‹ Esclaves, serfs et mainmortables (volume 2)Chapitre 72 sur 87 · LA LOYAUTÉ ET LES SELFS · texte numérisé non relu

LA LOYAUTÉ ET LES SELFS

dont l’érudition moderne retrouve sans cesse de nouveaux témoignages, s’est partout altéré dès que le sol disponible a commencé à faire défaut. Les propriétaires, loin de s’autoriser de la coutume pour retenir les jeunes ménages au sol natal, trouvèrent profit à les affrancliir^ afin de se soustraire aux cliarges d’assistance que la coutume imposait et que l’occupation complète du territoire rendait plus onéreuses. Là fut en Occident la cause spontanée de l’émancipation des serfs et de l’élévation graduelle des populations rurales (1). jj C’en fut l’une des causes, en efiet, mais non la seule, ni peut-être la plus efficace.

L’une des plus puissantes paraît avoir été le besoin d’argent que commençaient à ressentir les rois et les seigneurs dans le premier quart du quatorzième siècle. A cette époque régnait dans les campagnes — ces grasses et plantureuses campagnes de France tant admirées de Froissard — une aisance, un bienêtre que la guerre de Cent ans ne devait pas tarder à leur enlever. L’agriculture était fiorissante, l’élevage n’était pas moins perfectionné que de nos jours (2). La population, au jugement de MM. de

1. A. Delaire, dans la Revue des Deux Mondes, 1^^' juillet 1877,

2. Léopold Delisle, Études sur la condition de la classe agricole et Ve'tat de V agriculture en Normandie au moyen âge, introd., p. xxxyiii

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