on relève quatre modifications essentielles :

1° Les dépressions interpapillaires sont eflacées et ne dessinent pas leur carrelage ;

29 Les anses capillaires sont d'aspect très variable, au lieu de petits croissants régulièrement répartis, on trouve des boules étalées qui paraissent constituées de larges capillaires entremèêlés ;

3° Les veinules du réseau sous-papillaire sont énormes, boudinées, turgescentes comme les bran- ches efférentes des anses, elles sont contournées, ectasiques ;

40 Ces vaisseaux dilatés ne sont pas de couleur rouge mais de couleur violet sombre, »

La stase veineuse semble être la conséquence des troubles des vaisseaux situés en amont des veinules.

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