‹ Ésaü le lépreuxChapitre 37 sur 69 · XI. — UN A>LVNT QUI NE SE CROIT PAS AIMÉ · texte numérisé non relu

XI. — UN A>LVNT QUI NE SE CROIT PAS AIMÉ

Le crépuscule commençait à noyer dans son ombre tous les objets, lorsque trois coups d'un sifflet aigu retentirent.

A ce signal, Lopez, Ruy, Ferez et Gil coururent à la petite porte donnant sur la lande. Le majordome, sans hésiter, prit une des clefs de son trousseau et ouvrit. Un cavalier venait de s'arrêter en face de le porte, au bord du fossé, il mit aussitôt pied à terre. Ruy descendit dans le fossé, et, saisissant don Pedro dans ses bras, le transporta sous les arbres de la cour.

Lopez saisit alors par la bride le cheval du roi, qui était un barbe croisé de limousin, bête pleine de feu, aux jambes fines et sèches, aux veux arabes, et dont la tête menue, légèrement moutonnée, contrastait avec une queue touffue et ondoyante jusqu'à terre.

Larcher conduisit l'élégant animal dans un petit bouquet de pins qui se trouvait à deux cents pas du fossé, et l'attacha solidement à l'un de ces arbres, quoique, les naseaux au vent et les oreilles en cornet, il battît la terre de ses pieds et blanchît son poitrail d'écunie.

Puis, après avoir enlevé sa housse de velours rouge, aux coins de laquelle étaient brodés en or les armoiries du prince de Galles, Lopez alla faire sortir de l'écurie de Tom Burdett un palefroi semblable par la robe à celui qui venait de servir de monture à don Pedro, et lui mit sur le dos la housse de velours; il attacha ensuite ce sosie forcé à un arbre, à deux pas d'une encoignure du mur extérieur, où Ruy et Perez avaient simulé les traces d'une escalade en faisant crouler quelquesunes des piernîs qui en couronnaient la crête, et en brisant ou éparpillant f;à et là les plantes qui avaient marié leurs rameaux aux lézardes.

Pendant ce temps, Perce-Neige conduisait le roi dans la chambre de Rachel, et, lorsqu'il l'eut introduit, il remplaça, suivant l'ordre de de son frère le majordome, la clef qui se trouvait sur la porte par une autre clef, que le plus adroit larron n'eût pu faire jouer dans la serrure.

— Toi ici! toi, Pedro! s'écria en le voyant entrer la jeune femme, saisie à la fois d'épouvante et de joie. Sais-tu donc oii tu es?

— Plus bas, Rachel, plus bas! dit le roi en poussant les verrous derrière lui.

— Mais ce château appartient à Tom Burdett! Tu risques ta vie en mettant le pied dans cette chambre. C'est un tard-venu féroce que ce chevaher, ce baron d'un jour ; et s'il te surprenait ici, il verserait le sang d'un prince sans plus de scrupule que celui d'un manant.

— Que m'importe cet homme! interrompit don Pedro en la regardant fixement. Je ne sais ce que me réserve le sort des batailles, et je ne me suis pas senti le courage de partir sans te voir une dernière fois.

Une expression radieuse épanouissait peu à peu les traits de la jeune châtelaine, qui, oubliant alors ses craintes et sa défiance, absorbée par le bonheur qu'elle ressentait à la vue de son royal amant, sourit comme un ange déchu qui verrait le ciel se rouvrir pour lui. Puis, abandonnant sa main à l'étreinte de celle de don Pedro, elle lui répondit d'une voix vibrante de passion :

