‹ Esclaves, serfs et mainmortables (volume 2)Chapitre 41 sur 87 · E. Eenan, L'Antéchrist. Paris, 1873, p · texte numérisé non relu

E. Eenan, L'Antéchrist. Paris, 1873, p

ESCLAVES, SEEES, MAINMOET ALLES.

clave s’appelaient frères (1). jj Ils s’appelaient frères ^ aussi, sur l’écliafaud et jusque sous la dent des lions.

Clément d’Alexandrie, saint Jean Chrysostome ont célébré avec entbousiasme les esclaves martyrs. Quelquefois même les païens en ont parlé avec l’ac^ cent d’une stupéfaction profonde. « Les cbré tiens, dit le sophiste Eunape, honorent comme des dieux des hommes punis du dernier supplice ; ils se prosternent dans la poussière et l’ordure devant leurs sépulcres. Il nomment martyrs des esclaves infidèles, qui ont reçu le fouet, qui ont porté sur leur corps les cicatrices des châtiments causés par leurs crimes et les traces de leurs scélératesses, j? Comment le paganisme n’eût-il pas été étonné ? Il appelait les esclaves des corps » : c’est sous ce nom qu’on les vendait à Athènes et que les désigne souvent la littérature latine. « Nous sommes des âmes, w répondaient ceux-ci en mourant pour la liberté de leur conscience. Les esclaves, disait Sénèque, n’ont pas le pouvoir de dire non, » et, traînés devant les idoles, ces esclaves répétaient intrépidement le non possumus de l’apôtre. C’était la révolte, ceci, la révolte des esclaves : non point la révolte conduite par un Spartacus, et versant à flots le sang romain, mais la révolte conduite par l’Église, la révolte pacifique de héros qui versaient leur propre sang, et

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