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l'homme qu’un nombre infime d'individus atteints d'érythrocyanose ; un cas, rapporté par un auteur russe, chez un homme qui avait subi peu de temps auparavant un traumatisme testiculaire, un autre étudié par Juster chez un hémiplégique, un autre vu par le même auteur chez un malade atteint de paralysie infantile, mais il ne nous a jamais été donné d’en voir personnellement.
L'âge intervient également d’une manière certaine, et il est à remarquer que c’est la plupart du temps au moment où les glandes endocrines et en particulier les glandes génitales commencent à entrer en pleine activité ou au contraire au moment de leur régression, qu’on voit le plus d’érythrocyanose ; c’est dire que nous verrons les cas les plus nombreux chez la jeune fille entre 15 et 25 ans et au moment de la ménopause. Ces derniers cas sont d’ailleurs en beaucoup moins grand nombre que les précédents.
L'influence des saisons doit être interprétée. En hiver, c'est surtout la coloration violette, la sensation de froid qui subissent une recrudescence et c'est aussi à la faveur du froid que l’on peut voir apparaître quelques ulcérations comparables à celles des engelures. En été, la circulation est meilleure, les troubles sont améliorés dans l’ensemble, mais la lourdeur que ressent la malade, l'empâtement qu’elle constate ne sont que peu modifiés et même dans certains cas augmentent à
cette époque de l’année.
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L’hérédité ne nous a jamais paru intervenir. Nous entendons par là que la malade qui vient nous consulter est la plupart du temps le seul membre de sa famille atteint d’érythrocyanose. Ce qui ne veut pas dire naturellement qu'il n’y ait pas une hérédité endocrinienne ou autre comme on le constate dans les familles d’obèses par exemple.
Quant aux causes déterminantes de l’érythrocyanose sus-malléolaire, nous les croyons nombreuses, mais il est souvent difficile de donner une preuve tangible de ce qui, en général, n’est qu’une impression clinique.
Tout d’abord, il est indéniable que l’érythrocyanose se voit avec une fréquence très grande chez les lymphatiques, c’est-à-dire, chez ces jeunes filles à teint floride, aux traits mous et empâtés, avec cyanose des mains, membres lourds et mal dégrossis, téouments épais, développement exagéré du panicule adipeux. Si, devant cet aspect, il est facile de parler de lymphatisme, il est par contre beaucoup plus malaisé de nous dire à quoi répond exactement ce mot. Tous les signes, ci-dessus décrits, font penser avant tout à des insufjisances glandulaires, insuffisances d’ailleurs mises facilement en évidence soit par l’interrogatoire de la malade, soit par son examen. Cet état particulier s'accompagne fréquemment, il est vrai, de manifestations bacillaires et en particulier d’adénites ; mais la bacillose vientelle se greffer avec prédilection sur ce terrain, ou,
au contraire, en est-elle la cause? C’est ce qu'il
Sn DB est pour le moment impossible de déterminer.
L'anatomie pathologique n’est guère favorable à l'hypothèse de tuberculose, car elle montre de l’œdème et des lésions consécutives à la stase sanguine el rarement des lésions inflammatoires d’ailleurs toujours très discrètes.
Celles-ci sont interprétées comme la preuve de lésions tuberculeuses très atténuées par ceux qui veulent faire de l’érythrocyanose, une tuberculide.
La clinique montre dans un certain nombre de cas la coexistence de la tuberculose frappant d’autres organes ou même la partie des téguments où siège l’érythrocyanose ; maïs là encore, quelles conclusions tirer? Pour Pautrier, il pourrait s agir seulement d’une coexistence purement accidentelle. D'autres y voient la preuve de l’origine tuberculeuse de l’érythrocyanose.
Pour notre part, nous pensons que le fait qu’une malade a eu dans un passé plus où moins reculé une manifestation tuberculeuse, n'autorise pas à dire que son affection présente reconnaît cette origine. Et dans les cas où on trouve par exemple, côte à côte, un érythème induré de Bazin et des lésions d'érythrocyanose, nous estimons que l’interprétation étiologique de tels faits est fort difficile, d’autant que souvent les deux lésions évoluent pour leur propre compte comme si la cause en était différente.
Les partisans de la théorie tuberculeuse ne
peuvent avoir là qu'une présomption qui mérite
ce Née
d’être confirmée par des faits d’un autre ordre. Or, jusqu’à présent personne n’a pu apporter de preuve péremptoire ; l'anatomie pathologique, ne peut pas, croyons-nous, trancher la question, quant aux arguments qu'on peut tirer du traitement, il importe de tenir compte du résultat négatif de Lortat-Jacob et Mornet qui ont enregistré quatre échecs successifs par le traitement tuberculinique. Or, on sait quelle modification rapide on obtient souvent dans les tuberculides par cette thérapeutique. Aussi, ces auteurs considèrent-ils que ce fait est un argument considérable contre la nature tuberculeuse de l'affection.
