‹ Érythrocyanose sus-malléolaireChapitre 19 sur 38 · ER · texte numérisé non relu

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déssus de la nappe violette, des bandes linéaires d’érythrocyanose dont la coloration est moins fon cée, tirant sur le rose et qui sont orientées parallèlement à l’axe du membre. Quelquefois sur un fond de coloration uniforme, on constate des îlots dont la grandeur varie d’une pièce de un franc à une pièce de cinq francs où la teinte est plus foncée. Ces ilots sont de forme arrondie et ils sont surélevés légèrement au-dessus de le peau environnante. Lorsqu'on examine la jambe dans sa position normale, c’est-à-dire la malade étant debout, si on appuie avec la pulpe du doigt on détermine une tache blanche qui disparaît presque immédiatement quand on cesse la pression et se trouve remplacée par une tache rose qui persiste un certain temps, de quelques minutés à une heure et dont la teinte écarlate se distingue du-violet sombre contigu. Si on examine à la loupe la tache ainsi produite, on voit un fin lascis de veinules distendues et engorgées parle sang qui stagne.

La coloration violette de l’érythrocyanose se voit sur les deux Jambes, mais elle est plus ou moins accentuée sur l’un ou l’autre membre, elle est augmentée par le froid et par les Jarretières trop serrées au niveau des cuisses ; dans ce dernier cas, on peut voir alors l’érythrocyanose s'étendre sur toute la hauteur dela jambe en une nappe continue. En/in dernier caractère capital, lorsqu'on relève la jambe, la coloration disparaît totalement ou s’alténue considér ablement ce qui démontre le rôle de la stase sanguine.Ajou-

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tons que la coloration violette et l’empâtement dont nous allons parler subissent des modifications soit en plus soit en moins (généralement en plus) au moment des règles et plus particulièrement dans la période qui les précède.

20} L'empâtement est assez particulier, il n'a aucune ressemblance avec l’infiltration inflammatoire aiguë, dure, tendue, chaude et douloureuse ; il est également éloigné de l’aspect des lésions tuberculeuses qui donnent l'impression d’une coulée de suif épaisse et dure. Il tient à la fois par sa consistance de l’œdème mécanique et de l’adiposité, il est d’ailleurs une résultante des deux. L’adiposité, pour ne parler que de la jambe, envahit complètement le mollet, elle lui fait perdre ses formes habituelles, la différence de diamètre entre la partie du membre située au-dessus des malléoles et celle. du mollet est insignifiante. Il existe donc une adiposité souscutanée de toute la jambe qui concourt à lui donner partout une circonférence de diamètre uniforme, c’est une véritable jambe en poteau. Mais au niveau de la plaque de cyanose, il y a, comme l’anatomie pathologique nous le montre, un peu d’œdème surajouté, de telle sorte que la plus petite circonférence de la jambe sé trouve au-dessous du mollet et audessus de la plaque de cyanose. Quand celle-ci n’est pas circulaire ou que du moins elle prédomine sur une face, la face antero-externe le plus souvent, on voit nettement sa limite formée par un bourrelet

surélevé au-dessus des téguments environnants. La

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consistance de cet empâtement, de cette tuméfaction, est très particulière. On pourrait la comparer à la sensation qu'on éprouve en appuyant sur une plaque de caoutchouc très consistant. C’est un mélange de dureté, d’élasticité et de mollesse, le doigt s'enfonce très peu et ne laisse pas l'empreinte du godet. Cet empâtement si particulier rappelle le myxœædème dans certains cas. Il est plus superficiel que profond et semble faire corps avec la peau qu'on ne peut plisser, il se superpose à l’adiposité. Il augmente souvent, avons-nous dit, au moment des règles et des fortes chaleurs de l'été.

La peau qui recouvre la plaque d’érythrocyanose est très froide et sa température offre un contraste frappant avec celle des parties indemnes immédiatement voisines, Le thermomètre y décèle d’ailleurs une différence de plusieurs degrés (Ces malades ont constamment froid aux pieds).

30 Une kératose pilaire souvent généralisée aux quatre membres. Mais beaucoup plus prononcée aux membres inférieurs. C’est,en général, au niveau de l’érythrocyanose qu’elle atteint son maximum. C’est en tout cas à ce niveau qu’elle est le plus violacé ; sur la plaque de cyanose, il n’y a généralement pas de poil, tandis que le reste du membre inférieur est par ailleurs fort velu. Cette kératose n’est pas constante mais elle eêt fréquente cependant. Elle n’est d’ailleurs pas le seul trouble qu’on observe dans l’érythrocyanose, bien souvent, en effet, la peau est sèche, rugueuse et ichtyosiforme.

Les trois caractères, ci-dessus décrits, sont toujours bilatéraux ;

4° Ajoutons enfin un caractère négatif de la plus haute importance, c’est l’absence des nodosités caractéristiques de l’érythème induré de Bazin.

La forme d’érythrocyanose que nous venons de décrire est la plus fréquente, elle consiste en un empâtement diffus avec coloration violacée entourant la jambe au-dessus des malléoles comme d’un bracelet sur une hauteur de 10 à 15 cm. Il existe d’autres formes, une forme asymétrique où l’érythrocyanose toujours bilatérale prédomine sur une des deux jambes. Une forme en plaques localisées n’entourant pas tout le membre, siégeant surtout sur la face antéro-externe ou postérieure, dont la dimension varie d’une pièce de cinq francs à une paume de main. Une forme généralisée à toute la jambe surtout dans le cas où la malade fait usage de jarretières trop serrées. Une forme associée à d’autres lésions et notamment à l’érythème induré de Bazin ou aux tuberculides. Dans ce cas on voit les deux affections suivre une marche indépendante, On a signalé des formes de passage de l’érythème induré à l’érythrocyanose, il ne nous a pas été donné d’en observer.

Nous ajouterons pour terminer que nous considérons volontiers l'érytfrocyanose comme une maladie générale du système circulatoire périphérique et d’ailleurs si les lésions prédominent aux jambes ce qui a fait

donner son nom à cette affection, on peut en ren-

contrer à la face postérieure des bras et même à la partie inférieure du nez comme le montre une de nos observations.

L'érythrocyanose ne peut guère être confondue qu'avec l’érythème induré de Bazin,les caractères des deux affections que nous avons analysés et opposés plus haut nous dispenserons de nous étendre sur le diagnostic différentiel.

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