— Oh! tuas eu une bonne pensée, cher seigneur. Moi aussi je souffrais de ne pas te voir; moi aussi j'attendais avec angoisse l'heure où tu viendrais. Derrière le visage sombre et moqueur du tard-venu, je croyais à chaque instant voir apparaître ton visage, triste d'une tendre pitié. Je ne supposais pas que le silence froid et morne qui m'entourait put durer longtemps, car mon cœur étouffait de notre séparation, et je serais bientôt morte si je ne t'avais pas revu. Oh! si tu savais, mon Pedro, le danger même est du bonheur quand je le partage avec toi. Mais l'absence, c'est la vie anxieuse, sourde et glacée de la créature qu'on a ensevelie vivante dans la tombe. L'air qui vous enveloppe vous glace et vous oppresse. Vous appelez sans cesse le nom aimé; mais on ne vous entend pas, on ne vous répond pas. Moi, je ne suis qu'une femme, je ne puis te chercher que par la pensée. Aussi ton image ne me quittait-elle jamais; elle me soutenait dans celle épreuve.

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Sans cesse je baisais de mes lèvres, je pressais dans mes mains ce chapelet de corail que tu m'as envoyé. Ce chapelet, que soulevaient les battements de mon cœur, c'était ton souvenir, c'était ta présence, c'était l'espoir de Ion retour. Cher chapelet! je m'enfermais pour le regarder des heures entières avec des larmes dans les yeux, avec des sourires qui m'eussent fait passer pour folle, si je n'avais pas été seule. Ohl comme je comprends maintenant l'avare qui s'enferme dans sa cave pour compter ses ilorins et les dévorer des yeux, loin de tout espion envieux et jaloux! Je suis devenue avare; moi aussi j'aime à cacher mon bonheur, à laisser tomber mon front dans mes mains, et à penser à toi sans être distraite par aucun bruit de ce monde.

— Pauvre Uachel! lu as bien souffert, dit le roi avec effusion.

— Ma souffrance m'était chère, puisqu'elle devait servir à l'accomplissement de tes desseins, mon doux seigneur, répliqua la jeune femme. Mais ce que je ne veux pas, c'est que tu coures des dangers pour moi, c'est que tu joues si légèrement l'avenir de ta couronne! Oh! j'ai peur que Burdett n'arrive, mon Dieu!

— Crains-tu donc qu'il ose se porter à quelque violence contre toi? lui demanda don Pedro.

Rachel devint pâle.

— Je ne crains rien pour moi, dit-elle ; mais s'il rentrait au château, s'il te rencontrait dans cette chambre, ton sang ou le sien en tacherait bientôt le plancher, et, victorieux ou vaincu, comme roi de Castille tu serais perdu.

— Rassure-toi, chère âme, reprit en souriant don Pedro; mes frères de lait ne sont-ils pas là pour empêcher Tom Burdett d'arriver cette nuit jusqu'à toi?

— Veux-tu donc le faire prisonnier dans son propre château? demanda la jeune femme avec angoisse.

— Rassure-toi, te dis-jeî cet homme m'est sacré, puisque lu l'as accepté pour époux. Il ne lui sera fait aucun mal, et je ne paraîtrai pas devant lui.

— Prends garde, Pedro, ne te joue pas à ce routier féroce! 11 est défiant à l'excès, il est robuste et vaillant.

— Comme deux liommes qui seraient robustes et vaillants interrompit le roi ; mais il aura affaire à cinq, et les (ils de la Paloma viendront à bout de ce héros, je t'en réponds.

ÉSAU LE LÉPREUX oll

Et, tout en parlant ainsi, il jeta sur un fauteuil son épée, son chapeau et son manteau.

— Que faites-vous, mon cher seigneur? s'écria Racliel en proie à la plus vive surprise.

