‹ Esclavage et traite: (volume 2)Chapitre 18 sur 24 · IX^TÉRÊT DES COLONS · texte numérisé non relu

IX^TÉRÊT DES COLONS

eDcore exister dans leurs esprits , que de leur faire connaître la résolution ferme , arrêtée, et irrévo* «cable de la métropole.

On ne conçoit pas bien, au premier abord,. comment les colons peuvent hésiter ou se méprendre sur leurs véritables intérêts; conmaent ils peuvent ne pas appeler de tous leurs vœux la fin de cette situation exceptionnelle , violente , où leur droit n'est plus reconnu par personne, ni par les mai* très, ni par les esclaves , où Taliranchissement de toul: un archipel les menace d'une contagion prochaine , où la crainte de l'insurrection est suspendue jour et nuit sur leur tête comme Tépée de Damoclès. On ne conçoit pas qu'ils n'aient point hâte de connaître la solution de ce terrible problème^ qu'ils n'aient point hâte de faire disparaître cet édifice chancelant, qui peut s'écrouler un jour, et les ensevelir sous ses débris.

Pour expliquer ce phénomène moral, il suffirait peut-être de consulter l'histoire, et de se der mander, isi jamais une tyrannie a reculé volontairement. Mais, je crois qu'il y a autre chose dans la prisée de résistance qui anime nos colons. Il y a , d'un côté , la crainte d'être dépouillés sans in-^ demnité suffisante (et, à cet égard, mon avis bien formel, est qu'il faut les rassurer sur-le-champ). De l'autre, il y a une appréhension vague, qui

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nait du spectade de ce qui se passe aux États- Unis.

Gomment ne pas redouter les conséquences d'une émancipation , quand on voit un grand peuple , fier de son indépendance , fier des principes de liberté démocratique qu'il a déposés dans ses lois, conserrer rèsclavage, que sa religion, que sa conscience condamnent, Fesclayage, qui entrave son industrie, qui menace son avenir, qui fait son insécurité au dedans , et sa honte aux yeux de l'étranger, le conserver, dis-je , par cela iseul , qu'ils pressent la guerre d'extermination qui suivrait de près Vaffrancliissement ?

Et c'est bien là le sentiment douloureux qui pèse sur l'Union américaine. C'est cette conviction seule, qui défend aux propriétaires du Sud de briser les fers de leurs esclaves. Cest elle qui, dans le sein même du congrès, crée ces majorités formidables , toujours prêtes à étouflfer toute discussion, à repousser toutes les plaintes par l'ordre du jour. Dans les états du Sud, comme au congrès, on se souvient des paroles prophétiques de JeflEerson, qui, tout en déclarant que l'afiranchissement des noirs était clairement écrit dans le livre des destinées, ajoutait : «Il est tout aussi certain , que les deux races, également libres, ne pourront vivre sous le même gouvernement. »

INTÉRÊT DBS COLONS. Sgr

Je n'entends pas justifier; j'explique. Ce que je ne Justifierai surtout pas, ce sont les violences de langage , et ces autres violences trop réelles qu'eUes provoquent.

Quand un homme entouré , dit-on, de l'estime publique , ne craint pas d'écrire ces mots atroces : « Déclarons, par l'organe des journaux, que la question de l'esclavage n'est pas et ne sera pas mise' en discussion ; que , du moment où un individu essaiera de nous endoctriner sur ses maux et son immoralité, on lui coupe la langue sur-lechamp, m Quand les mêmes paroles sont répétées par les personnes les plus considérables du pays; faut-il s'étonner que le peuple y réponde par les émeutes de New- York , de Boston, de Baltimore et de Cincinnati, par l'incendie du couvent de Charlestov^n , et la profanation du sanctuaire , par les attentats commis sur les élèves du collège Marion? Faut-il s'étonner, s'il détruit lesmaOesà Charlestown , s'il pend des hommes par douzaines , et sans forme de procès à Yicksboui^, s'il en brûle à petit feu , et en plein jour , à Mobile ou à Saint-Louis ?

Encore, ai-je tort de dire : le peuple. Les gens comme il faut ont été partout en majorité ; et nulle part, les magistrats n'ont voulu voir; nulle part, la force armée n'a voulu réprimer; nuUe

part, la presse n'a voulu dénoncer ces crimes odieux à Findignation des autres états. Ah! je comprends la profonde douleur que dut éprouver Ijafayette lors de sa dernière visite aux États- Unis , lui , qui avait vu les soldats noirs combattre à côté des blancs , pendant la guerre de la révo* lution.

