I.i:s KIMKMhr.S
<•('( Itoiiiiiic cl cacliciit leurs mains niL'urlrièri's, pour ccux-l.i, MOUS les poursuivons; témoins sincèivs Mp|>i»l('>s p.ii" les moris, nous venons à leur aide, nous sommes les ven^^eresses qui exigent la rançon du sang.
0 loi, mère qui m'as enfantée, Nuit, ma m«''re, l(û qui m'as créée pour éti'c la justice pai-mi les morts et les vivants, écoute-moi : le lils de Latone moulrage, il m'enlève le lièvre que je chasse: il mempèclie de tirer l'expialion légitime du |)ai"ricide. — Mais sur cette viclime vouée à la mort plane mon chant qui enfante le délire, qui entraîne l'esprit et l'égaré, l'hynuie des Érinnyes, (jui enchaîne les espi'its, l'hymne sans lyre cpii passe sur les mortels conime im viMit desséchant.
C'est le lot étei'iiel (pie iu'a doimé en partage l'inexorahle Destinée, de servir de cortège aux moi'lels parricides (pii foulent aux |)ieds la Loi, dans leur égarement coupahle, jusqu'à ce qu'ils soient descendus sous terre. Kl même après la mort ils ne sont pas délivrés I — Mais sur cette victime vouée à la mort plane mon chant (jui enfante le délire, (pii entraîne l'esprit et l'égaie, l'hymne des Ki'innyes, (pii enchaîne les esprits, l'hynme sans lyre «pii passe sui' les moitels comnu» un vent desséchant!
A notre naissance, tel est le lot qui nous fut donné. Kl nous devons nous tenir loin des Immoiti^ls: nul d'entre eux n'est notre convive; nous sonnnes exclues de l(»urs fêtes joyeuses, cl les vêlements hlancs (pi'on y poile nous soni interdits. A nous la désolation des familles î (Juand Aies' lue l'ami ou |)leine paix, sur le meurtrier nous nous précipitons; si forl (pi'il soil, nous ranéantissons. lin sang nouveau c(ude pour comjienseï' le sang versé.
Notre zèle dispense les Dieux de ce souci. Mais il faut (pi'ils ralilienl nos senteni'es, et (ju'ils ne les revisent