République^ VIII ; tr. Cousin, t. X, p
l’esclavage en okient et en gkèce.
les faire rester plus tranquillement dans l’esclavage (1).
On ne pourrait trouver chez les philosophes de la Grèce un mot favorable à l’abolition de l’esclavage. Pour eux, il est une nécessité sociale ; l’homme appartient avant tout à la cité: or, le citoyen, pour remplir tout son devoir envers l’État, doit être un homme de loisir ; il faut que d’autres travaillent pour lui assurer ce loisir : d’où la légitimité de l’esclavage. Ce point de vue étroit domine toute leur morale : emprisonnés en quelque sorte dans l’idée de cité, ils ne peuvent s’élever à celle de la fraternité universelle. Platon, dans les premiers livres de sa Bépiiblique, semble concevoir l’idée d’un État où il n’y aurait pas d’esclaves ; mais que l’on poursuive la lecture de ce traité fameux, on y verra bientôt l’esclavage paraître, et Platon se bornera, en définitive, à donner aux citoyens de son État imaginaire le conseil de ne point avoir d’esclaves de race grecque, parce que toutes les cités grecques appartiennent à une même patrie : ils ne devront réduire en servitude que des barbares (2). Dans le traité des Lois, il considère l’esclavage comme inévitable ; il en énumère les inconvénients ; il recherche les moyens d’y remédier, mais il accepte la so-