‹ Esclavage et traite: (volume 2)Chapitre 15 sur 24 · INTÉRÊT DE LA FRANGE · texte numérisé non relu

INTÉRÊT DE LA FRANGE

jusqu'à la fin du seizième siècle, que ceux des flibustiers de Madagascar.

Quant à la Guyane, je dois en dire quelques mots j parce qu elle a eu , pendant trente années , des propriétaires antres que ceux de la Martinique et de la Guadeloupe. Or , avant d'assister aux catastrophes qui accablèrent ceux-d, il n'est pas sans intérêt de voir si les premiers ont été plus heureux.

Découverte en 1498 par Qiristophe Colgmb lui-tnême, la Guyane demeura oubliée pendant plus d'un siècle. Quelques colons à peine y étaient établis , quand des négociants de Rouen formèrent, en x633, une première société, et obtinrait le privilège du commerce entre l'Orénoque et l'Amazone.

Peu de temps après une compagnie nouvelle, formée dans la même ville , sous le nom de compagnie du Cap-Nord , héritait du privilège et de la ruine de sa devancière.

En i65i , Paris fit à son tour une tentative non moins désastreuse. La compagnie qui s'y fonda, sous la dénomination de compagnie de la France équinoxiale , se composait de douze associés , que Ton nommait les douze seigneurs. Ce nom pompeux n'empêcha pas une nouvelle catastrophe.

Enfin, une seconde compagnie de la France équinoxiale , formée en 1 663 , épitmva le même sort.

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L'année suivante , la Guyane fut comprise dans le privilège de la compagnie des Indes-Occidentales y avec la Guadeloupe et la Martinique , dont il est temps de s'occuper.

Leur découverte est contemporaine, ou peu s'en faut , de celle de FAm^que ; et les progrès de la civilisation européenne y ont été si prompts; qu'après soixante années, les derniers Caraïbes étaient exterminés à la Martinique ; tandis qu'à la Guadeloupe , les restes infortunés de ce peuple , enfermés dans un coin de l'ile , où ils se sont perpétués jusqu'à nos jours , étaient mis dans Timpuissance de nuire à ceux qui les avaient dépouillés.

Dès 1 626, la compagnie des îles d'Amérique obtenait la propriété et le commerce exclusif, pendant vingt années , des îles qu'elle mettrait en valeur ; et ce privilège (pour le dire en passant) aurait été fatal à ces possessions , si plusieurs fois , par une infraction heureuse, des navires étrangers n'étaient venus approvisionner ces colonies dénuées de tout , placées entre les horreurs de la famine et les flèches des Caraïbes.

Soutenue par la puissance naissante de Richelieu, comptant au nombre de ses souscripteurs les plus grands noms de cette noblesse qu'il devait décimer plus tard, la compagnie des iles d'Amérique com-

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mençahardimentâe80pératioiis.En i635,M. d'Esnainbuc,gouverneur français de Saint-Christophe, prenait possession de la Martinique au nom de la compagnie, et chai^eaitson lieutenant, l'CNive, de s emparer également en son nom de la Guade*^ loupe.

Dix ans après, non-seulement la compagnie originaire était ruinée , maie deux autres compa-* gnies , héritières de ses privilèges, s'étaient ruinée:» comme elle ; et la dernière cherchait en vain à se défaire d'une propriété aussi onéreuse. Enfin , elle trouva, en 1649, un acquéreur pour la GikuIcloupe. LemarquisdeBoisseretluien donna 60,000 livres; et deux ans plus tard, M . Duparquet lui donna 'la même somme de la Martinique et de quelques autres petites iles.

Bientôt, les nouveaux propriétaires s'aperçurent qu'ils avaient fait un mauvais noarché. Us manifestèrent l'intention de revendre } et Louis XIV, qui ve naitde succéder à Mazarin, profita de cette occasion pour acheter les deux iles, moyennant 24^»^^^ Uvres , et pour renouveler la tentative de Richelieu^ Comme lui ^ il créa une compagnie , à laquelle il remit la Guadeloupe et la Martinique , et qui reçut le nom de compagnie des Indes-Occidentates.

Ck)mme lui , il voulut se placer à la tête de l'entreprise , et il paya royalement sa souscription.

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Le prtTilége de la compagnie des Iml^sOtoci'' dentale» devait dorer cpiarante années. Au botrt de dix, elle avait suocombé oomme les autres^ malgré la fayeur, les secoum et la proteetîcm du n , qui , généreux jusqu'à» bout, riche d'ailleurs à cette époque , au moment de la conquête de la Flandre et de la Frandie4]k>mté , pvjra les dettes de la compagnie , et fit ce qae personne ne voulait plus faire, en prenant à son compte ces lies fatales. Elles furent réunies, en 1674, au domaine de l'état.

