Kemble, Saxons in England, t. Il, p
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talent régulièrement à la voile de ce port vers ceux d'Irlande, où Ton était assuré d'un débit prompt et avantageux. Cependant leur obstination, qui résistait à toute la sévérité des magistrats, céda au zèle de Wulstan, évêque de Worcester. Ce prélat visita Bristol plusieurs années de suite ; il résidait des mois entiers dans le voisinage et prêobait tous les dimanches contre la barbarie et l'impiété des trafiquants d'esclaves. A la fin, les marchands, convaincus par ses discours, résolurent dans une assemblée solennelle de renoncer désormais à ce négoce. Un d'entre eux ayant osé, peu de temps après, violer son engagement, fut condamné à perdre la vue (1). n
Quand, au onzième siècle, Guillaume de Norman- , die s'empara à son tour de l'Angleterre, il y trouva l'esclavage personnel presque entièrement détruit. Comme en France à la même époque, le servage le remplaçait. Le registre cadastral connu sous le nom de Bomesday BooJc, rédigé par l'ordre du conquérant en 1086 et contenant, avec la valeur et les obligations des diverses terres, l'indication du nombre et de la condition des habitants fixés dans chaque district et sur chaque propriété, divise en
1. LiNGARD, Histoire cV Angleterre, trad. de Eoujoux, Paris, 1846, 1. 1, p. 168. — Sur les efforts de l'Eglise contre l'esclavage pendant la période saxonne, voir anssi Green, Histonj of english people, p. 54.
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plusieurs classes la population laborieuse des campagnes. Il y a d'abord les tenanciers libres, ou sochemannii, au nombre de 23,000, soumis à des obligations féodales, mais jouissant d'une entière liberté personnelle et de tous les droits de la propriété. Viennent ensuite lesvillani, au nombre de 108,400. " Le vilain (en Angleterre) est serf de corps et de poursuite (1), il peut être vendu et n'a aucun droit sur la terre à laquelle il est attacbé et que le seigneur peut lui enlever suivant son bon plaisir. Le vilain fournit des services bas et incertains, laboure la terre, charrie le fumier du seigneur et « ne sait pas le soir ce qui lui sera commandé le lendemain. » Il n'a rien à lui, et, quoi qu'il possède, le seigneur peut s'en emparer, à moins qu'il n'ait laissé échapper l'occasion en lui laissant le temps d'aliéner. Dans certains manors, le vilain doit acheter le consentement du seigneur au mariage de sa fille. Ses enfants naissent vilains comme lui. D'autre part, la loi protège le vilain, car il est sujet du roi dont la protection s'étend sur lui ; son seigneur ne peut le tuer, le mutiler ou faire violence à sa femme, à peine d'être cité devant le tribunal du roi, et le vilain peut appeler
1. Bcast en parlics, pissons en servors, oxiscaux en cages, dit un vieux jurisconsulte cité par Perrkciot, De Vétat civil des personnes et de la condition des terres en Gaule, t. II, p. CO. En France, au contraire, le vilain est un paysan libre.
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son seigneur en champ clos pour venger le meurtre de ses parents (1). « Les hordarii, cofarii, censarii, dont il est encore question dans le JDomesday BooTc, sont vraisemblablement des variétés de vilains. Le même registre compte également 25,156 servi et 467 ancillœ. Il s'agit certainement ici de serfs et de serves, avec ou sans tenures, et non d'esclaves domestiques : on ne comprendrait pas, s'il s'agissait de ce dernier genre d'esclavage, que 467 femmes seulement y fussent soumises dans toute l'Angleterre du onzième siècle, tandis que l'on comprend très bien que l'Angleterre ait compté, à cette époque, à côté de 25,000 serfs, 467 femmes, non mariées ou veuves, exploitant personnellement une tenure servile, comme ces colones ou serves que le Polyptique d'Irminon nous montre, seules, à la tête d'un manse (2). Il paraît donc certain que, dans la société laborieuse du onzième siècle, à côté du soccage, ou tenure libre, le servage existait seul, sous diverses dénominations. L'esclavage personnel avait déjà disparu, ou à peu près : dans le Domesday BooJc,