MoxTALEMBEPvT, Lcs Moincs d^Occidcnt, t. III, p
194 ESCLAVES, SERFS, MAINMORTABLES.
ils ont merveilleusement accompli les devoirs de cette très noble mission. Eux seuls eurent le droit et le moyen d'arrêter la rude main du pouvoir, de mitiger les justes sévérités de la loi, de montrer une lueur d'espérance à l'œil du serf, et de trouver même, dès ce monde, une place et des ressources pour tous les abandonnés dont l'Etat ignorait l'existence (1). ;? Au septième siècle, le moine évêque Aidan consacre au rachat des esclaves les dons qu'il tenait de la munificence des Anglo-Saxons, s'attactiant surtout à sauver ceux qui, selon l'expression de Bède, avaient été injustement vendus : ce qui signifie probablement ceux qui n'étaient pas des prisonniers étr£ingers,mais des esclaves indigènes d'origine libre. A la même époque, saint Wilfrid, recevant du roi de Sussex un vaste domaine pour y fonder un monastère, commence par baptiser et affranchir les deux cent cinquante serfs et serves qu'il y trouve. Ce fut un évêque qui parvint à mettre fin, en Angleterre, à l'exportation des esclaves. « Chez les Xorthumbriens, dit Lingard, l'habitude et l'amour du gain défiaient tous les efforts de la législation. Les habitants de Bristol furent les derniers à abandonner cet infâme trafic. Leurs agents parcouraient toutes les parties de la contrée, mettant surtout un haut prix aux femmes enceintes ; et des vaisseaux chargés d'esclaves met-