‹ Esclaves, serfs et mainmortables (volume 2)Chapitre 19 sur 87 · Vopiscus, Aurelianus · texte numérisé non relu

Vopiscus, Aurelianus

l’esclavage eomain.

de Rome, dit Tertullien, étaient empestées par l’haleine de tribus, de curies et de décuries entières sortant de table. Lucullus distribue un jour à la foule cent mille tonneaux de vin grec. Tel ricbe Romain assure au peuple des bains gratuits ; tel autre fait raser les prolétaires à ses frais. Des empereurs s’amusent à leur jeter l’argent à pleins mains, pendant des journées entières, du baut des monuments publics. D’autres leur jettent des billets de loterie. Depuis le souverain et les plus grands personnages de l’État, jusqu’aux plus modestes magistrats municipaux, jusqu’aux citoyens des plus petites villes, tous se ruinent en largesses, en spectacles, en festins offerts à la foule oisive et pauvre. « Rien n’est folâtre, disait un empereur, comme le peuple romain quand il a bien dîné (1). » Faire dîner tous les jours le peuple romain, c’était une grande partie de la politique intérieure des Césars. A vrai dire, à moins d’une réforme radicale, qu’ils n’étaient ni assez forts ni assez vertueux pour opérer, il leur eût été difficile de choisir une autre politique, puisque, sur la surface entière de l’empire romain , des millions d’hommes libres étaient exclus du travail. A Rome, comme à Athènes, — mais sur une échelle infiniment plus étendue, puisqu’il s’agit de tout le monde civilisé, et non plus seulement d’une petite province

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