— Crois-tu donc, pauvre femme, répondit-il en croisant ses bras sur sa poitrine et la contemplant avec passion, que je sois venu ici comme un larron qui profite de l'absence du maître, qui, la pâleur au front, le tremblement aux lèvres et le tintement aux oreilles, embrasse furtivement sa maîtresse et s'esquive comme un lâche dès qu'il entend les éperons de son rival résonner sur les dalles? Don Pedro n'est pas un amant de cette trempe, Racbel. Songe que nous allons être séparés par le temps et l'espace. Songe que jai failli renoncer à celte guerre, qui doit me rendre un trône, par douleur de m'éloigner de toi. Songe que, depuis quinze jours, je suis tombé dans une torpeur qui m'a fait oublier même ma haine contre don Enrique. En un mot, j'avais peur que mon amour ne s'effaçât de ta mémoire, Rachel, et j'ai voulu passer une nuit au château de Larnac pour être sûr que Tom Burdett ne parviendra pas à rester seul avec toi, fût-ce un instant, avant l'heure fixée pour le départ de l'avant-garde qu'il commande.

— T'oublier! dit avec étonnement la jeune femme. Est-ce possible? Mais non, cette idée n'a pu te venir. Tu veux rire de la pauvre Rachel. Ah ! tu n'as pas lieu d'être jaloux, va. Ici, comme dans le monastère de Saint-André, comme dans la maison de mon père, je suis une recluse, une prisonnière ; mais je suis contente de ma solitude, oiirien ne me distrait de toi. Tu es étonné, n'est-ce pas, que je ne t'aie pas embrassée tout de suite? C'est que j'avais trop peur que Burdett ne vînt derrière toi avec sa longue épée de bourreau. Maintenaut, la joie m'étouffe. Ta voix fait tomber les murailles qui nous entourent. Je suis hors de ce château. Ma vue plonge sur les arbres verts de la forêt de Cardonne et sur les mosaïques de la salle de gypse de ton alcazar, sur tous les endroits oii nous nous sommes aimés. Mon mariage, ma fuite, notre séparation, c'est tout cela qui me semble un rêve. Assieds-loi là, Pedro. Laisse tamain dans la mienne; parlons bas seulement, pour que nos voix n'éveillent pas le malheur qui nous guette. Pourtant je devrais sourire de ma frayeur; car tu es là devant moi, je le regarde, ce n'est pas un rêve. Tu es si vaillant, tu me défen-

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cirais bien contre Biirdett. Et puis Dieu nous protégera. Nous nous aimons sous ses yeux, par le choix libre de nos cœurs, sans mélange d'inléièl ni d'amliilion. Les prêtres de ta religion disent que les anges saimenl ainsi. Oh! je suis heureuse d'être chrétienne, Pedro; de prier un Dieu diiï'érent, cela nous séparait encore. Maintenant nos bouches et nos cœurs se confondent aussi dans la prière. Nous sommes unis par les mêmes sympathies et les mêmes pensées.

— Nous sommes séparés par ce tard-venu, que je regrette de n'avoir pas fait accrocher au gibet de l'alcazar, répliqua le roi d'une voix altérée.

— Ne pense pas à ce bandit gallois, dit Racliel. Est-ce que je pense à lui, moi? C'est un trafiquant de chair et de sang. Les domaines de Tring et de Wing l'ont payé de sa complaisance basse et servile. 3Iais ce Tom Burdelt n'est entré dans ma vie que comme un accident douloureux.

— Ce baron malandrin est un homme impudent et téméraire, Rachel, reprit encore don Pedro avec un accent de soupçon et de défiance.

— Ne trouble pas mon bonheur en évoquant entre nous la vision de Burdelt, murmura la jeune châtelaine. Je veux tout oublier à cette heure. Laisse-moi te bien regarder, Pedro. Je suis une pauvre recluse, exilée de son pays et de son amour. Tu es, toi, un roi errant et proscrit. Ose dire cependant que nous ne sommes pas heureux?

— Heureux! répéta don Pedro, lorsqu'un routier est maître de ta destinée !

