‹ Esclavage et traiteChapitre 13 sur 21 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Question d'opportunilé.

Après ce que je viens d'écrire, il m'en coûte , je l'avoue , de descendre à une froide question d'opportunité. Pour moi , cette question ne peut même pas exister. Quoi ! le crime est patent, reconnu ; et l'expiation ne serait pas opportune ! Nos codes sont souillés ; et il ne serait pas temps d'effacer ces taches honteuses î l'humanité est outragée, la dignité de l'homme est méconnue et foulée aux pieds , le vice est encouragé ouvertement , des âmes immortelles sont corrompues; et le moment ne serait pas venu de commencer la réforme ! J'ai le malheur de ne pas croire à la sincérité de ceux qui mêlent aux questions de droit , des questions d'opportunité. Qu'on oppose à un projet financier cette éternelle fin de non recevoir, plus dangereuse mille fois qu'une franche attaque dirigée contre son principe ; je puis l'admettre , non pas toutefois sans défiance. Mais que , lorsqu'il s'agit d'ac-

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complir une obligation morale , impérieuse , positive , on vienne dire que l'heure n'a pas sonné ; je me permets d'interpréter une telle phrase, et je me rappelle que pour les uns l'heure sonne toujours , et pour les autres jamais.

Cela est si vrai , qu'aux colonies , la question d'opportunité a toujours été soumise à une autre question , celle d'indemnité. Lisez les déclarations des conseils coloniaux , des colons eux-mêmes, de leurs délégués. Vous j verrez sans doute beaucoup de considérations tendant à prouver que Témancipalion est inopportune ; mais presque toujours , par une contradiction naïve , ils concluent en disant que , si la France veut suivre l'exemple de l'Angleterre , et assurer aux colons le remboursement du prix de leurs esclaves , les colons s'empresseront de seconder toutes les mesures d'affranchissement. Ainsi, l'inopportunité réside dans le sacrifice; et s'il existait un moyen défaire que les colons reçussent Findemnité qu'ils réclament, sans que la France fût obligée d'en payer aucune fraction, j'ose affirmer que l'opportunité de l'émancipation serait reconnue au même instant par les colonies et par la métropole.

N'importe. Acceptons, pour ce qu'ils prétendent être , ceux qui parlent tant d'opportunité. Admettons qu'ils déplorent , aussi sincèrement qu'ils le

disent, le grand scandale de l'esclavage; et qu'ils croient de bonne foi devoir remettre à quelques années d'ici pour s'en occuper. N'examinons pas leurs intentions , mais leurs arguments.

Ces arguments sont tous empruntés à l'exemple de l'Angleterre. Ce qu'ils y ont vu, ce n'est pas la nécessité d'entrer au plus vite dans la voie où l'Angleterre marche depuis trente ans ; c'est la nécessité d'attendre. L'Angleterre , disent-ils , a annoncé sa résolution longtemps avant de l'exécuter. Il faut agir avec la même prudence. L'Angleterre a préparé de longue main ses esclaves à la liberté. Il faut préparer aussi les nôtres. L'Angleterre enfin a tenté une expérience hardie. Il faut savoir en profiter, et ajourner, jusqu'à la fin de cette expérience, fadoption des mesures qui nous concernent.

V Angleterre a annoncé sa résolution longtemps avant de l'exécuter.

Rien de plus vrai ; l'abolition de la traite remonte à 1807; c'est en i8i4 et 1 8 1 5 qu'elle a été imposée aux autres puissances; et, en 1823 seulement, M. Canning a proposé le bill de résolution, qui lui-même a attendu dix années pour se convertir en une émancipation réelle ; enfin , ce ne sera qu'en 1840 que, par l'expiration de la période d'apprentissage , la dernière trace de ser-

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vitude aura disparu des possessions de la Grande- Bretagne.

Mais à qui fera-t-on croire que nos colons français n'aient pas reçu , eux aussi , de graves et nombreux avertissements ?

Il y a bientôt un siècle , qu'un homme , dont l'autorité était grande, et dont la voix a été écoutée avec respect par le nouveau monde et par l'ancien, Montesquieu prononçait une sentence qui depuis, répétée par des milliers do bouches , n'a cessé de retentir aux oreilles des propriétaires d'esclaves. Il disait :

« Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique , ils ont dû mettre en esclavage ceux d'Afrique pour s'en servir à défricher tant déterres.

» Le sucre serait trop cher si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.

» Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête, et ils ont le nez si écrasé, qu'il est presque impossible de les plaindre.

» Nous ne pouvons supposer que ces gens-là soient des hommes ; parce que , si nous les supposions des hommes , on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.