Mais, je ne croirai jamais, pour ma part, que sur une question aussi essentielle , un peuple tout entier puisse être et persister longtemps dans Terreur. Je ne croirai jamais qu'il n'y ait rien de réel , derrière ces appréhensions si générales et si durables , que les générations transmettent aux générations , qui , loin de s'atténuer, s'accroissent sans cesse, et font taire toutes les révoltes du cœur, toutes les protestations de la conscience. Ces passions , souvent criminelles , ne sont pas toujours aveugles. Les états du sud de FUnion doivent avoir des motifs sérieux de craindre. Et je dois les chercher, pour établir la complète inexactitude de Tassimilation qu on veut établir entre la situation de nos îles et la situation de ces états.

Le danger que prévoient les Américains résulte de la combinaison de trois éléments : la dififérence physique, visible, ineffaçable, qui sépare les esclaves des maîtres; la proportion numérique des

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noirs et des blancs ; enfin, l'incompatibilité des deux races.

La difiërence extérieure qui sépare les maîtres des esclaves est un fait dont M. de Tocqueville a signalé avec wSon talent ordinaire la haute gravité , et qui distingue profondément l'esclavage moderne de l'esclavage antique. A Rome, il suffisait de dire à un esclave : Tu es libre ! pour qu'il se confondît presque aussitôt dans la masse des citoyens ; et si l'avilissement moral , suite ordinaire de la servitude, pesait encore sur lui ; si son chapeau d'affranchi , si ses cheveux coupés au temple de Féroniè le faisaient remarquer pendant le reste de ses jours; son fils, au moins, ne portait plus après lui aucune des traces visibles de son origine. Ce que n'avait pas accompli la formule d'affranchissement, le temps seul, et un temps assez court, achevait de l'accomplir. L'égalité et la liberté se donnaient la main.

Aussi, quel rôle ne jouent paslesaffi-anchis dans cette société , dont une convention légale les avait seule séparés ! A eux , la supériorité de l'intelligence. C'est l'affranchi Térence qui distrait les Romains des vicissitudes de la troisième guerre punique ; c'est Horace , le fils d'affi-anchi , qui chante le naissant empire d'Auguste. Auxaffran-i chis, les honneurs, les places, le gouvernement.

ga ESCLAVAGE ET TRAITE.

L'empereur Macrin est un affiranchi, comme Phèdre le fabuliste. Chez nous , il en est autrement. La liberté ne fait pa& de Tesclave un af&anchi, dont le fils sera confondu dans la foule des citoyens ; elle en fait un homme de couleur^ dont le fils et le petit- fils seront hommes de couleur, dont les derniers descendants n auront qu'à se montrer pour qu'on dise : Leur père était esclave 1

Voilà une difficulté réelle ; mais on comprend^ qu'à elle seule, elle ne peut rendre périUeuse pour les maîtres toute mesure d'affiranchîssement. Pai> tout où la proportion numérique des noirs et des blancs assure à ces derniers une immense supériorité j peu leur importe que quelques nègres libres viennent se perdre dans la foule. Les plaintes qu'ils oseraient proférer j sont étouffées ; leur mécontentement, quelque légitime qu'il soit, ne peut devenir un danger. Aussi, les états du nord de l'Union , où le nombre des esclaves était peu considérable , ont-ils pu les affranchir sans crainte aucune. Tout ce qu'ils ont fait pour atteindre ce but leur a réussi. Les modes d'émancipation les moins préparés, les plus vicieux, ont obtenu le succès le plus complet ; ou , ! pour mieux dire , n'ont produit que ces maux individuels, que les gouvernements ignorent, et que la publicité n'enr» registre pas.

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Les états du Sud ne sont pas dans une situation aussi heureuse. Le nombre des esclaves y fait un devoir de la prudence ; il défend d y tenter ces expérieùcies hardies du Nord , ces émancipations brusques^ générales, à jour fixé, qui auraient l'inconvénient immense de grouper, de réunir, en les appelant ensenible à l'indépendance, tous led individus d^un peuple opprinté , qu'il faut scinder, diviser j au contraire, par des manumissions par^^ tiellesiet successives; qu'il faut initier peu à peu au^ lumières , à la propriété , aux intérêts des blancs , de manière à dénationaliser en quelque sorte avant d'affiranchir, et à empêcher que la confraternité de l'esclavage ne se retrouve entière par delà la liberté.

Mais pourquoi l'émancipation graduelle et sage a-t-elle alarmé les états du Sud, à l'égal d'une émancipation générale? C'est que chez eux, à la difficulté qui naît d'une différence physique entré le maître et l'esclave , à celle que crée le nombre des noirs, vient se joindre une troisième difficulté, plus grave à elle seule, plus insurmontable, plus effiayante que les deux autres réunies , l'incompatibilité des races ; c'est que, dans cette série ascendante d'obstacles et de périls, ils ne s'arrêtent ni au premier degré , où tout est permis , où la sécurité des blancs ne peut être compromise par aucun

