‹ Eschyle, Sophocle, EuripideChapitre 11 sur 96 · L'AGAMEMNON · texte numérisé non relu

L'AGAMEMNON

\/A(/fnnrmnon t^sl le rrcit du ci'iiiir initial, qui devra être vengé par un antre crime. Aganiennion, parti {>onr Troie depuis dix ans avec l'armée grecque, i^evient vainqueur. Clyt'emnëstre et Ëgisthe, qui se sont aimés en son absence, ont tramé un complot etj'assassment le jouj^ mèmejle^son retour.

Ouand la pièce couunence, Agamemnon n'est pas encore revemi et la prise de Troie n'est pas comme, lu veilleur qui. par l'ordre de (llytenmestre, chacine nuit monte la garde sur le toit du palais, aperçoit entin le signal désiré, la llaimue qui annonce la victoire des Grecs.

Lk Vkillfar de m it. — Je supj)lie les Dieux do mettre un ternie à mes fatig^ues, à cette faction que je monte depuis un an, posté sur le toit des Atrides, tout en haut, connue un chien, tandis que je contemple le cortège des asties no.ctui-nes, et ces souverains* élincelants du ciel qui apportent aux mortels l'hiver ou l'été. Maintenant encore je guette la torche, signal convemi, la lumière de la flamme (jui doit nous donner des nouvelles de Troie, nous annoncer sa ruine, (l'est l'ordre imposé pai* la reine, t'enune aux pensées viriles, au cocui' impatient d'attente. Ainsi, dans ma couche tremj)ée de rosée, (jue ne visitent pas les songes, je j>asse des nuits odieuses : au lieu du sonnneil, c'est la crainte qui me tient compagnie, pour m'empéchei" de l'ei'uier tout à tait mes paupières. Si parfois je pense à chantei', à fredonner, cherchant ainsi dans le chant un rtMnède contre le sonmuMl, je ne puis que gémir et je pleure sur la destinée de cette maison, «pii n'est plus gouvernée connue auti'efoisl Aussi, maintenant,

1. Los grandes cniistellations; le i)rrmiiM' iiKMulire de phrase désigne la l'ouïe dos oloilos.

avec quelle joie je serais relevé de ces fatigues, et je verrais la llaninie nocturne apparaître, messagère de bonheur! (.1 ce moment, le veilleur aperçoit le signal.) Oh! salut, fanal qui brilles dans la nuit, tu nous apportes la lumière de la victoire, et les chœurs de fête, partout, dans Argos, vont célébrer cet événement! Oh! oh! j'annonce la nouvelle certaine à la femme d'Agamemnon; qu'elle se lève en hâte de sa couche, pour faire retentir dans le palais, en réponse à ce signal de feu, les cris de joie! puisque la ville d'ilion est prise; c'est la torche qui l'annonce! Et moi-même le premier je préluderai à la fête! Car je m'apercevrai bien, moi aussi, du bonheur arrivé à mes maîtres ^ Quel heureux coup de dés pour moi que cette faction! Puissé-je de cette main toucher la main chérie du maître de cette maison, à son retour! Quant au reste, je le tais; un grand bœuf pèse sur ma langue*. Cette maison môme, si elle prenait une voix, saurait bien le dire mieux que personne. Pour moi, volontiers j'en parle à ceux qui le savent, et devant ceux qui ne le savent pas, je ne sais plus rien.

Le chœur des vieillards argiens paraît, ignorant encore la nouvelle : ses chants, qui rappellent un oracle obscur de Calchas, font présager, comme les dernières paroles du veilleur, la catastrophe qui menace Agamemnou. Clytemnestre leuiapprend la chute de Troie, décrivant, dans un beau morceau j)oétique, les signaux de feu, qui, se succédant les uns aux autres, ont porté jusqu'à Argos le message. Ses derniers mots encore, comme le chant du chœur qui les suit, mêlent à la joie de la victoire le vague pressentiment de malheurs prochains. Cependant'' un héraut arrive, précédant de peu le roi

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