» De petits esprits exagèrent trop l'injustice qu'on fait aux Africains ; car, si elle était telle qu'ils le disent , ne serait-il pas venu dans la tête des

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princes de l'Europe , qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié?»

Il y a un demi-siècle , les lois de la constituante et celles de la convention , que dis-je , la liberté de fait donnée aux esclaves de toutes nos îles, l'interruption prolongée de la servitude dans quelquesunes, dans une autre, sa suppression définitive, donnaient à nos planteurs une leçon qui a manqué à ceux même de l'Angleterre.

Il y a un quart de siècle , la suppression de la traite leur rappelait, s'ils avaient pu les oublier, c^s avis solennels de l'opinion publique, de la législation et des faits. Ils comprenaient que cette propriété, dont la source était déclarée impure, ne pouvait pas subsister longtemps.

Enfin les actes de la Grande-Bretagne , ces actes mêmes dont on se prévaut sont-ils restés inconnus ou inintelligibles pour nos colons ? Ne s'adressaientils pas à eux aussi , pour leur dire que le temps avait marché ?

A ceux qui douteraient encore , à ceux qui penseraient que les propriétaires d'esclaves n'ont pas été suffisamment prévenus ; qu'en présence de tant d'événements, de tant de déclarations, de tant de [ois, en présence des discussions périodiques de la presse et de lu tribune , ils ont pu demeurer aveu-

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gles et sourds ; à ceux qui craindraient de les surprendre , en leur annonçant des mesures inattendues pour la suppression de l'esclavage ; à ceux-là je dirai : « Ayez au moins la bonne foi d'imiter vous-même l'exemple que vous nous engagez à suivre. Vous vantez la prudence de l'Angleterre, qui a fait précéder d'un bill de résolution , le bill par lequel la résolution est appliquée. Hé bien ! faites comme elle. Présentez une déclaration de principes ; ou, si vous craignez que nos usages parlementaires ne le permettent pas, insérez, dans le discours du trône ou dans les adresses des chambres, un paragraphe qui annonce l'intention formelle et irrévocable de supprimer l'esclavage dans toutesles colonies françaises. Je crois, pour ma part, qu'il y a beaucoup mieux à faire , et dans l'intérêt delà France, et dans l'intérêt des esclaves, et dans l'intérêt des colons eux-mêmes. Mais à défaut de mesures positives, j'accueillerai vos paroles officielles , comme un progrès véritable dans la question.

L! Angleterre , ajoute-t-on , a préparé de longue main ses esclaves à la liberté.

Sans doute, on n'entend pas parler ici des esclaves de la Guyane anglaise , dont la grande majorité ne sait ni lire ni écrire ; qui manquent d'églises, même dans des quartiers les plus peuplés; qui sont obhgés de célébrer le service divin dans

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les sucreries , et ne le célèbrent pas quand la fabrication du sucre a lieu. On n'entend pas parler non plus de la Jamaïque, de la Dominique , de Sainte- Lucie, et des autres îles anglaises, où la même incurie a été signalée et constatée il v a peu de temps. C'est à une seule colonie, à celle d'Antigues, qu'on fait allusion. Là, il est vrai, l'instruction , les sentiments moraux et religieux sont, on peut le dire, universels ; là, un cinquième de la population totale fréquente les écoles, ce qui laisse bien loin en arrière , et la France , et la Prusse , et les pays les plus avancés. Mais , à Antigues , les frères Moraves ont douze ministres et i5,ooo adeptes; mais Antigues paye i5o,ooofr. chaque année pour l'entretien de cette mission, qui a fondé autant de temples que d'écoles ; mais Antigues est malheureusement une exception , dojit l'éclat, exclusivement dû au zèle religieux d'une société particulière, fait mieux ressortir la néghgence et l'inertie que le gouvernement anglais a apportées dans l'accomplissement d'un de ses devoirs les plus essentiels.

S'il est inexact de dire que l'Angleterre ait beaucoup fait pour préparer ses esclaves à la liberté, il l'est encore plus de dire que la France n'ait absolument rien fait pour les siens.

Trois grands actes ont amené dans nos colonies de nombreux et incontestables progrès.

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Le premier est l'abolition de la traite (qu'onme pardonne de revenir si souvent à ce fait , qui domine toute la question}. Depuis que l'introduction des noirs d'Afrique, sans cesser entièrement , a rencontré de sérieux obstacles, nos esclaves ont été préservés du contact des mœurs sauvages que les nouveaux venus apportaient avec eux. Un autre résultat plus important encore a été obtenu. La vie des noirs est devenue plus précieuse. De là , tous ces adoucissements à leur sort , que l'humanité avait en vain réclamés , et que fintérét a obtenus sur-le-champ. Et non-seulement leur sort a été adouci ; mais ils sont entrés jusqu'à un certain point en partage avec leurs maîtres. Beaucoup ont cessé de recevoir d'eux leurs aliments, leurs habits , et ont commencé à se les procurer eux-mêmes, au moyen de leur travail, dans les jours de Hberté et sur le terrain dont ils ont reçu la jouissance; beaucoup sont devenus propriétaires d'un petit pécule. Enfin , un pas considérable a été fait vers la vie intelligente de l'homme responsable, qui travaille pour son propre compte , et pourvoit à ses propres besoins.

