Lacune de trois vers
•2. l.acimo cLuu vers.
"). La phrase est à double eutenle: dans la pensée d'KJectre, ce sort des siens, c'est Iheureux retoui- d Oreste, tandis quÉgisthc doit comprendre qu'elle parle de sa mort.
Electre. — Ils ne se sont pas bornés à l'annoncer, ils en ont donné la preuve.
Egisthe. — Ainsi nous pourrons nous en assurer par nos yeux?
Electre. — Oui; vous pouvez voir un triste objet, qui en est garant.
Egisthe. — Tu m'annonces la joie; ce n'est pas ce dont tu es coutumière.
Electre. — - Réjouis-toi, si la nouvelle t'est agréable.
Egisthe. — Je t'invite à te taire et à ouvrir les portes pour que tous ceux de Mycènes et d'Argos puissent voir ce qu'il en est, afin que, si quelqu'un d'entre eux avait mis jusqu'ici en cet homme de vaines espérances, maintenant, le voyant mort, il se soumette à mon joug, et que je ne sois pas forcé de le châtier pour le rendre sage par force.
Electre. — Mon rôle est terminé; j'ai su, quand il le fallait, m'accommoder aux circonstances.
Egisthe. — 0 Zeus! si je puis le dire sans blesser les Dieux, comme ce que je vois est heureux! Si mes paroles doivent provoquer la vengeance divine, je m'abstiens de les prononcer. — Mais enlevez tous les voiles de devant mes yeux, afin que celui qui fut mon parent obtienne de moi aussi les pleurs qui lui sont dus.
Oreste. — Porte l'urne toi-même; c'est ton affaire, et non la mienne, de contempler ces restes et de leur adresser des paroles amies.
Egisthe. — Tu as raison, et je ferai comme tu dis; mais toi, si Clytemnestre est quelque part, dans la maison, appelle-la.
Oreste. —Elle n'est pas loin de toi; ne cherche pas ailleurs.
Egisthe. — Ah! que vois-je^?
t. Egisthe voit le cadavl^e de Clytemnestre.
Oreste. — Que signifient ta crainte et ta surprise?
Égisthe. — Quels sont ces hommes, dans les filets desquels je suis tombé, malheureux que je suis?
Oreste. — N'as-tu pas compris déjà que ce que tu croyais dire à un mort, tu le disais à un vivant?
Égisthe. — Hélas 1 je comprends I oui, c'est Oreste qui me parle !
Oreste. — Toi qui te montres maintenant si l)on devin, as-tu pu te tromper si longtemps?
Égisthe. — Je suis mort, infortuné 1 Mais laisse-moi dire un mot.
Electre. — Au nom des Dieux, ne le laisse pas parler, frère; ne lui laisse pas tenir de longs discours. Mais frappe-le sans tarder, et quand tu l'auras tué, livre-le à ceux qui sont dignes de lui donner la sépulture*, loin de nos yeux! C'est ainsi seulement que je serai délivrée enfin de mes maux.
Oreste. — Entre sans tarder; maintenant ce n'est plus l'heure de lutter de paroles, il s'agit de ta vie.
Égisthe. — Pourquoi m'entraînes-tu dans la maison? Pourquoi, si ton œuvre est bonne, as-tu besoin des téiu''bres, et n'es-tu pas pivt à me tuer ici même?
Oreste. — Ce n'est pas à toi de commander : entre là où tu as tué mon père ; c'est là (pie tu dois aussi périr.
Égisthe. — 11 i'aut donc que cette demeure voie tous les maux, présents et à venir, des Pélopides?
Oreste. — Elle verra du moins les tiens; }c puis te le prédire à bon escient.
Egisthe. — L'iiabilclé dont tu le vantes ne l'ut pas celle de ton père'.
Oreste. — Tu réponds sans cesse, et nous n'airivons ])as: marche.