CHAPITRE V
Intérêt des coloDf .
A NE considérer que leurs dédarations et leurs démarches , on devrait croire que les colons sent intéressés à la conservation du statu çuo; que le moindre changement doit compromettre leur fertune I et même leur existence.
Sans égaler la violence des Américains , ou ceUe de l'association anglaise qui, sous le nom de colonial Ghurch-Union , chassait brutalement les abohtionistes de la Jamaïque ^ et luttait d'autorité et d'influence contre le gouverneur de râe,*kios co« Ions, depuis qu'il est question d'émanciper leurs nègres , ont fait constamment preuve d'une passion intolérante, qui ne contrastait que trop avec l'indifférence glaciale du pubhc français. Dans leurs écrits , dans leurs pétitions, dans leurs votes, on voit percer une animosité mal déguisée, et cette disposition haineuse qui porte à suspecter les^ intenlionà de ses adversaires. Évidemment, la résis-
86 ]l8GI.AyiaB et tAàlTI.
tance aux réformes est depuis longtemps leur pensée dominante ; et leurs sacrifices, pour atteindre à ce but y ne se sont pas renfermés , bien s'en faut , dans les affectations officielles de leurs budgets. H est assez curieux de lir^^ dâbft là dernière déclaration de la cour des comptes , la mention de ces opérations non justifiées , de ces nouveaux fonds secrets Y créés aux colonies contrairement à toutes les règles , dénoncés à la cour par le ministre de la marine ^ et qui , tous le titre asset^ intelligible de Jimds «K la disposition des délégués pour dé* penses à /kire eH France dans t intérêt des colonies ^ ou sous celui de dépenses particulières du conseil colonial ^ ne se sont pas élevées, pendant lés trois dernières années, à moins de 44^9000 fr.,. savoir : si ,000 à la Guyane, 1 o5,ooo à TIle^Bourvbon, 110,000 à la GuadieIoupe> et 12,000 k la Martinique.
Il importe de vider cette question préjudi* cîelle ; il faut que l'cwi sache « en France ^ que IV holition de l'esdavage est réclamée par Imtérêt \iesï entendu des propriétaires d'esclaves; il faut auSfd qu'on le sadie aux colonies* Car le concours des colons est utile, si non indispensable, au succès dfes mesures d'affranchissanent; et pour obtenir leur concours, il n'est pas moins nécessaire de dissiper tous les doutes légitimes, qui peuvent