L'état a«4>*il converti cette cause incessante de rniue en une source abondante de revenus? II est assurément permis d'en douter, quoiqu'il soit mathématiquement impossible de prouver le contraire. En pareille matière , Tejcemple des compa-< gnies est seul concluant ; le succès Vy traduit en dividendes , le non succès en banqueroute, et rien n'est plus facile h constater. Mais la ruine de l'état, quand elle a lieu , mavcbe avec une lenteur telle, et résulte de tant de causes diverses , que nul ne peut assigner à chacune d'elles sa ptart de respon-ti saUbté.

Il me suffit donc d'avoir rappelé les catastrophes si pix»Enptes et si éclaiantes de nos ccmipagnies privilégiées. Je laisse à chacun la Uberté de tirer les conaéquences de ces feks ; et^ pour ma part^ je n'ajouterai qu'un seul mot»

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Alors même qae la Fnmoe aurait €« aotrefois ùm intérêt Téritafale à monopoliser le sacre deê Antilles , cet intérêt aarait disparu le jour où , par la perte de Saint-Oomingoe , elle a cessé de faire k loi sur les marchés dm Nord , de régir la productioil du sucre comme la HoUande régissait celle des épices , et de mesurer les cultures de ses colonies sur les demandes des consommateurs européens. Notre goaremement a si bien senti ee cliangemait , que les lois Mndues depuis la restauration ne eonsidèreut plus Fadanssion des suci^es coloniaux comme un d/^it , nmis comme une obligation.

Elles se réri^ientà leur4»qyriruii débouché; mais c est à certaines conditions; et cette pensée ressort hien clairement des termes de l'article 1 5 de la loi da a5 jenMet 1823 , qui déclare que le privilège colossal ne sera accordé auxproductions des ccrfônies, quelorsqu'ellés auront été rapportées directement^ et par des nsFnres français de soixante tonneaux au moins.

De leur cété, les colonies ^ qui longtemps (Mit été intéceeséès à la conservation des tarifs protecteurs , à Fabri desquelseltes pouvaient débiterdes produits 4jaid leur pdx de revient aurait exclus de tous les marchés, les eicdonies ont perdu cet intérêt, depuis qu'elles ^produisent moins chèrement^ depuis surtout que le sucre indigène leur fei^me k métropole.

Voilà plusieurs années que des réexportations de sucres coloniaux ont lieu de nos ports pour Hambourg, et pour les États-Unis. £spère^t-on imposer longtemps à nos colonies un système, qui force les négociants de la Pointe-à-Pitre à faire passer leurs marchandises par le Havre , pour les envoyer à New-York ?

Je n ai rien dit d un argument que les partisans des colonie emploient assez volontiers. Lies yeu^ fixés sur les tableaux de douanes, et convaincus de Timportance du commerce extérieur, ils nous demandent si nous pouvons envisager de sang^ froid la perte d'une partie considérable de ce commerce.

Il est très^vrai que sur i milliard, i68 millions importés ou exportés par mer, année moyenne, 125 millions (le dixième environ) appartiennent à notre commerce avec les colonies. Mais les exportations et importations par mer ne constituent pas à elles seules notre commerce exté^ rieur, et si on veut le connaître tout entier, il faut joindre, à la somme déjà mentionnée, celle de cinq cents millions à peu près que font ressortir les douanes sur nos frontières de terre ; en sorte que la part des colonies dans ce commerce extérieur doit descendre du dixième au treizième, ou au quator^ème seulement.

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Que sera-ce, si nous examinons Timportance réelle de notre commerce extérieur. Je comprends à merveille qu'on se Texagèreen général. Ce commerce a pour centres et pour organes, de grandes et riches cités, sur lesquelles se fixent les regards. Ses opérations se font au grand jour et avec éclat. Elles sont officiellement constatées par les tableaux de douanes; et seul , il a chaque année le privilège d étaler des milliards aux yeux des chambres et du public.

Mais s'il y avait un moyen de constater la production et le commerce intérieur de notre pays ; si les douanes de province (qu'on me pardonne ce voeu impie), reparaissaient pour quelques semaines seulement , on serait surpris de voir pour quelle part modeste le commerce extérieur figure dans les ressources et la prospérité générales de l'état.