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acte, quelque insensé qu'il puisse être; ni au'se^ cond» où une marche sageiùent progressive est commandée à la fois par Vintérét des maîtres et par celui des esclaves; c'est qu'ils atteignent le troisiènie 'degré , et qu'il leur est difficile d'espé-» rer que la prudence même , la lenteur et l'habileté des transitions puissent prévenir une lutte entre les deux races, quand elles seront libres toutes deux y quand Fégalité de droit sera proclamée , ^ qu'il faudra accorder une égahté de fait, que le» mœurs repoussent avec une indomptable énergie ; c'est qu'ils ne croient pas pouvoir assurer par au* cune mesure la possibilité d'une vie commune entre deux peuples que séparent la haine et le mépris ; c'est qu'ils ne croient pas pouvoir faire que la substitution de l'un à l'autre, si elle doit avoir lieu, s'opère par des moyens pacifiques et réguliers.

Quelque exagérée que cette conviction puisse me paraître, je suis assurément frappé de la force des motifs sur lesquels elle s'appuie. Le dernier, sur-^ tout , est bien menaçant pour l'avenir. Je me hâtQ d'ajouter qu'il n'existe pas à notre égard.

L'incompatibilité des deux races ( qu'on le sache bien) est entièrement fondée sur l'orgueil et la dureté des blancs. Elle n'existe aucunement dans les îles espagnoles; elle est trè^faible dans les nô^ très ; elle est profonde et invincible dans les co-

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Ionien de la Grande-Bretagne et aux États-Unis. Partout où la race anglaise a pénétré, elle a apporté ^vec elle cette morgue intraitable qui repousse les sympathies , qui refoule brutalement chez les inférieurs toute espérance d'une égalité future. Ces hommes qui^ seuls, à Cuba , font retentir le fouet dans leurs plantations; ces hommes qui , à la Ja^ maïque, ont mieux aimé interrompre leurs as^ semblées, que de les continuer mêlés aux anciens esclaves que la loi vient d'élever à leur niveau ; ces hommes sont bien du même sang que ceul qui , aux Etats-Unis , en dépit des droits conférés aux nègres affranchis , leur interdisent Taccès des tribunaux , des théâtres , des églises ; qui ne consentent à voir en eux ni des citoyens ni des hommes , et qui leur font une existence si dure, si laborieuse, si impossible , que ces malheureux restes d'une race opprimée disparaissent rapidement , et que lea tableaux de mortalité constatent poiir les noir» libres de Philadelphie , une proportion de décès presque double de celle des blancs.

J'ai dit que les choses se passaient autrement dans nos colonies ; les preuves abondent à l'appui de cette assertion. Si, aux Etat»-Uni^, les hommes de couleur ne peuvent s'asseoir comme jurés sur le banc où la loi les appelle ; chez nous, ils reçoivent des mains des gouverneurs, avec le conspnte-

Digiti:

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ment des conseils coloniaux, les épaulettes d'officiers dans les milices ; et là, le noir commande au blanc y il punit ses fautes , il châtie ses insolences. Si , aux Etats-Unis » les hommes de couleur périssent de misère au milieu de la répulsion géné^ raie ; chez nous ils achètent des terres. Que dis-je ? ces nègres , nés pour la servitude , possèdent des esdayes à leur tour; ils donnent ainsi le démenti le plus éclatant et le plus pubHc au principe de la distinction des races. Et qu on ne croie pas que les faits dont je parle soient de rares et insignifiantes exceptions. Le septième des propriétés et des esclaves de nos colonies appartient aux hommes de couleur; et malgré Fesprit qui a présidé à la fixatkm du cens d'électorat et d'éligibilité , ils comptent cent vingt^huit électeurs sur huit cent dix-neuf k la Martinique ; ils y comptent quarante-huit éligibles, possédant en biens fonds une valeur supérieure à 60 mille francs.

Ce n est pas tout. Les hommes de couleur se sont assis dans les conseils de nos colonies. A la Guyane, ils ont deux représentants élus par des collèges où les électeurs blancs étaient en majorité. A Bourbon, ils ont fait partie de cette grande assemblée qui , formée en 1790, par suite des décrets de la constituante , s'empara de tous les pouvoirs , repoussa les agents Bacot et Bumel , chargés de faire exéçu-

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ter les décrets pour Fabolition de l'EBclayage, déposa le gouyerneur de file , rççut des ambassadeurs de Tippo-Saïb, lui envoya des secours contre les Anglais , et ne se démit de son autorité qu'en i8o3, après treize années d'un règne absolu.

Il me semble impossible de méconnaître une différence aussi marquée. Ce n'est pas la seule^ Je soutiens que la proportion numérique des deux races est moins menaçante dans nos colonies, qu'elle ne l'est dans les états du sud de l'Union américaine.

