‹ Eschyle, Sophocle, EuripideChapitre 37 sur 96 · Le Spliinx · texte numérisé non relu

Le Spliinx

ŒDIPE ROI. lld

TiRÉsiAS. — Quoique tu sois le roi, il fîiut que tu m'accordes envers toi la même liberté de langage : moi aussi, j'y ai droit. Car je ne suis pas ton esclave, je suis l'esclave de Loxias. Ainsi je n'ai pas besoin du jiatronage de Créon. Mais écoute-moi, puisque tu m'as reproché d'être aveugle; tu y vois clair, toi, et tu ne te doutes pas cependant de la situation critique où tu le trouves; tu ne sais pas même où tu habites, ni quels sont ceux avec qui tu vis! Sais-tu seulement de qui tu es né? Va, tu ignores même que tu es l'ennemi des tiens, dans les enfers et sur cette terre! Oui, un jour tu seras chassé de cette terre par un terril)le ennemi, par la double malédiction de ton père et de ta mère. Tu y vois clair maintenant ; mais bientôt tu ne verras plus que ténèbres! Alors, où n'entendra-t-on pas tes cris? quelle montagne, quel Cithèron n'en répétera pas l'écho? Tu comprendras alors quel hymen tu as conclu, dans quel port inhospitalier tu as abordé*, après une bonne traversée? EL tu ne vois pas non plus tous ces autres maux, qui vont t'égaler à toimême* et à tes enfants. Maintenant, insulte, si tu le veux, et Créon, et moi-même; mais sache qu'il n'y a pas d'homme qui doive jamais être broyé par un destin pire que le tien.

(EnwK. — Puis-je supportei' de t'entendre parler ainsi? Ne t'en iras-tu pas, au plus vite? ne vas-lu pas t'en retourner et l'éloigner de celle maison?

TiRKsiAS. — Je ne serais ])as veiui, si tu ne m'avais pas appelé.

ŒniPK. —Je ne savais pas cpie tu débiterais ces folies: sans cela je ne t'aurais pas fait venir.

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