‹ Erythrocytes et AnoxieChapitre 11 sur 35 · RS · texte numérisé non relu

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à Arosa :

ROENISCH trouve une augmentation des hématies de 26%, EGGER de 16%, OLIVIER de 10%.

En 1898 KUTHY fait plusieurs examens de sang à Gressoney (1.600 m.). IL obtient des chiffres tellement variables qu’il ne peut dire si l’hyperglobulie existe ou non.

C'est alors qu'apparaît la complexité du problème et la nécessité d’en faire une étude analytique.

Ainsi, en 1892, REGNARD (68) procède à une:

ctude expérimentale du phénomène. Plaçant un cobaye sous cloche, il crée dans celle-ci une dépression correspondant à l’altitude de Santa-Fé c’est-à-dire 3.000 m. Au bout d’un mois, le sang de cet animal absorbe 21% d'oxygène, comme les lamas de la Paz. Les cobayes témoins ont un sang qui n’absorbe que 14 à 17% d'oxygène. Le rôle de la pression baromètrique est ainsi mis en évidence, en dehors d’autres facteurs contingents climatiques, lumineux et autres.

Mais les expériences de base ont été réalisées par J. SELLIER (79), en 1895, sur des cailles et des cobayes laissés durant un temps plus ou moins long sous une cloche dans laquelle on fait varier soit la Pression, soit la Tension partielle en oxygène, soit les deux à la fois.

1°, —— On fait baisser la pression ; la tension partielle en oxygène diminue parallélement (ce que réalise laltitude) :

Pour des dépressions correspondantes à des

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altitudes supérieures à 3.000 m., on constate une polyglobulie manifeste dès le 4° jour.

2°. — la pression restant normale, ont fait diminuer la tension partielle en oxygène (14% au lieu de 21%).

À partir du deuxième jour et jusqu'au 32° jour, on constate une augmentation progressive du nombre des globules rouges et de la capacité respiratoire.

3°. —— Enfin on fait baisser la pression, mais on rajoute de l'oxygène sous la cloche de façon que la tension partielle de ce gaz garde la même valeur qu'à pression atmosphérique normale (c’est-à-dire 21%).

Au bout de 10 jours le sang de la caille présente sensiblement le même nombre de globules rouges el, on n’y décèle aucune modification morphologique.

Ces trois séries d'expériences montrent que, parmi tous les facteurs mis en jeu par la dépression barométrique, le seul qui intervient dans le déterminisme de ia polyglobulie, est le déficit en oxygène. L'action mécanique de la dépression n'exerce aucune influence sur la polyglobulie. Ce rôle essentiel du déficit en oxygène avait été SUYgéré par JOURDANNET ct P. BERT, mais jusque là il n'avait pas été démontré,

En 1858, SCHAUMANN et ROSENQVUIT (73, 74) font également des expériences sur divers animaux maintenus sous cloche, durant un laps de temps variable, à une pression de 480 à 540 mm. de Hg équivalente à environ 4.000 m. d’al-

titude. Chez le chien et le lapin, ils constatent une polyglobulie avec une nette augmentation du diamètre des hématies et présence de globules rouges nucléées en assez grand nombre. Chez le pigeon, ils découvrent des hématies à noyaux en karyokinèse et, même, des noyaux libres.

Toutes les expériences que nous venons de citer ont été réalisées avec des dépressions barométriques prolongées.

Elles sont donc essentiellement l'illustration des observations concernant le séjour en montagne. Or, à cette époque, la question prenait une importance accrue du fait du développement de la navigation aérienne et des perfomances réalisées en ballon. En 1875, au cours de la catastrophe du « Zénith », deux aérostiers, SILVEL et CROCCE-SPINELLI, moururent des effets de l’altitude, et TISSANDIER (83), le seul rescapé, faisait un récit, resté à juste titre célèbre, des troubles qu’il avait ressentis.

L'étude des modifications des hématies au cours de l’ascension en aéronef permit d’envisager le problème sous un nouvel aspect du fait de conditions complètement différentes. En effet, la dépression barométrique s'établit bien plus rapidement : elle est généralement plus importante, mais de courte durée. En d’autres termes, il s’agit d’anoxie aigue, alors que le cas de la montagne entre plutôt dans le cadre d'un état chronique.

