Klôn, Inscriytions de Syra, Athènes
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pars Pliocæ, qui est distribuée aux pauvres du premier port od Ton aborde. Qui n’admirerait la manière aimable dont ces matelots du quatrième siècle savaient sanctifier le travail manuel par la cbarité ! De même saint Jean Chrysostome recommande à tous les clirétiens d’avoir dans leur chambre, près de leur lit, un tronc des pauvres : « l’artisan, dit-il, cordonnier, corroyeur, forgeron, quel que soit son métier, y mettra les prémices de ses gains. 5)
C’est l’époque où la vie monastique, en Orient et en Occident, jetait de profondes racines . Dans les sables de la Thébaïde, dans les champs de la Palestine, dans les îles de la Méditerranée, dans les palais de Rome transformés en couvents, partout où il y avait des moines, il y avait des ouvriers modèles. La prière, la pénitence, le travail, non seulement de l’esprit, mais des mains, telles senties obligations essentielles imposées aux moines par tous les législateurs, par saint Basile, par saint Augustin, plus tard par saint Benoit : saint Basile préfère même le travail au jeûne. Dans les monastères des premiers siècles se pressent d’illustres personnages, qui ont jeté l’habit de sénateur pour revêtir la tunique de bure de l’ouvrier, devenue le costume du moine. D’anciens préfets de Rome, de grandes dames, des parentes d’empereurs, bêchent la terre, nettoient les lampes, balaient le pavé, épluchent
l’ouveier libre.
les légumes, allument le feu, mettent la table dans quelque couvent de Palestine ou d’Afrique. “ Quand tu étais riche, écrit saint Jérôme à un consul qui avait pris l’habit monastique, le monde ne te connaissait pas : tu t’es fait pauvre, et l’univers entier a les yeux sur toi. j? L’univers, c’est-à-dire la foule des humbles et des petits, regardait, comprenait, admirait et imitait.
Partout se montrent ces ouvriers sublimes, qui ont aliéné leur liberté pour enseigner à tous le travail libre. Il semble qu’ils disent à leurs contemporains ce que saint Louis, au moyen âge, disait à son frère, en parlant d’eux : “ Les moines ne se reposent pas, vous ne devez pas vous reposer non plus (1). jj Cette leçon, ils la donnent non seulement à la civilisation romaine, mais encore à la barbarie. Là oh les premiers missionnaires n’avaient pas pénétré, dans quelque coin écarté de la Gaule, dans les ténébreuses forêts de la Germanie, ils s’avancent, ils poussent la charrue à travers le désert, ils rassemblent autour d’eux les sauvages populations, ils leur apprennent à cultiver la terre et à prier Dieu, à s’abstenir du meurtre et à travailler. Lisez les Annales de la 'Propagation de la Foi J ce recueil trop peu lu, même des chrétiens : vous y retrouvez la même histoire, il n’y a
1 . Confesseur de la reine Marguerite, dans le Recueil des historiens de France, t. XX, p. 87.
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que les noms et les dates de cliangés. « On parle des premiers siècles clirétiens, a écrit M. de Maistre, est-on sûr qu’ils soient terminés? « Certes, ils ne le sont pas partout où il y a encore des missionnaires et des martyrs. Ce que nous avons lu de l’Irlande et de la Germanie, nous le voyons se reproduire de nos jours en Guinée et au Gabon. Là aussi, les peuplades barbares ne croient qu’au prêtre et au religieux qui défriche le sol en même temps que les âmes.
Ainsi le monde a rappris le travail libre. Le christianisme a relevé l’esclave, l’a traité comme l’égal de tous, lui a rendu des autels, un foyer ; de lui, qui n’était qu’une chose, a refait une personne ; et en même temps le christianisme a fait sortir peu à peu, des entrailles de la société qui se formait au souffle de l’Évangile, un être nouveau, l’ouvrier libre. Dès lors l’esclavage est frappé de mort : puisque l’esclave est reconnu capable de tous les droits inhérents à la personne humaine, il n’est plus, à proprement parler, un esclave, et puisque l’homme libre a repris goût au travail, l’esclavage n’a plus de raison d’être. Telle est la grande révolution dont nous avons esquissé le début. Elle n’est point accomplie, mais elle est entièrement préparée au moment où l’empire romain va s’écrouler. Augustin Thierry l’a reconnu : pendant toute la période qui précède cette grande crise, « l’esclavage a été attaqué dans son
l’ouveiee libee.
principe et miné sourdement ou transformé par le christianisme (1). » Et nous pouvons dès à présent entrevoir la conclusion formulée par Montesquieu : « Le christianisme a aboli en Europe la servitude civile (2). »