‹ Esclaves, serfs et mainmortables (volume 2)Chapitre 22 sur 87 · Pline, Hist nat, XVIII · texte numérisé non relu

Pline, Hist nat, XVIII

ESCLAVES, SEBES, MAINMOBT ABLES.

mais chassés des campagnes envahies par l’esclavage. Comme le paysan de Virgile, ces gens privés de liberté n’étaient que des agriculteurs inertes (1). Si quelque passant admirait leurs brebis, ils répondaient, avec l’amertume de cet autre berger qu’ André Chénier a mis en scène dans une admirable idylle :

Que m’importe ? est-ce à moi qu’appartient le troupeau ? Je suis esclave...

Si l’on vantait devant eux la fécondité de leurs champs, ils secouaient la tête, et disaient :

Moi, j’ai des yeux d’esclave, et je ne les vois pas.

Je n’y vois qu’un sol dur, laborieux, servile,

Que j’ai, non pas pour moi, contraint d’être fertile ;

Où, sous un ciel brûlant, je moissonne le grain Qui va nourrir un autre et me laisse ma faim.

Voilà quelle est la terre, elle n’est pas ma mère,

Elle est pour moi marâtre (2)...

La terre, en effet, devenait marâtre, et la production agricole était en pleine décadence. Autrefois l’Italie se suffisait à elle-même ; sous l’empire, Eome-

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