Un progrès non moins important est résulté de la loi du 24 avril i833, qui a établi enfin l'égalité absolue entre les hommes de couleur et les blancs. Je ne voudrais, pour preuve des changements opérés dans nos colonies par la seule force

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du temps et de la nécessité, que le calme avec lequel a été accueillie et exécutée une mesure , qui seule, en 1793, avait soulevé les deux races l'une contre l'autre. La loi de i833 n'a sans doute pas posé les bases d'une émancipation générale, puisqu'elle a placé dans le domaine de l'ordonnance tout ce qui concerne les alîrancliissements, laissant ainsi de côté la solution du grand problème, qui ne peut dépendre, quoi qu'en aient dit les colons, que du seul pouvoir législatif. Mais elle a cependant relevé tous les esclaves, en relevant jusqu'au niveau des blancs les esclaves affranchis. Elle a créé ainsi le travail des noirs libres , qui , jusqu'au jour où ils ont été déclarés citoyens français , avaient dû éviter tout ce qui semblait les rapprocher de cette race esclave , avec laquelle on a si longtemps afibcté de les confondre. Enfin , une ordonnance récente a facilité les affranchissements , dont le nombre , en effet, s'est accru dans une remarquable proportion. Je compte signaler plus loin l'importance des affranchissements volontaires, et la part qu'ils doivent prendre à f exécution d'une mesure d'émancipation partielle et successive , telle que je la conçois. En ce moment, il me suffira de faire observer que, partout où fidée du maintien de la servitude domine , les aftranchissements sont entravés.

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Notre ancienne législation en fournit la preuve la plus convaincante ; et, à son défaut , on pourrait demander cette preuve au seul peuple qui n'admette aujourd'hui aucune arrière-pensée d'émancipation; k un peuple dont la terreur et la haine sont singulièrement clairvoyantes , et qui a proscrit tout ce qui pouvait amener, même à pas lents, un résultat dont il s'effraie; je veux parler des populations de la Virginie , de la Caroline et des autres états du sud de l'Union. Là, l'affranchissement d'un noir est entouré de tant de formalités et d'entraves , qu'on a vu un père chercher pendant de longues années à rendre libre l'enfant illégitime qu'une esclave lui avait donné, et mourir bourrelé de douleur et de remords , avec cette pensée déchirante , que son fils , après lui , serait vendu à un autre maître, et traînerait dans la servitude la déplorable vie qu'il avait reçue de lui.

Dans les mêmes états , on a compris tout le danger de l'instruction des noirs , et la loi défend de leur apprendre à lire et à écrire. Voilà l'esclavage logique , qui a conscience de lui-même , qui veut se maintenir coûte que coûte, et qui, pour atteindre le but , ne recule pas devant les moyens. Chez nous, Dieu merci, l'institution est encore attaquée de ce côté; et bien qu'il y ait beaucoup à blâmer dans l'organisation actuelle des ressources

destinées à l'éducation religieuse et morale des esclaves ; bien que le gouvernement , les chambres, les conseils coloniaux , aient tous, sur ce point, des reproches à se faire; il est évident que la masse des noirs a reçu une certaine culture , qui , tout incomplète et iusullisante qu'elle serait pour la liberté , est incompatible avec l'esclavage.

On insiste, et on dit : Sachons attendre, au moins, la fin de l expérience anglaise.

Nous avons, en effet, bon nombre d'hommes en France, si prudents, si ménagers de nos intérêts , qu'ils ne consentent à rien entreprendre qui n'ait été dûment expérimenté par les autres peuples , et surtout par l'Angleterre. Grâce au ciel , cet esprit de sagesse et de réserve n'a pas toujours prévalu ; car nous en serions encore à guéer les rivières , voyager à cheval , et combattre avec des flèches, en attendant les derniers perfectionnements des ponts suspendus , des machines à vapeur et des chemins de fer.

De bonne foi , si après les colonies anglaises , les colonies espagnoles , cent fois mieux préparées à la liberté , tentent à leur tour , comme il est probable, une expérience analogue ; ne faudra-t-il pas attendre encore ? Pourra-t-on exposer la France dans une route aussi peu frayée ? Ne faudra-t-il pas étudier ces nouveaux faits, et les mettre

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à profit pour éviter ( peuple heureux 1 ) les fautes de nos devanciers?