— Tom Burdelt est maître de me torturer, cher seigneur, mais ne peut empêcher ma pensée d'aller vers toi, mon cœur de battre pour toi seul; il n'a pas le pouvoir de se faire aimer de son esclave. Pourquoi toujours parler de cet homme? Serais-tu jaloux de lui, Pedro? Ah! tu veux railler, sans doute. Mais enfin si tu daignais être jaloux, il m'est facile de te rassurer. Puis-je te tromper? Si je voulais être fausse avec toi, mais ma propre voix m'accuserait par son altéralioji, mon rcgaid se baisserait devant le tien, mes genoux lléchiraient, et je tomberais à tes pieds.

— Hacliel, je ne doute pas de la fidélité de ton cœur, dit le roi

ol3

Quant il la ueiie chàteiaine, ie cœur glacé d'épouvante, elle venait de

s'agenouiller... (P. o16.)

d'une voix stridente; mais je redoute pour toi la brutaiito du nouveau baron gallois, et je veux être sur que tu peux braver impunément ses violences. Laisse-moi rester ici cette nuit.

— Cette nuit! s'écria-t-elle avec anxiété. Pour qu'il te tue s'il rentre? Non, c'est impossiblel non, je ne le permettrai pas!

— Impossible ! 11 se passe donc au château di Larnac quelque chose que tu veux me cacher, Rachel? répliqua don Pedro surpris.

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Eli bien, je resterai. Je veillerai cette nuit sur toi, et j'empêcherai ce terrible Burdett de Rapprocher.

— 0 mon cher seigneur! dit-elle en se traînant à genoux devant lui. ne me rends pas méprisable à mes propres yeux, n'exige pas que je cède à ton désir ; ne sois pas comme les autres sans pitié pour

moi 1

— Et vous prétendez m'aimer? dit le roi d'un ton glacial.

— Si je t'aime!... Vous le demandez, Pedro? J'ai quitté pour toi notre maisbn de la juiverie, oh je vivais insouciante et joyeuse ; j'ai abandonné mon vieux père et j'ai mérité sa malédiction; je t'ai sacrifié mon honneur de jeune fille. Pour toi, j'ai renié ma religion et j'ai vendu hier ma liberté, mon bonheur, l'espérance de l'avenir, et tu me demandes si je t'aime! Mais crois-tu donc que j'aurais consenti à épouser un chevalier qui aurait pu t'inspircr un soupçon, un doute, une lueur de jalousie? J'ai accepté Tom Burdett, parce que ce tardvenu insouciant me prenait comme une marchandise que le hasard jetait sous sa main. Je pouvais bien vendre ma vie et ma destinée, mais non mon âme libre qui t'appartenait. Moi ne pas t'aimer, Pedro! ô folie! Mais fais de moi ce que tu voudras. Je suis ta servante, ton esclave, la poussière de tes pieds. Seulement n'oublie pas, je te le répète encore, que si Tom Burdett te surprend dans ce manoir, dans cette chambre, près de moi, et s'il porte sa plainte au prince Noir, ton trône est perdu.

Chère enfant! dit le roi, attendri par l'élan passionné de Ra-

chel; je l'avoue, après tant de services et d'abnégation de ta part, je serais bien injuste si je doutais de ton amour.

Vous n'en doutiez pas sincèrement, reprit la jeune femme; je

vous aime trop pour que la moindre défiance se glisse dans votre cœur; pourtant nous ne devons plus nous revoir, Pedro, car je suis la femme d'un autre.

— Ce mariage qu'on t'a imposé est une trahison dont je tirerai vengeance, s'écria le roi, qui laissa ainsi éclater son sourd ressentiment contre Edouard de Galles.

