LA ROYAUTÉ ET LES SERFS
du Dauphiné en 1367, d’une partie de la Bretagne en 1484 (1). On pourrait ajouter bien d’autres indications à celles-ci ; ainsi, en Bourgogne et en Franche-Comté, le servage fut aboli au douzième siècle sur les domaines du duc; en Normandie, selon M. Léopold Delisle (2), en Touraine, selon M. Grandmaison (3), on n’en trouve plus de trace à partir de la même époque : on ne sait s’il exista jamais en pays basque. Quant à la Bretagne, l’ordonnance rendue par le duc François II en 1484 s’applique seulement aux serfs de motte des évêchés de Cornouailles et de Léon, car, pour le reste du duché, on ne rencontre dans les cartulaires, au témoignage de M. de Courson et de M. de la Borderie, aucune trace de servitude après le dixième siècle et l’invasion normande (4).
Les motifs qui portèrent les rois et les seigneurs à donner l’impulsion décisive à ce mouvement général d’affranchissement furent multiples ; on peut les ramener à trois : la religion, l’intérêt de la culture, l’intérêt fiscal.