‹ Eschyle, Sophocle, EuripideChapitre 41 sur 96 · En prononçant los inaléilictions «inon a lues pins liant · texte numérisé non relu

En prononçant los inaléilictions «inon a lues pins liant

JocASTE. — Il viendra; mais parle, ô Roi, je ne mérite pas que tu me refuses de me faire connaître tes soucis.

Œdipe. — Je te ne le refuserai pas; maintenant que je n'ai plus qu'une espérance ! A qui me confierais-je plutôt qu'à toi, dans un pareil moment? — Mon père était Polybe, de Corinthe, et ma mère, Mérope, de Doride. On me regardait comme le premier de la cité, avant qu'un événement me fût arrivé, événement surprenant, qui ne méritait pas cependant que je le prisse à cœur comme je fis. Un homme, dans un festin, au dernier degré de l'ivresse, me dit que je passais pour le fils de mon père, mais que je ne l'étais pas. Et moi, dans ma douleur, le jour même, j'eus peine à me contenir; le lendemain, j'allai interroger mon père et ma mère, qui s'irritèrent contre l'insulteur. Moi donc je me réjouis de les voir partager mon ressentiment, mais pourtant ma blessure me cuisait toujours; car elle avait pénétré bien avant. Aussi, sans en avertir mon père et ma mère, je pars pour Delphes, et Phœbus me renvoya sans m'avoir accordé ce que je lui demandais, mais au lieu de cela il me fit d'autres prédictions terribles, fatales : que je devais m'unir à ma mère, et donner le jour à une horrible postérité, et que je serais le meurtrier de mon père, de celui qui m'a engendré. Telle fut sa réponse, et je me décidai à fuir la terre de Corinthe, in'orienlant d'après les astres, pour chercher un asile où je ne courusse pas le risque de voir se réaliser les oracles affreux qui m'avaient été rendus. Mes pas me conduisirent dans ces lieux où tu dis qu'a péri l'ancien prince de ce pays, et, quand j'arrivai au carrefour dont tu as parlé, là je rencontrai un héraut et un homme monté sur un char traîné par des chevaux, pareil à l'homme que tu m'as décrit. Le conducteur et le vieillard lui-même voulurent me chasser de force du chemin. Alors moi, dans ma colère, je frappe celui qui me repoussait, le cocher; quand le vieillard me

voit frapper, prenant le moment où je passais à côté du char, il me donne un coup de son double aiguillon, au milieu de la tète. Je ne me bornai pas à lui rendre la pareille, mais aussitôt je le frappai de mon bâton, et il roula à bas du char, renversé en arrière ; tous ses compagnons, je les tuai. Si cet étranger a quelque chose de conunun avec Laïos, qui maintenant est plus malheureux que moi? Quel homme est plus en haine aux Dieux? Nul parmi les étrangers ni les citoyens ne peut lue recevoir dans sa demeure, ni m'adresser la parole, tous doivent me chasser de leur foyer. Et ce n'est pas un autre, c'est moimême qui ai lancé sur moi ces malédictions! Je souille la couche du mort, moi son meurtrier! Ne suis-je pas criminel, couvert d'impureté, s'il me faut partir pour l'exil, et si, exilé, je ne puis plus voir les miens, ni mettre le pied sur le sol de la patrie, puisque, si je le fais, je dois m'unir à ma mère et tuer mon père, Polybe qui m'a engendré et élevé? N'aurait-on pas raison de dire qu'une Divinité cruelle me poursuit? Ah! Dieux augustes et purs! Ah ! que je lie voie pas ce jour, mais que je disparaisse du nombre des mortels avant que je sois atteint par une pareille catastrophe !

Lk Chœur. — 0 Hoi ! ce que tu dis nous épouvante ; mais garde l'espoir, tant que cet honnne* n'est pas venu et que tu ne l'as pas interrogé!

Œdh'k. — Oui, je n'ai phis que cet espoir : j'attends cet honnne, ce bouviei'.

JocASTE. — Que veux-lu l'aire, ({uand il seia venu?

ŒniPK. — Je vais te le dire; s'il se trouve que ses paroles soient d'accord avec les tiennes, je serai sauvé.

JocASTE. — Quel est donc le détail qui t'a frappé dans ce (jue j'ai dit?

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