A défaut de douanes provinciales, on peut tirer une induction bien frappante d'un rapprochement que fournissent les tableaux de navigation. U est une branche du commerce intérieur de transport dont l'importance est officiellement constatée. Je veux parler du cabotage. Le cabotage d'une mer à l'autre marque en quelque sorte l'extrême limite qui sépare le commerce intérieur du commerce extérieur. Le cabotage dans la même mer est déjà

^O SSCLATAaS ST TAAITB.

phifrék>%M de ce derniarcominerce. Hébieol ilest liasez remarquaUedeTOir le chiffre total du cabotage dépasser de beaucoup rensemUe des importations tt exportations réuniesdescoloiiies et de Fétranger ^ Il est fiu» remarquable encore de voir le cabotage dafts k même mer^ plus central » plus intérieur que l'autre, le laisser bien loin derrière lui. Yoid les chiffres.

Le commerce extérieur d'importation et d'exportation, par navires français et étrangers, présente en moyenne* depuis dix ans, un tonnage annuel de 1,807,271 tonneaux. La moyenne du cabotage dans la même période s'élève à 2,ao3,i53 ton* neaux ; et sur ce total , le cabotage dans la même mer figure pour a,o4i >998 tonueaux.

Mais il est possible d'établir d'une manière plus précise le £iit que ceç chiffres ne font qu'in*diquer.

Plusieurs économistes ont prouvé que les &meux quarante écus de Voltaire, Ou plutôt de For^ bonnais, ne sufi^ient plus aujourd'hui à la sub* sistance desouvriers placés sur cette extrême limite, au-dessous de laquelle commence la misère, et audessus de laquelle naît le superflu. II est, sinon rigoureusement démontré , du moins , fort probable^ que la moyenne du revenu s'élève aujourd'hui en France à i5o francs au moins. Il est donc

permis d'évaluer à 5 nullard» le revenu lotai que notre pays doit produire , pour aaMirer rejû^tenoe de 33 «lillîom d'habitanis*

Sur ee bénéfice net de toutes les cultures, de toutes les industries, de tous les commerces, quelle part doit être équitablement attribuée au commerce extérieur ?

La valeur des importaticHis par navires françaii s'élève, année moyenne, à 353 millions. Cette somme procure aux armateurs un bénéfice net qui ne dépasse pas 6 pour loo, et qu'on peut estimer à 1 5 millions et demi.

La valeur des exportations par navires étrangers s'élève à 485 millions. Si nous fixons à i6 pour I oo le bénéfice net des producteurs des marcbandises exportées, nous ne resterons pas au-dessous de la vérité. C'est une somme de 48 millions et demi.

Enfin I la valeur des exportations par navires français s'élève à 33 1 millions. Je fixe encore k j o p. 1 00 le bénéfice net des producteurs des marchandises exportées , et je suppose que le bénéfice net des armateurs s'élève à 6 p. i oo ; c'est en tout 1 6 p. 1 00 1 ou une somme de 37 millions.

Le bénéfice «et que nous procui\e le commerce fatérîeur s^élève donc à lOi millions environ, ou

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un peu plus de la cinquantième partie du revenu total de la France.

La question n'est pas là^ me dit-on. Peu importe de savoir si le commerce extérieur contribue pour une part plus ou moins grande à la prospérité du pays. Peu importe de savoir si nos colonies forment elles-mêmes une partie plus ou moins importante de ce commerce extérieur. Peu importe de savoir si* k^ France trouve ou pon dai^ la pos-^ session des colonies une source de revenus. Il suffit que les colonies soient indispensables à la conservation et au développement de notre marine.

J'entrerai franchement dans la question.

Je ne me demanderai pas si la puissance maritime a gardé son rang ; si , dans nos grandes luttes de la révolution et de l'empire , les destinées des peuples se sont décidées sur terre ou sur mei^ , à Rivoli ou à Âboukir; si les opérations navales, en perdant de leur importance, n'ont pas rétréci leur théâtre, et, quittant les immensités de l'Océan, ne sont pas venues se concentrer dans cette Méditerranée , foyer de la vie de l'Europe et du monde entier , où se réunissent et se rencontrent tous les intérêts , où le nouveau monde vient à son tour rendre à l'ancien les visites qu'il en a reçues pendant deux sciècles. Je ne me demanderai pas si la supériorité maritime n'appartient point nécessairement

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aux nations, qui, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, voient dans cette supériorité la condition même de leur existence. Je ne me demanderai pas si l'activité et la liberté croissantes des relations conunerciales ne doivent pas établir entre les peuples des besoins réciproques, dont la guerre même ne pourra retarder la satisfaction, et si nous ne touchons pas à une époque où les es<cadres s'ouvriront toutes pour laisser passage aux convois, et où il sera vrai de dire que, loi*sque le pavillon ne couvre plus la marchandise, c'est la marchandise qui couvre le pavillon.

