Sénèque, De Benef., VII
L ESCLAVAGE BOMAIN.
tés, ils étaient embrigadés, sous la direction d’intendants, de sous-intendants, de contre-maîtres, de gardes champêtres et forestiers, esclaves aussi. Les vêtements mêmes de tous ces esclaves étaient faits à la ferme. Bien n’était demandé au travail, du dehors. Les quelques ouvriers libres qui étaient restés dans les campagnes désertées finissaient par se mêler à ces troupes d’esclaves, s’associer à leur genre de vie et à leurs labeurs, se confondre avec eux : tout vestige de population libre disparaissait. En général, les plus mauvais esclaves des villes étaient envoyés aux champs. Quelquefois on les faisait travailler enchaînés, de peur qu’ils ne s’échappassent. On les marquait au front, afin qu’ils fussent reconnus en cas de fuite. Ils logeaient dans des prisons souterraines, les surveillés par de
véritables geôliers appelés ergastularii.
Pline déclare que « la culture des champs par la population des ergastules est détestable. La terre se resserre, dit-il avec une sorte d’indignation, sous ces pieds enchaînés et ces mains liées qui la touji^chent (1). 55 Même les esclaves qui, au service de maîtres humains, comme le second Pline, travaillaient délivrés d’entraves, ne pouvaient tirer du sol les moissons qui en jaillissaient jadis sous le hoyau des petits propriétaires et des fermiers libres, désor-