— Oui, ce mariage est odieux, dit Rachel d'une voix mélancolique, car on ne devrait pas faire trafic et marché des créatures de Dieu. Le capitaine des écorcheurs est un homme vil et cupide à qui je ne dois que du mépris; mais pour avoir le droit de lui oppo-

ser un rempart de froideur et de dédain, il faut que je tienne d'abord les serments que je lui ai faits au pied de l'autel, solennellement, librement, devant tous. Si je trahissais ma parole et mon devoir, je ne serais plus qu'une femme coupable que Dieu n'assisterait jamais, qe Dieu des chrétiens que j"ai pris à témoin. Toi-même tu n'aurais plus confiance en moi lorsque tu m'aurais vue fausser mes serments. Si je veux résister à Burdett le cœur assuré et la tête haute, il faut que je sois soutenue par la conscience d'avoir rempli mon devoir. Autrement, je rougirais et courberais le front devant lui. 11 rirait de ma fierté, qui ne serait qu'un masque menteur. Non, don Pedro, vous ne voudrez pas me forcer à avoir honte de moi-même.

— Patience! laisse venir des temps meilleurs, dit le roi avec une colère croissante, et je ferai justice de cette union que je regarde comme un outrage pour moi. Laisse-moi ressaisir un lambeau de pouvoir, et je te délivrerai de ton audacieux époux.

— Oh! ne menacez pas ainsi, cher seigneur, repri!; Rachel d'une voix suppliante, en jetant autour d'elle des regards effarés. Une fatale idée me traverse l'esprit... Oh! je voudrais te savoir hors de ce château. Tu m'as vue, tu es rassuré sur ma vie. 11 faut partir sur-le-champ, mon Pedro. Tu as bien fait de venir, tu as rendu la joie à mon cœur. Si tu savais comme je suis heureuse de ton amour, de ton dévouement, de ta jalousie même! Mais pars, au nom du ciel! Je ne serai calme que quand tu seras parti.

— Si nous partions ensemble! dit vivement le roi.

— Folie!... Oh! si c'était possible!... 3Iais cette fuite serait ta condamnation et ta perte, répondit la jeune châtelaine dune voix navrante. iMais ne pense pas à moi. Ne reste pas un instant de plus dans ce château. Si l'on ne m'y avait conduite que dans l'espoir de l'y attirer toi-même?... Si c'était un piège?

Et comme don Pedro la serrait dans ses bras et ne pouvait se détacher de cette douce étreinte :

— Qui sait? poursuivit-elle avec un frisson de peur, tu as tant d'ennemis intéressés à ta. mort! Prends garde! un assassin a bientôt fait de tuer un roi ; ton sang serait chèrement payé ! Je suis peut-être l'appât sur lequel ils ont compté pour l'attirer au piège. Pour me voir, tu n'hésiterais devant aucun danger : tu es si courageux ! Ils

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comptent là-dessus; ce serait un beau coup pour eux : la guerre serait finie! Ce Gudiol était l'ami de sir Steplien. 11 habitait ce château. Peut-être épie-l-il tes imprudences? 11 n'y a que les gens de cœur qui meurent ainsi par excès de témérité.

— L'évêque de Ségovie est mort, dit don Pedro. 11 ne nuira plus à personne.

— Pense à protéger ta vie, car la mienne en dépend.

— .\llons, enfant, calme tes folles terreurs.

— Oui sait, mon Dieu! si derrière ces tapisseries ne se cachent pas quelques secrètes issues, s'il n'est pas déjà trop tard pour sortir de cette chambre, si la mort ne t'attend pas au seuil de cette porte?

— Tu ne veux donc pas te rappeler que mes frères de lait veillent sur nous?

Tout à coup Rachel poussa un cri terrible : la clef venait de s'agiter dans la serrure.

— Grand frère, quoi qu'il arrive, ne bougez pas! cria Gil Perce- Neige à travers la porte. Le capitaine Tom Burdett entre en ce moment dans la cour du château.

Don Pedro éteignit aussitôt la torche de cire odorante qui éclairait la chambre et se plaça près de la porte, son épée nue à la main.

Quant à la belle châtelaine, le cœur glacé d'épouvante, elle venait de s'agenouiller, et priait Dieu pour le roi, qu'elle croyait déjà perdu.

Xn. — COMMENCEMENT DE LA NUIT DES NOCES DU NOUVEAU BARON

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