ETUDE CLINIQUE
L'étude clinique de l'érythrocyanose sus-malléolaire est certainement la partie la plus au pointet la mieux connue à l'heure actuelle du syndrome qui nous occupe. Aussi, tous Îles médecins sont-ils d'accord pourséparer cliniquementl’érythème induré de Bazin de l’érythrocyanose.
Pour montrer d’une façon plus saisissante la diffé rence qui existe entre ces deux dermatoses nous rappellerons sommairement en quoi consiste la mala-
die décrite par Bazin et sur quel terrain elle se greffe
d'ordinaire. Elle consiste essentiellement en des
nodosités dures, peu volumineuses siègeant aux membres inférieurs surtout aux jambes mais princi-: palement au-dessus des malléoles, on peut rencontrer des nodules jusqu'au tiers supérieur du mollet, à ce niveau les lésions sont cependant beaucoup moins nombreuses qu’à la partie inférieure de la jambe.Ces nodules sont fermes, arrondis, ils siègent profondément dansl’hypoderme, on dirait des grains de plomb enchassés dans le tissu cellulaire souscutané, ils sont peu mobiles et semblent entourés d’une zone inflammatoire qui se confond peu à peu
avec les tissus environnants. Leur volume atteint en
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général celui d’un pois ou d’une noisette au maximum ils arrivent peu à peu à la surface de la peau où ils forment une petite élevure recouverte d’une peau rose ou violacée, d’ailleurs toutes les teintes peuvent se voir entre le rose clair et le violet foncé. Ils sont le plus généralement isolés,quelquefois deux nodules voisins se réunissent. Ceux-ci sont d'habitude indolores, ils sont en nombre restreint,on en voiten général une dizaine au maximum sur chaque jambe. Assez près les uns des autres immédiatement au-dessus des malléoles, ils s’éparpillent et s’espacent à mesure qu'on remonte vers le mollet. Leur apparition est insidieuse et c’est fortuitement que la malade découvre ‘quelques nodosités dures et indolores, mais quelquefois le début de léruption est accompagné de démangeaisonsetde cuisson quis'amendent lorsque l’éruption est définitivement installée. Celle: ci, avons nous dit, reste généralement cantonnée à : la jambe surtout au tiers inférieur de sa face antéroexterne, une seule jambe peut être atteinte, il est en tout cas exceptionnel de voir l’érythème s’étendre sur d’autres parties du corps : cuisse, ventre ou membres supérieurs. Ces nodosités peuvent aboutir ou non à l’ulcération. Dans la première éventualité, la peau qui les recouvre devient plus rouge et arrive à prendre une coloration violet foncé, lie de vin, couleur lilas, ete. Le nodule se ramollit, s'ouvre à la surface de la peau et laisse échapper du pus clair et liquide, la lésion se recouvre ensuite
d’une croûte et le nodule se guérit en se résoxbant