‹ Esclaves, serfs et mainmortablesChapitre 81 sur 111 · LE SERVAGE EN ANGLETEREE · texte numérisé non relu

LE SERVAGE EN ANGLETEREE

Cependant il demanda aux deux cliambres du Parlement s'il ne serait pas sage d'abolir tout à fait l'état de servitude. A l'unanimité la Chambre des lords et celle des communes répondirent négativement (1). Mais la question avait été trop nettement posée pour n'être pas résolue un jour ou l'autre. Si l'on en croit une tradition recueillie par Sliakspeare, l'un des plus grands seigneurs d'Angleterre, Henri de Lancastre, avait attiré la jalousie du roi en gagnant par ses manières affables l'amitié des serfs (2). Il est probable que, monté à son tour sur le trône après avoir renversé Richard, il ne changea point de sentiments. Cependant aucun document ne révèle d'effort positif de sa part en faveur de l'affranchissement des serfs. Celui-ci se fit insensiblement, par la force des choses. La sanglante guerre des deux roses, qui décima l'aristocratie anglaise au quinzième siècle, contribua à relâcher les liens entre les nobles et les vilains, et à libérer ceux-ci. L'influence religieuse doit aussi être comptée parmi les causes de leur libération (3).

Page 1