‹ Esclaves, serfs et mainmortables (volume 2)Chapitre 9 sur 87 · Bépublique, Y ; tr. Cousin, t. IX, p · texte numérisé non relu

Bépublique, Y ; tr. Cousin, t. IX, p

ciété grecque comme elle est, et ne paraît pas' soupçonner qu’un jour viendra où pourra disparaître « cette disposition de libre et d’esclave introduite par la nécessité (1) ».

L’esprit rigoureux d’Aristote va plus loin encore : il est, pourrait-on dire, le théoricien de l’esclavage. Comme s’il eût voulu échapper à un importun scrupule d’humanité, à une sourde protestation de la justice, il s’efforce de justifier à ses propres yeux et aux yeux de ses compatriotes ce fait brutal sur lequel toute la société antique reposait. Aristote ne veut pas qu’un citoyen soit laboureur, et qu’il courbe sa noble stature sous des travaux qui dégradent le corps. Qui donc fera ces travaux ? Puisqu’ils sont indignes des hommes libres, et cependant indispensables, il faut au moins, jusqu’au jour où les machines pourront les remplacer, qu’il y ait dans l’humanité des êtres inférieurs destinés à cet emploi (2) . Il y a des esclaves par nature. Ce sont ceux qui sont inférieurs à leurs semblables autant que le corps

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