‹ Eschyle, Sophocle, EuripideChapitre 63 sur 96 · On coiiiKiîl los lielli's riiiiirs do Mvcoue · texte numérisé non relu

On coiiiKiîl los lielli's riiiiirs do Mvcoue

m) EURIPIDE.

Iphigénie. — Oui, je me souviens du jour où mon père infortuné mit l'épée sur ma gorge! Malheureuse!

Oreste. — Ah! je n'étais pas là, et je crois voir ce spectacle.

Iphigéxie. — Lorsque, par ruse, on me conduisait, ô mon frère, vers la tente et le lit d'Achille, pour un mariage qui ne devait pas se célébrer! Près de l'autel, que de larmes et de lamentations ! Ah ! l'eau lustrale du sacrifice !

Oreste. — Moi aussi, j'ai gémi sur ce qu'osa mon père.

Iphigénie. — Certes, je ne fus pas traitée par lui comme par un père! Mais le sort a des coups imprévus!

Oreste. — Ah! si tu avais tué ton frère, ô malheureuse !

JpmGÉNiE. — Oui, horrible destinée! Infortunée! qu'allais-je oser! Malheur à moi, malheur à moi, ô mon frère! Gomme il s'en est fallu de peu que tu ne périsses, d'une mort impie, égorgé de ma main ! Mais quelle sera la fin de tout ceci? Quel sort nous est réservé? Quel moyen trouver pour te faire partir de ce pays, te sauver de la mort, te renvoyer à Argos, dans notre patrie, avant que l'épée ait versé ton sang? Infortuné! c'est à toi de le trouver! Te sauveras-tu par terre, à l'aide de tes pieds, plutôt que sur un vaisseau? Mais ce serait courir à la mort, à travers des peuplades barbares, par des chemins impraticables! Par l'étroite Roche Noire, longue est aussi la course pour la fuite d'un navire! Hélas! hélas! Quel Dieu, quel homme ou quel génie nous sauveront de ce péril sans issue? qui délivrera de leurs maux les deux derniers survivants de la race des Atrides?

Le Chœur. — Événements étranges, qui ressemblent à des fables! Mais j'en ai été témoin moi-même, et ne les ai pas appris par ouï-dire.

Ce touchant dialogue continue encore entre Iphigénie et Oreste. Oreste raconte ses aventures, depuis son parricide, et comment Apollon l'a envoyé en Tauride. Iphigénie, désespérée maintenant à la pensée du danger qui menace son frère, offre sa vie pour le sauver; Oreste se refuse à accepter un tel sacrifice. Alors Iphigénie cherche un stratagème qui puisse lui permettre de fuir en compagnie d'Oreste et Pylade.

Tandis qu'elle rentre dans le palais, les captives grecques du chœur, confiantes dans le succès de son entreprise, déplorent qu'elles ne puissent elles-mêmes en bénéficier. Mais le roi du pays, Thoas, intervient et s'informe des apprêts du sacrifice. C'est alors qu'Iphigénie reparaît, suivie des deux captifs : elle porte dans ses bras l'image d'Artémis, et explique au roi qu'elle veut purifier dans la mer les victimes et l'idole. C'est ce qu'elle est censée faire pendant le troisième stasiinon. Mais un messager accourt bientôt annoncer sa fuite. Thoas se prépare à la poursuivre, quand Athéné apparaît, et l'oblige à laisser en paix les fugitifs. Tel est l'heureux dénouement d'un drame si palhéticjue jusque-là.

Euripide mourut en Macédoine, en 40(5. Les Baccliuntps, ainsi que VIpliiycnie à Aulis, et une autre tragédie perdue, VAlcméon, ne furent représentées à Athènes qu'après sa mort. Mais il n'est pas impossible — et certains indices peuvent même incliner à le faire croire — (ju'elles aient été jouées d'aboi-d, du vivant de l'auteur, en Macédoine.

\a''> Bacchantes mellenl en scène rinlroduclion à Tlièbes du culte de Dionysos, et le châtiment de Peuthée et d'Agave, (jui l'ont combattue. Dionysos est venu lui-même, à la tête d'un chœur de Bacchantes, révéler sa divinilc aux lîrecs. Les fennnes de Thèbes n'ont pas cru «mi lui. et il les a frappées <le délire; ayant à leur tète Agave, mère du loi INMithèe, elles ont quitté la ville, et parcourent le Cithéron. Iroublét's par des visions étranges. St'uis, le vieux Cadmos et h' devin Tirésias

s'inclinent devant le nouveau Dieu. Penthée, au contraire, veut le faire emprisonner. Mais Dionysos, qui s'est d'abord laissé saisir sans résistance, échappe miraculeusement à ses gardiens, incendie le palais, frappe Penthée à son tour de folie, et l'entraîne avec lui sur le Cithéron, où il est déchiré par lesThébaines; Agave, sa mère, est la première à le frapper.

Cette curieuse tragédie, où ne manquent pas les scènes dramatiques, et dont les chœurs contiennent quelques-uns des plus beaux morceaux de poésie lyrique qu'ait écrits Euripide, appartient donc tout entière au domaine du merveilleux. Ce qui n'est pas moins surprenant, c'est que le poète semble renoncer à sa philosophie ordinaire, prêcher maintenant la foi aveugle, et sacrifier la raison à un mysticisme passionné. Mais, toutefois, les Bacchantes, à y regarder de près, ne manquent pas absolument de passages où le poète laisse percer encore ses anciennes idées. Plutôt que de penser qu'Euripide vieilli s'était détaché des opinions de toute sa vie, on reste donc libre de croire qu'il s'est conformé à l'esprit de la légende qu'il traitait, et surtout, — car il n'en resterait pas moins assez surprenant qu'après avoir pris tant de libertés avec tant d'autres légendes, il ait eu autant d'égards pour celle-ci, — qu'il a tenu compte des exigences d'un public particulier, si la pièce a d'abord été vraiment représentée sur une scène macédonienne.

Nous donnerons, pour qu'on ait une idée du ton particulier de cette tragédie, la scène où Dionysos enchaîné est conduit devant Penthée*.

Un Serviteur. — Penthée, nous voici de retour avec la proie que tu nous avais envoyé chasser; tes ordres sont accomplis. La bête que voici n'a pas fait de résistance, et n'a pas essayé de fuir. De lui-môme, le captif nous a livré ses mains, sans pâlir, sans changer de couleur, le visage toujours brillant; et, avec un sourire, il nous disait de le lier, de l'emmener; il ne se dérobait pas, il se pliait à toutes nos volontés. Aussi je n'ai pu m'empêcher de lui dire, car

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