Pour établir celle-ci, il faudrait autre chose que des arguments cliniques, ce sont pourtant les seuls que l’on puisse présentement apporter, et c’est sur ces derniers que se basent ceux qui assimilent l’érythrocyanose aux tuberculides et notamment aux engelures. Ils font ressortir que l’aspect violacé l’'abaissement de température, l’adiposité locale sont autant de symptômes des tuberculides. Ces arguments sont, certes, à prendre en considération, mais dans l'érythrocyanose, la coloration violacée siège au point déclive non seulement au-dessus des malléoles, mais encore à la pointe des fesses, aux mains, aux avant-bras, au-dessus du coude sans jamais remonter jusqu à la racine du membre. De plus la position élevée du, membre fait disparaître complètement ou tout au moins atténue considéra-
blement la coloration qui reparaît immédiatement
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quand on replace le membre dans sa position normale. La malade, elle-même, attire l'attention sur ce fait que le matin au réveil ses jambes sont très désenflées et à peine rosées.
Quand l’adiposité existe, elle n’est pas seulement locale, elle est générale et si, au niveau des lésions, il y à une augmentation anormale de volume du segment de membre atteint, il faut en voir la cause dans l’æœdème surajouté qui s’accumule au point déclive. Car, ce n’est qu’au-dessus des malléoles que l’on constate ce phénomène. En effet, au bras, par exemple, il n'existe pas d’œdème ce qui est dû
probablement aux mouvements incessants qui le.
soustraient à l’action continueile de la pesanteur.
Il n’en est pas moins certain qu’on est frappé cliniquement par la ressemblance de l’érythrocyanose avec les engelures et plusieurs auteurs en ont fait la remarque. Mais, s’il existe des engelures qui sont des tuberculides, il nous semble que beaucoup d'autres ne peuvent reconnaître cette étiologie ; le froid en est souvent la cause exclusive. Combien de collégiens ont des engelures qui les voient disparaitre en quelques jours quand ils sont soustraits à la rigueur d’un règlement paternel, sans doute, mais qui ne leur en impose pas moins des privations de toutes sortes, Nous ne croyons pas qu’un traitement aussi simple imprime aux tuberculides une évolution si rapide.
Enfin l’abaissement de température est une con-
séquence banale de la stase sanguine.
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CNED ESS
Ce qui nous paraît certain, pourle moment du moins, c'est que la tuberculose n’est pas la cause unique du syndrome qui nous occupe.
Il arrive, en effet, qu’on décèle la syphilis. Nous avons pu suivre avec Juster une malade atteinte d’érythrocyanose sus-malléolaire typique et dont les antécédents de syphilis héréditaire ne pouvaient être mis en doute, son père était mort paralytique général et elle avait des dents d’Hutchinson. Elle fut grandement améliorée par un sirop à base de mercure. D’autres cas semblables ont été rapportés à la suite d’injections d’énésol ou de toute autre préparation antisyphilitique. Des insuccès, il est vrai, ont été enregistrés, on sait également que le mercure a une action sur le foie et que ces malades sont souvent des hémogéniques, mais il est cependant probable que les améliorations obtenues proviennent avant tout de l’action antisyphilitique du médicament qui n'était pas d’ailleurs toujours Île mercure.
Les infections les plus diverses, les unes bien classées comme la fièvre typhoïde, la scarlatine, la rougeole, le rhumatisme articulaire aigu, les autres indéterminées ou tout au moins que nous fümes obligé de considérer comme telles soit parce que l'agent infectieux n'avait pu être décelé soit à cause du peu de précision des renseignements fournis par les malades à leur sujet, doivent également entrer en ligne de compte. On sait, en effet, avec quelle fréquence les maladies infectieuses de toutes sortes
frappent les glandes endocrines. Si nous n'avons pas toujours pu faire la preuve de leur action, il est certains cas tout au moins qui méritent d’être pris en considération, comme ceux par exemple où l’érythrocyanose sus-malléolaire apparaît après une salpingite s’accompagnant de troubles de la menstruation chez une malade antérieurement bien réglée.
‘Les affections du système nerveux central par leur retentissement sur le sympathique peuvent déterminer dans certains cas de l’érythrocyanose. Juster en a constaté chez un hémiplégique du côté de sa paralysie et chez un malade atteint de poliomyélite antérieure aiguë
Mais il faut avouer que bien souvent malgré l’enquête la plus sérieuse, il est impossible de mettre aucune cause en évidence.
Quoi qu'ilen soit, toutes ces infections n’agissent pas directement, car on trouverait aisément leur signature tout au moins pour la syphilis et la tuberculose dans les coupes histologiques; or, celles-ci comme nous le verrons plus loin ne montrent que des lésions consécutives à des troubles circulatoires dus à la stase sanguine. Leur mode d’action est plus complexe et c'est par l'intermédiaire du système endocrino-sympathique qu’elles arrivent à déterminer des lésions d’érythrocyanose. C’est ce qui explique d’ailleurs que dans le cas où la syphilis a frappé ce système plusieurs années avant que n’apparaissent ces troubles circulatoires, les lésions
sont trop anciennes et trop définitivement cicatri-