LES ESCLAVES DANS LA SOCIÉTÉ CHEÉTIENNE
Tel est le fond de la pensée clirétienne. Professant de pareils principes, TÉglise primitive devait travailler sans relâche à l’abolition de l’esclavage. Elle le fit comme elle fait toutes choses, parlant peu,, agissant beaucoup. Pour accomplir cette œuvre, il fallait, tout en maintenant provisoirement les "esclaves dans l’obéissance, apprendre aux maîtres à considérer ceux-ci comme des frères et des égaux, les pousser doucement dans les voies d’affranchissements de plus en plus nombreux, et, en même temps, relever aux yeux de tous le travail libre, afin que, à mesure que le monde aurait moins d’esclaves, il eût plus d’ouvriers.
LA SOCIÉTÉ CHKÉTIENNE.
L’Eglise commença par donner l’exemple, en montrant que si, dans la société civile, les inégalités créées par l’esclavage existaient encore, on ne les comptait pour rien dans la société religieuse. Elle appela les esclaves aux sacrements, au sacerdoce, à la sépulture chrétienne, en même temps et au même titre que leurs maîtres.
« Nous avons tous été baptisés en un seul Esprit, dit saint Paul, et formés en un seul corps, Juifs et Gentils, esclaves et libres (1). L’Église se réjouissait de voir les hommes libres et les esclaves descendre confondus dans la piscine baptismale, et en sortir ensemble revêtus de la robe blanche des enfants de Dieu. Considérant le maître chrétien comme ayant charge d’âme, elle lui avait demandé d’abord si son serviteur était digne du baptême : cet acte de prudence accompli, elle n’avait plus mis aucune différence entre eux. La parole sainte leur était également adressée : quand on parcourt les premiers monuments de la prédication chrétienne, on y découvre toujours quelque mot simple et tendre spécialement destiné aux esclaves. Les catéchistes et les docteurs s’efforcent, dit Origène, de leur montrer comment ils peuvent, par la religion, prendre une âme d’hommes libres. « Lisez saint Cyrille de Jérusalem, saint Grégoire de Nazianze, saint Jean Chrysostome, vous