Non. Je suis de ceux qui veulent que la France soit respectée partout, que partout elle garde ou reprenne la place qui doit lui appartenir. Je n'y regarderai donc point de si près, lime suffit que la prépondérance navale soit considérée , encore aujourd'hui, comme un élément essentiel delà puissance d'une nation. Cela me suffit , pour accorder tout ce qui est nécessaire au maintien et à l'accroissement de nos forces de mer.

Je ne demanderai pas non plus s'il est vrai de dire , ce qu'on a tant répété , que la marine militaire ne peut naître qu'appuyée sur la marine marchande , et recevant d'elle des matelots exercés. Je ne me demanderai pas s'il en était ainsi des Romains , qui , trouvant une galère carthagi-

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poise échouée au nvag^^amsirubirent sur ce nich dèle de grostters vaisseaux, etinomphèrentdeCai*-» ihage sur ces flots même babiuiéa à son emf^ûre; s'il en était ainsi de Pierre le Grand, lorsqu'il co* pait, lui aussi, des modèles de navires, dans les chantiers qu'il avait ouverts, et quand, le lende-r main , il enlevait aux Suédois la Baltique , étonnée d'être soumise à ce nouveau maître; s'il en était ainsi de Louis XIV, lorsqu'un jour, il lui vint à l'esprit de créer une flotte, et que cette flotte, créée la veiUe, disputa la souveraineté des mers aux vieux amiraux de la Hollande , de l'Angleterre, et maintint la supériorité du pavillon français jusqu'à la fetale rencontre de la Hogue.

Je ne me demanderai point enfin, s'il n'est pas prudent de tenir compte de cette grande révolution qui s'annonce et s'accomplit simultanément sur la terre et »ir la mer ; de cette révolution qui, malgré les regrets et la résistance bien naturelle des marins, s'empare de nos navires ipom les transformer ; qui renverse les mâts, coupe les cordages ^ netUne le pont ; qui , à la place de tant d'homnaes occuqpés à la manœuvre , de tant de matelots , de taut de mousses courant sur les vergues, ouvrant ou resserrantlesailesdu vaisseau, metàboidunsimplechaufi fear et le charge d'entretenir son foyer ; qui, avec ses deux roues , dépasse les plus tins voiliers , se

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Ht des v^stA ) et prend toujours dans an combat la position ^1 lui convient ; qui ne rencontre d'autre obstacle que la difficulté des approvisionnements de combustible 5 et qui voit cet obstacle levé par une autre révolution , celle qui a resserré dans la Méditerranée le théâtre des opérations navales.

Encore une fois je ne veux pas aj^rofondir ces doutes. La question est trop grave pour qu'il soit permis d'apporter » pour la résoudre, ^utre chose que des faits constants , des vérités mathé* matiquement établies. JTadmets donc comme vraies ces deux assertions : la France doit avoir une grande marine militaire; cette marine mihtaire ne peut exister sans une grande marine marchande.

Mais on ajoute que cette marine marchande a besoin des colonies pour se développer. Cest cette troisième assertion que je conteste seule , et que je demande la permission d'examiner à fond.

Sur 489 millions de valeurs que transporte, année inoyenne , notre marine marchande , le commerce colonial (en y comprenant la grande pèche) absorbe seul 116 millions ; c'est-à-dire 24 p* 100, ou le quart environ.

Tel est le rapprochement victorieux par lequd on prouve imperturbablement, à quel point les colonies sont nécei>saires à notre marine marfïhande.

Mais 9 ne voit-on pas que la force de Vargument s'accroît, en raison même de la décadence de cette marine? Ne voit-on pas que ce chifire immuable de 116 millions, exclusivement réservés à nos vaisseaux, ne constituerait plus le quart seulement, mais la moitié de nos transports, si, au lieu de 480 millions, nous n'en transportions plus, en tout, que 240? Ne voit-on pas, que si notre commerce en concurrence disparaissait en^ tièrement (comme, au reste, nous en sommes menacés) , le rôle de nos colonies deviendrait plus important et plus triomphal encore , puisqu'elles alimenteraient à elles seules, la totalité de notre commerce maritime !

Qu'on cesse donc de citer cette proportion si vantée ! Elle est plus accusatrice à elle seule , que tous les raisonnements que je pourrais présenter. Quoi! nous en serions venus à un tel point d'impuissance et de discrédit, que, dans notre commerce avec le monde entier, il faudrait donner la première place à nos relations privilégiées avec trois petites iles! Quoi! une navigation annuelle de 116 millions, de 200,000 tonneaux ; voilà l'espérance de notre marine militaire ! voilà le fondement de cette supériorité, qu'on veut reconquérir à tout prix ! Quoi ! cinq ou six mille matelots, employés à naviguer de la métro-

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