Et d'ailleurs, qu'appelle -t-on la fin de l'expérience anglaise? Sera-ce dans trois mois, quand tous les apprentis , non attachés aux cultures, recevront leur entière liberté? Sera-ce dans deux années , quand les apprentis ruraux la recevront à leur tour? Mais non. On nous dira alors, et avec raison , que l'expérience n'est pas complète ; que si le bon ordre règne , il faut l'attribuer aux précaution de la métropole, qui partout a doublé les garnisons ; que , si le travail est maintenu sur quelques points , il faut l'attribuer à la force d'une habitude dont le temps seul peut triompher ; que si d'autres cultures sont abandonnées , il faut l'attribuer à la première efïervescence de la liberté. On nous dira, qu'ayant tant fait que d'attendre, il faut attendre encore , pour s'assurer de la situation définitive où se trouveront les nouveaux libres et les anciens maîtres. Et cela sera évident. Oui , c'est se moquer que de jeter dans la discussion des mots aussi vides de sens que ceux-ci : La fin de ï expérience anglaise. C'est se moquer, que d'assigner à notre juste impatience un terme aussi incertain , aussi ridiculement indéterminé que celui-là.

Je vais plus loin. Je n'accepte pas, pour ma part, l'autorité de eelte expérience. Je l'ai déjà

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dédaré , et je l'établirai plus loin avec quelque détail; l'Angleterre n'a rien fait pour ménager la transition de l'esclavage à la liberté. Si elle a déployé une noblesse , une générosité d'intentions auxquelles j'ai dû rendre un hommage sans réserve ; elle s'est montrée imprudente dans la rédaction de son bill , négligente dans son exécution. Sans croire à un insuccès absolu, je crois qu'une souffrance assez générale résultera de cette grande mesure; et il m'est permis de récuser une expérience dont je n'admets nullement les bases. 11 m'est permis de dire qu'elle ne peut rien prouver contre le mode d'affranchissement que je propose, et qui, plus lent que fémancipation anglaise, est entouré de toutes les garanties qui manquent à celle-ci.

Mais j'arrive à une considération plus grave. Le seul résultat de l'expérience anglaise; c'est la liberté de tous les esclaves qui habitent les possessions de la Grande-Bretagne. Un jour viendra , un jour solennel, où les derniers vestiges de la servitude seront abolis dans toutes les colonies. Le i" août 1840, un coup de canon sera tiré à la Jamaïque et répété à Sainte-Lucie, à la Dominique, à Saint-Christophe. Ne craignez-vous pas qu'on ne l'entende à la Martinique et à la (Guadeloupe? Regardez autour de vous; vous allez vous trouver

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enserrés dans un cercle immense de liberté. Vous y toucherez de toutes parts. Cherchez autour de vous sur l'Océan. Ici, ce sont les îles anglaises; là, c'est Haïti libre; plus loin , ce sont Cuba et Porto- Riccoplus avancés que vous, et à la veille de l'affranchissement. Jetez les yeux sur le continent. Là encore la contagion vous enveloppe et vous poursuit. Votre Guyane touche à la Guyane anglaise; le Pérou, le Chili, Buenos-Aires, la Colombie, Guatimala, toute l'Amérique méridionale enfin, secoue l'esclavage; le Mexique l'a aboli, et la servitude des états du sud de l'Union est plus menaçante pour vous que la liberté des autres peuples. Ah ! si vous-mêmes, dès à présent, vous nous déclarez que la lime du temps a rongé les fers de vos esclaves , qu'ils ne tiennent plus qu'à un fil ; que le plus léger effort de leur part peut le rompre (i); si Faspect lointain de l'apprentissage anglais suffit déjà pour vous enlever vos noirs; s'ils fuient par centaines sur ces îles à moitié libres où vous les réclameriez en vain; si vos conseils sont obligés de doubler la garde des côtes ; si enfin , la servitude s'échappe de chez vous par tous les pores , et menace de faire explo-

(i) Pétition d'un propriétaire d'esclaves à la Chambre des Uf'putés, i83(;.

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sioii ; liàtez-vous , je vous en supplie , dans votre propre intérêt ; liàtez-vous d'ouvrir cette soupape, qui seule peut prévenir votre ruine. Reconnaissez qu'il n'est pas seulement opportun , mais nécessaire, mais urgent, de poser des bases d'émancipation. Mettez à profit cette heure marquée par la Providence , cette heure fatale qui sépare seule les concessions volontaires des concessions forcées; et souvenez-vous de ces belles paroles d'un orateur qui, dans la dernière discussion de la chambre, a su se maintenir à la hauteur de la question : « Les idées prennent leur niveau comme l'Océan. »

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