Platjte, BaccMdes, I, ii
2. Plaute, Captivi, II, i, 133; Pétroxe, Satyricon, 75; Sénèque, Controv., TV.
l'esclavage EOMAIX. 51
ces de mollesse où l'habitude de vivre portés, pour ainsi dire, entre les bras de leurs sei^teurs^ avait plongé un gi^and nombre de maîtres. Ils ont un esclave spécial pour chaque partie de leur toilette, pour chaque pièce de leur vêtement, pour chaque mets de leur table, pour chaque espèce d'argenterie, pour chaque genre de bijou, pour chaque sei'^'ice, pour chaque plaisir. Accoutumés à ne rien faire par eux-mêmes, à tout faire faire par autrui, il ne savent même plus vouloir. Ils sont devenus incapables d'un effort : énervés, abattus, presque anéantis, ils succombent à l'excès des jouissances, comme on meurt asphyxié sous les roses. " Ils passent leur journée à se faire promener çà et là dans leur chaise ou leur litière : il faut que quelqu'un les avertisse quand l'heure est venue de se laver, de se baigner, de prendre lem^ repas. Ils ne savent même pas s'ils ont faim. Un de ces délicats disait, quand, après avoir été retiré du bain, il avait été déposé par ses esclaves sur un siège : " Est-ce que je suis assis? — Il ne sait pas s'il est assis ! s'écrie Senèque : sait-il bien s'il est vivant (1) ? »
Si encore tant de mollesse avait pu éteindre toute férocité au fond de ces cœurs avilis ! Mais non : les possesseurs d'esclaves connurent toutes les ivresses, toutes les colères, tous les excès qu'en gendi'e le pou-