‹ Érythrocyanose sus-malléolaireChapitre 18 sur 38 · LÉ · texte numérisé non relu

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pathologique montre des lésions spécifiques, cellules géantes et souvent follicule complet, il est rare de trouver des bacilles de Koch mais l’inoculation au cobaye, s'accompagne presque toujours de tuberculose. Chaque nodule est une véritable gomme tu berculeuse.

On voit d'emblée quelle différence existe entre les deux affections par ce que nous avons déjà dit de l’érythrocyanose. Dans l’érythème induré de Bazin, des hodosités circonscrites isolées bien délimitées, s’ulcérant et laissant après elles des plages atrophiques, signature des tuberculides, lésions histologiques de tuberculose très nettes, test biologique positif par l'inoculation au cobaye, évolution la plupart du temps chez un sujet entaché de tuberculose. Dans l’éry-

throcyanose empâtement diffus,coloration violette en large

nappe disparaissant ou s’atténuant notablement par la position déclive du membre, pas d’ulcération ou exceptonnellement ulcération banale se cicatrisant rapidement, aucune lésion inflammatoire à l'examen histologique, antécédents bacillaires très inconstants et par contre toujours troubles endocriniens et sympathiques ayant précédé l'apparition de l'érythrocyanose. Dans un cas, troubles circulatoires passifs en rapport avec une perturbation endocrino-sympathique, dans l'autre,gomme luberculeuse avérée. La confusion n’est vraiment pas possible.

Et maintenant la différence entre les deux aflections se montrera plus nette encore lorsque nous aurons décrit en détail les différents caractères de

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l’érythrocyanose, Tout d’abord, si l’on peut dire, n'a pas de l’érythrocyanose sus-malléolaire qui veut. Il Jaut une constitution, un tempérament spécial .érythrocyanogénie (Juster) et qui frappe au premier abord l'observateur le moins averti, lorsqu'il a examiné seulement quelques cas d’érythrocyanose, Décrire l’habitus général des malades atteints d’érythrocyanose, c’est, pourrait-on dire, énumérer les signes de dysfonctionnement endocrinien, La figure est bouffie, les paupières quelquefois légèrement boursoufflées, le teint est pâle, dans d’autres cas par contre la figure est énluminée, l’aspect. est pléthorique ; le visage violemment coloré montre à un examen plus approfondi une fine arborisation de petites veines dilatées ét turgescentes. Les joues sont pleines, semblent tomber au-dessous de la branche horizontale du maxillaireinférieur, la queue du sourcil est dépourvue de poils ou n’en montre que quelques-uns grêles et espacés, les cheveux sont fins et secs, dans un cas il existait une plaque de pelade. La lèvre supérieure présente fréquemment de l’hypertricose. L'aspect est souvent apathique, une de nos malades âgée dé 15 ans «ne s'intéresse à rien » nous dit sa mère. Le cou présente des plis adipeux nombreux, il est charnu, montre souvent un corps thyroïde augmenté de volume, quelquefois même un goitre, dans certains cas des battements systoliques y sont perceptibles, d'autre fois le corps thyroïde semble atrophié. Les creux sus-claviculaires, les membres paraissent infiltrés,

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pourrait-on dire, à la fois d'un œdème dur et élastique ne gardant pas le godet que le doigt y imprime, et d’une adiposité mollasse, les mains sont empàtées, les doigts gros, boudinés, violacés, présentent des fossettes au niveau de l'articulation métacarpophalangienne lorsqu'on les fait étendre. Des anneaux de livedo se voient sur le dos dela main, la peau est sèche, rugueuse, épaisse, ichthyosique, elle présente de la kératose pilaire, il y a souvent hypertricose générale surtout prononcée sur les jambes, les avant-bras, les bras, le menton et la lèvre su érieure. À noter que c'est à la face d'extension des bras dans la moitié inférieure que l’on rencontre avec le plus de fréquence et d’accentuation, la coloration violette, le livedo et la kératose pilaire, tous signes qui présentent, bien entendu, leur maximum de netteté aux jambes.

