‹ Eschyle, Sophocle, EuripideChapitre 49 sur 96 · C'est-à-dire : parlez-lui, puisque lui-même vous parle · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : parlez-lui, puisque lui-même vous parle

PHILOCTÈTE. loi

Philoctète. — 0 mon fils, tu no sais donc pas quel est celui que tu vois?

Nkoptolkme. — Comment reconnaîtrais-je celui que je

n'ai jamais vu?

PiHLOCTKTE. — Tu u'as donc jamais entendu mon nom, jamais appris par la renonnnée les maux qui me faisaient périr?

Néoptolème. — Sache que j'ignore tout ce dont tu me parles.

PmLOCTÈTE. — Infortuné que je suis! comme les Dieux me haïssent! Ainsi jamais, même sur la terre grecque, n'est parvenu le bruit de mon malheur! Et les impies qui m'ont abandonné ici en rient tout bas, tandis que s'envenime et s'accroît ma souffrance! 0 mon enfant, ô fils d'Achille! celui que tu vois, c'est celui qui, tu l'as sans doute entendu dire, est le possesseur des armes d'Héraclès ; c'est le fils de Pœas, Philoctète, que les deux chefs de l'armée^ et Ulysse, le roi des Céphalléniens, ont jeté ici ignominieusement, dans la solitude, dévoré par un mal terrible, blessé par la dent sauvage delà vipère homicide ! Ifs sont partis, mon fils, me laissant ainsi, tout seul avec mon mal, après que, venant de l'île de Chrysé', leur flotte eut abordé ici! Quand ils me virent, après la fatigue de la traversée, dormant d'un heureux sonuneil sur cette plage, à l'abri de cet antre, ils m'abandonnèrent, ils partirent, me laissant, comme à un miséiable, queUpies linges, et un peu de nouriiture! Ah! que pareil sort les puisse frapper! Et toi, mon fils, quel réveil crois-tu que fut le mien, après leur fuite? quelles larmes, quels gémissements, quand je vis que toute l;i flotte avait disparu, qu'il n'y avait aucun honune en ce désert, pour m'aider, pour prendre soin de ma plaie, et quand, explo-

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