Démétcr et Coré
5. II y a des oliviers dans le Pcloponèse et en Asie. Sophocle a voulu dire seulement sans doute que l'olivier est autochtone en Attique.
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mies : c'est dans ce pays surtout que verdoie l'olivier au feuillage blanchâtre, nourricier* de l'enfance, que ne détruira la main d'aucun envahisseur jeune ou vieux*; car le regard toujours vigilant de Zeus Morios' et celui d'Athéné aux yeux glauques^ veillent sur lui.
J'ai encore à célébrer une autre gloire éminente de ma patrie, présent de la puissante Divinité, orgueil particulier de cette terre : elle a de beaux chevaux, de beaux poulains, et la mer qui la baigne! 0 fils de Cronos, c'est à toi quelle doit cette gloire, roi Poséidon, toi qui le premier, en ces lieux, as mis aux chevaux le frein qui les dompte. Et, par l'effort des bras, le vaisseau aux belles rames bondit merveilleusement sur les flots, à la suite des cinquante Néréides^!
Conimp l'avait fait prévoir Ismène, Créon, suivi d'une troupe d«^, Thébaiiîs, arrive et cherche d'al)or(l, par un discours mielleux, à persuader Œ(hpe de rentrer voioutairenient à Thèl)es. Œdipe répond par un refus indigné; c'est sur la terre athénienne « qu'habitera toujours son Génie vengeur ». Mais Créon, profitant de l'absence moinentauée de Thésée, a recours à la violence. En cheuiin, lia (iéjà saisi Ismène; il s'empare inainteuaul d'Autigoue, (jue ue peuvent défendre les vieillards du chœur; il veut enlever de force Œdipe lui-niénie. Thésée, qui sacrifiait non loin de là à Poséidon, accourt au bruit. Avec une tierté qui flattait le i)atriotisuie athénien, ij tient télé à Créon; il se saisit de lui iusipTà ce ({u'Isinène et Antigone
1. Les Athéniens, à la naissance dini enfant mâle, plaçaient une «ouroinic d'olivier à la i)orte de la maison. Penser aussi à l'huile eniploy(>e dans les exercices de la palestre.
2. Allusion à Xerxès le jeune\ et à AiTliidanios. roi des Spartiates (le vieux).
5. Auquel étaient ionsaor<*s les oliviers (pi'on appelait mariai.
4. Qm a créé l'olivier. S(Mon la h'^^ende attiipie, connue Poséidon le cheval.
5. Les Néréides sont bien cin(piant(>. mais le olnlfre peut n'avoir ici qu'un sens indéterminé.
soient retrouvées, et se met à leur poursuite. Après un intermède rempli par les strophes du chœur, il les ramène. Or il a appris, pendant cette courte expédition, qu'un homme, qui se dit parentd'Œdipe, est venu s'asseoir en suppliant auprès de l'autel de Poséidon. Œdipe comprend que l'inconnu est Polynice, mais il se reluse d'abord à se laisser approcher par son tîls. Il finit par y consentir, sur les instances de Thésée et d'Antigone. Avec une émotion où entre une grande part de calcul, mais aussi une sincérité qui s'explique assez par l'imminence de la lutte décisive, Polynice demande à Œdipe d'être son allié contre Étéocle et de lui assurer ainsi la victoire. Œdipe ne lui répondrait même pas, s'il ne croyait devoir le faire par égard pour Thésée : il ne répond d'ailleurs que pour maudire son fils ingrat et lui annoncer sa mort fatale, ainsi que celle de son frère. Polynice se retire, après de touchants adieux échangés avec Antigone, mais en se refusant à suivre le conseil qu'elle lui donne de renoncer à son expédition contre Étéocle et de rentrer à Argos ; il s'abandonne à son destin. Alors on entend gronder le tonnerre : le chœiu' s'épouvante, Œdipe comprend que c'est là le présage de sa mort; il réclame de nouveau Thésée. A la lueur des éclairs qui se succèdent sans interruption, il donne au roi d'Athènes ses instructions dernières, d'un ton calme et majestueux qui contraste avec ses éclats récents de violence passionnée. Puis, suivi de ^es filles et de Thésée, il entre dans le bois sacré pour y chercher le lieu où doit être son tombeau. Après lui court chant du chœur, un messager vient faire le récit de sa mort mystérieuse.
Le Messager. — 0 mes concitoyens! je pourrais me faire comprendre d'un mot : Œdipe est mort. Mais si vous voulez savoir tout ce qui s'est passé, il faut un long discours, et ce ne sont pas des événements sans importance.
Le Chœur. — Ainsi ce malheureux a péri?
Le Messager. — Oui, sache qu'il a fini sa vie de misère*.