On constate de l’'hypersudation,de la tachycardie, du tremblement, la malade signale qu'elle est frileuse ou au contraire qu'elle a des bouffées de chaleur surtout au moment de ses règles. Les troubles de la menstruation sont constants, tantôt les règles sont abondantes durent huit jours, tantôt elles sont très faibles, durent deux ou trois jours et s’accompagnent d’un écoulement insignifiant, elles sont bien souvent douloureuses. elles sont aussi irrégulières, certaines de nos malades passent trois mois sans être réglées, d'autres n’ont eu leurs premières règles qu'à 19 ans.

L'aspect général des malades peut montrer trois

EST es groupes assez différenciés les uns des autres, souvent ce sont de grandes belles filles, trop fortes cependant pour leur âge, dont la démarche est lourde, nonchalante, dont le teint est pâle, dont le regard ne dénote aucune vivacité intellectuelle, dans d’autres cas on a affaire à des malades petites, boulottes, au visage très coloré dont les mouvements sont vifs et l’activité débordante. Un troisième type beaucoup plus rare que nous appellerons le type hypophysaire se caractérise par une taille élevée, et par une certaine disproportion des membres inférieurs qui sont trop longs pour la hauteur du sujet. Ces malades sont généralement maigres. Pourquoi ces malades viennent-elles consulter ? Est-ce la souffrance ou un sentiment d'esthétique qui les pousse dans le cabinet du médecin ? Il faut distinguer deux cas : un certain nombre de malades dont la vie est dure, dont le travail physique est considérable, viennent parce que leurs jambes sont lourdes, qu’elles ont des crampes, des douleurs, des démangeaisons, un froid continuel aux chevilles et aux pieds. Celles-là veulent être soulagées. Les autres et c’est le plus grand nombre, désirent être plus belles, c’est, peut-on dire, leur unique symptôme fonctionnel. Ce n’est pas sans amertume qu’elles contemplent leurs jambes énormes, informes, véritables poteaux qui les affligent,la coloration violet sombre qui transparaît à travers leurs bas de soie trop fins, elles ont peur de rester vieilles filles. Faut-il donc regretter le temps où des voiles J. David 4

tout à la fois pudiques et perfides cachaient les charmes de nos grand-mères et réservaient parfois à leurs futurs époux d’amères désillusions ? ILest en tout cas certain que nous verrions beaucoup moins d’érythrocyanose si les jupes étaient plus longues. Voici quels sont essentiellement les caractères de l'érythrocyanose : 1°) une coloration qui va du rose au violet sombre.Cette coloration siège au-dessus des malléoles, elle est limitée inférieurement par une ligne nette située à environ un travers de doigt au-dessus des malléoles, elle est plus foncée à ce niveau et s'estompe à mesure qu'on remonte vers la racine du membre, tantôt elle siège seulement sur la face antéro-externe de la jambe ou sur la face postérieure, tantôt au contraire elle entoure tout le membre comme d’une guêtre de 10 à 15 cm. de hauteur. Elle remonte en général jusqu’à l’union du tiers inférieur et du tiers moyen de la jambe. La limite supérieure n’est pas nette, elle va en s’estompant progressivement mais alors que dans la partie inférieure nous constatons une nappe violacée parfaitement homogène, dans la partie supérieure, par contre, lorsqu'il existe à ce niveau de l’érythrocyanose, on voit seulement quelques petits éléments espacés, arrondis, dont la superficie varie du volume d’une pièce de 0 fr. 50 à une pièce de deux francs, séparés par des intervalles sains et sé confondant souvent insensiblement avec du livedo qui occupe dans certains cas tout lemembre inférieur au-dessus de l’érythrocyanose. Dans d’autres cas on voit au-

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