J. GAULE (29), en 1901, s'élève à 5.300 m. en

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compagnie de sa femme et de l’aérostier. Entre 4,200 et 4,700 m. il trouve de 7.006.000 à 8.800.000 globules rouges chez les trois passagers. Par contre, il constate une diminution de l’hémoglobinémie. En outre, pensant avoir vu, sur les préparations, des hématies nucléées, l’auteur attribue cette : polvglobulie à une activation de l’hématopoièse.

Ces résultats soulevèrent de vives discussions. il est en effet difficile d'admettre qu’une simple hyper-activité hématopoiétique suffise, en quelques heures, à augmenter de plus de la moitié le nombre des hématies sanguines. Certains auteurs pensent alors à l'intervention d’une diminution de volume du plasma circulant et, de ce fait, la polyglobulie ne serait que relative.

La même annce, de nouvelles expériences sont réalisées au cours d'ascensions en ballon. El: les soulignent Ie rôle de l’abaissement de la température, venant s'ajouter à celui de la dépression barométrique.

CALUGAREANU et V. HENRI (419) opèrent sur trois chiens dont l’un splénectomisé. Or, à 3.000 m., avec une température de 0° contre 12° au sol, ils trouvent, chez les deux animaux intacts, le nombre des hématies augmenté de 17% à 26%, alors que, chez celui privé de rate, cette élévation n’est que de 11%. La teneur sanguine en eau, azote et fer n’a pas varié.

Au même moment, BENSAUDE (8) réalise une expérience en cherchant à éliminer l’influence des variations vaso-motrices périphériques. Dans ce but, il fait porter ses examens sur le sang artériel qu’il ponctionne à la carotide d’un chien.

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Îl mesure l’hématocrite au sol et en altitude, I obtient les résultats suivants

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Altitudes Températures Augmentation de’ — — l’'hématocrite AOOONAN2 DOME <3%"a 1151 0% 4.000 à 4.400 m......….. PU 4 % à 6% DOlI(PÉtOUT} EE rene, ce Dee

D'autre part la densité est légèrement augmentée à 4.466 m. Enfin l'examen de frottis sanguins d'hommes et pigeons ne montre ni formes nucléées ni prédominence de microcytes.

Enfin en juillet 1904, A. MAYER, V. HENRI et J. JOLLY (57) font deux séries d'expériences.

MAYER, montant, en une heure, à 3.400 m.

(où la température est de 12°), chez deux lapins, ne constate aucune polyglobulie.

V. HENRI et J. JOLLY, à 2.500 m. (Température 14°), ne trouvent, non plus, aucune modification ni quantitative ni morphologique des globules rouges.

L. LAPIQUE (47), dosant le fer dans le sang artériel prélevé sur les animaux au cours de ces expériences, constate sa diminution à partir daltitudes supérieures à 3.000 m. Et cet auteur, reprenant tous les travaux dans une étude d’ensemble, en tire les conclusions suivantes

1°. — On doit distinguer nettement la polyglobulie des altitudes observée après un séjour prolongé en montagne et celle constatée au cours d’une ascension rapide et de courte durée.

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2°. — Cette polyglobulie observée en ballon existe puisqu'elle a été vérifiée plusieurs fois. Elle est parfois considérable: mais elle est irrégulière et sans relation fixe avec l'altitude.

3°. — Elle ne peut être attribuée à une hyperactivité hématopoïétique. L'intervention de ce mécanisme est en effet difficilement concevable. D'ailleurs les hématies nucléées qu’aurait observées J. GAULE, n’ont été retrouvées par aucun autre auteur. |

4. — Cette polyglobulie ne peut être, non plus, attribuée à une concentration sanguine par perte aqueuse puisque la densité du plasma et lPazotémie restent pour ainsi dire identiques au cours de l’ascension.

5°. — La seule explication plausible est un changement de la répartition des globules rouges dans les divers territoires vasculaires du fait de phénomènes vasco-moteurs. Et, à appui de cette concepton, LAPICQUE invoque la diminution concomittante de l’hémoglobine dans le torrent circulatoire artériel.

6°. — Enfin, par analogie avec les polyglobulies périphériques sous leffet du froid qu'il avait mises lui même en évidence, l’auteur pense qu'on doit tenir compte de l'intervention de « facteurs adventices » comme la baisse de la température.

Le problème semble donc momentanément résolu. Mais, comme le fait remarquer LAPIC- QUE, la discussion sur la polyglobulie des montagnes reste ouverte.

Deux études intéressantes paraissent ensuite,

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