Qu on ne se bâte pas trop de crier au paradoxe. Qu'on ne me cite pas des cbifires que je connais , et sur lesquels même je. m'appuie. Oui, dans le Maryland , le nombre des nègres est inférieur à celui des blancs; dans laVii^inie, il le balance; dans la GaroUne du sud , il ne le dépasse pas de beaucoup ; tandis que, dans nos îles, il est triple. Le fait est vrai , et je m'en félicite.

Ceci demande quelques explications.

J'ai dit plus baut, qu'après l'extinction complète de l'esclavage , l'une de ces trois hypothèses devait se réaliser : ou lutte violente entre les deux races , ou vie commune, ou substitution lente et pacifique de Tune à l'autre.

J'ai prouvé que , Dieu merci , nous n'avions pas à nous occuper, pour notre compte , de la première

9$ SSALAVAGE BT TftAITB.

hypollièact, impossîMe dam um Iles , si Ton n'y néglige pas les leçons de l'expérienoe la plus vulgaire*

Quant k la seccmde , je ne la crois pr(^)able en aucun pays. A défaut d'inoompatilnlité ^ il existe eotxe les deux races une diiOS&renœ trap réelle et trop durable, pour qu'on puisse imaginer qu'elles démêleront januiîs entièrement.Nous le voy onsdans ^osocdonies mêmes, où le préjugé a bien moins de fcxce qu'aux États-Unis , et où cependant les ma-riages, entre les blancs et les personnes de couleur, autorisés depuis vingt années par la législation, se sontsipeumultipliés, quelestroismariages qui ont été célébrés à la Guyane, en 1 836, entredes blancs et des femmes de couleur, ont été cités comme des Ëiits dignes de remarque. Toutefois, à moins de supposar que le nombre des mulâtres s'accroitra ^vepune grande rapidité ; quece peuple mixte viendra s'interposer entre les deux autres , et finira par les absorber ; il est difficile de croire que les Uancs et les noirs libres continuent longtemps à vivre dws cet état de justa;«position fatigante, où leurs génies seraient également comprîmes.

JNous n'avons donc à nous occuper que de la troisième hypothèse. Mais d'abord, disons ce qu'il &ut entendre par cette substitution pacifique et régulière d'une race à l'autre. J'entends par-là que.

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pandant de loqgiMs années, saos fieeousflesy

videnoe, sans spoliation , la race destinée à domîner gagnera sans cesse le terrain que l'autre ne cessera d'abandonner ; que l'une achètera, et que IVftutne vendra; que l'une reûevradesémigratioBsdu dehors ^ et que l'autra émigrera peu à peu ; qu'enfin un jour viendm où , par une suite de contrats librement consentis , et par la fc^ce même des choses , l'une se ttouvara maîtresse de toutes les propriétés, de toutes les industries, de toutes les influences; tandis que l'autre ne sera pkis repré^ sentée cpie par quelques individus perdus dans une foule, dont ils altéreront à pane l'homogéiiéité. Tdleest la scdttti(Mi la plus vraisemblaUe «t h plm heureuse à la fois du grand problème de l'émancipation, n est ÊicUe de comprendre à quel point ceUe solution doit être seoondée dans nos odonies et dans les colonies angbêes, par la grande infériorité numérique des blancs. Cette infiériorité , qui serait une difficulté et un péril de plus dans les états du sud de l'Union , par^ qu'ils touchent à d'autres états blancs , parce qu'ils font partie d'une confédération que les blancs gouvernent, pai-ce que la substitution éventuelle de la race noire à la race blanche ae saurait y être admise; cette infiériorité, dis-je, est un bienfait dans «es lies isolées du monde entier, indépendantes par

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leur position , et qu'aucune nécessité sociale ou politique ne réserve exclusivement aux Européens. Elle est un Inenfait , car elle rend le doute impossible. Or, le doute ici, c est la lutte. Si les blancs pouvaient se croire en état de conserver ce sol qu ils sont déjà forcés de partager avec leurs anciens esdaves , ils ne se résigneraient pas à les voir envahir prc^ressivement toute sa surface. Ils essaieraient peut-être de résister. Mais Vévidence est trop palpable. Les destinées des deux peuples sont trop clairement écrites dans les chiffres et dans les faits. Si les affirainchissemênts volontaires ont suffi pour former une classe de couleur, qui possède la septième partie des terres , qui a envahi les grades de la milice, les collèges électoraux et les conseils représentatifs; que sera -ce quand plus de deux cent mille esclaves seront devenus libres à leur tour? La place des anciens maiti^ sera bien petite alors ; je le répète avec conviction et sans regret.

La certitude de cet avenir présente un autre avantage qui n*est pas à dédaigner. Il nous dis^ pense de tenter, »i pure perte, des expériences -coûteuses.

Je crois que la pensée d'épuiser une race par l'exportation n'est destinée à réussir nulle part. Quand il s'agit surtoutd'une exportation lointaine, les difficultés s'augmentent dans une proportion

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