‹ Erythrocytes et AnoxieChapitre 13 sur 35 · EN TRES · texte numérisé non relu

EN TRES

dans le sang des gros vaisseaux chez tous les animaux, sauf un. Ce dernier, un rat splénectomisé, présente une polyglobulie totale, centrale et périphérique.

3. — Diminution de la valeur globulaire, méme chez le rat présentant une polyglobulie totale.

La guerre de 1914-1918 voit l'essor de l’Aviation. Avec ce nouveau moyen de locomotion, la physiologie de l'altitude prend une importance encore plus grande.

Ce sont, d’abord, les aviateurs eux-mêmes qui vont servir aux investigations des physiologistes. Cependant les appareils de cette époque sont petits et instables, ce qui rend les examens à bord prati-

quement impossibles.

En 1917, A. GEMELLI {3)) est un des premiers à étudier les modifications du sang chez les aviateurs, Il constate, comme nous le verrons, chez ceux effectuant des vols fréquents pendant plusieurs mois, l'existence d’une polyglobulie permanente.

En 1921, W.L. CULPEPPER (22) fait des observations analogues.

Parallèlement à ces recherches, des physiologistes tentent de reproduire au laboratoire les divers facteurs physiques, chimiques et mécaniques intervenant dans le vol en avion. Dans la baisse de la pression atmosphérique, il faut envisager deux actions bien distinctes : l’une physique et l’autre chimique constituée par la diminution de la tension de l’oxygène, Nous verrons par quelles techniques on exrive à dissocier ces deux facteurs.

PRE ve

C’est à BARCROFT (1935) que revient le mérite d’avoir trouvé l'élément principal intervenant dans la polyglobulie au cours d'une ascencion rapide : la chasse splénique.

Certains auteurs avaient ‘pressenti ce rôle de la rate et avaient réalisé, nous l'avons vu, des expériences sur des animaux splénectomisés. Mais leurs résultats discordants et peu démonstratifs ne les avaient pas incités à poursuivre leurs recherches dans ce sens.

J. BARCROFT s'intéresse tout spécialement aux questions touchant à l’anoxie. En 1921 (6), il va au Pérou étudier minutieusement les réactions de l’organisme en haute montagne. Puis, dès 1925 il réalise de nombreuses expériences qui lui permettent, en 1925 (5), de faire une étude complète de la fonction respiratoire du sang. De ses travaux, se dégagent deux données essentielles concernant le sang et l’anoxémie. D'abord, il décrit « la courbe de dissociation de l’oxvhémoglobine en fonction de la tension en oxygène dans le sang normal ». Mais surtout, il établit l’un des rôles les plus importants de la rate à savoir celui de « réservoir d’'hématies ». Et il montre que cette réserve de globules rouges, mobilisée sous l'influence de facteurs divers, par le mécanisme de la splénocontraction, peut être lancée dans la circulation générale. Cette donnée est du plus grand intérêt pour l’interprétation des polyglobulies. Elle permet, en effet, de comprendre cette polyglobulie maintes fois décrite et que les auteurs ne pouvaient expliquer ni par une augmentation apparente des globules rouges, parcequ’elle est totale et trop importante, ni par une hyperactivité hématopoïétique, parce que son apparition est trop rapide.

A partir de ce moment, [es recherches se mulüiplient et viennent confirmer et complèter les travaux de BARCROFT.

En France, dès 1926, L. BINET et son école (13, 14, 16, 82) s’attachent tout particulièrement, à l'étude de cette question. Nous aurons lPoccasion de revenir sur leurs travaux.

À létranger, de nombreux physiologistes réalisent des recherches du même genre et aboutissent sensiblement aux mêmes conclusions.

IZQUIERDO (1928) (12), entre autres, montre que, dans l’asphyxie, le gaz carbonique, quelque soit sa proportion, n’est pour rien dans la splénocontraction. Par contre, il voit l'intervention des systèmes sympathiques et adrénalino-sécréteurs dans la polyglobulie aigue d’origine anoxémique.

Le problème de la polyglobulie en anoxie commence donc à être élucidé sur bien des points. Les chercheurs vont alors étudier, de nouveau, les modifications sanguines au cours du séJour en montagne, à la lumière des récentes acquisitions sur la question.

En 1929, Carlos MCNGE (61, 62), de Lima, fait une expédition sur les Hauts Plateaux de la Cordillière des Andes, où VIAULT, le premier, avait décrit la polyglobulie des altitudes. Ses tra- Vaux, sur lesquels nous reviendrons au chapitre suivant, sont extrêmement intéressants. Ses recherches sont, d'ailleurs, centrées sur le problème de l’acclimatation à l'altitude. Et cest ainsi que MON- GE est amené à montrer que les mécanismes d’a-

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