LE SERVAGE EN ANGLETEERE
plus dure, tantôt ne gagner la franchise personnelle qu'en perdant la tenure qui les faisait vivre. Tous les historiens constatent qu'après la suppression des couvents, la misère publique augmenta en Angleterre. Une insurrection qui éclata sous Henri VIII s'arma de ce prétexte : " Non seulement, disent les remontrances adressées au roi par les gens du Lincolnshire, le service de Dieu est moins suivi, mais les pauvres de votre royaume restent sans secours, et beaucoup de personnes se trouvent privées de leur subsistance et abandonnées (1). » Vainement le fondateur de l'Église anglicane fit-il, dans les quatorze ans qni suivirent la suppression des monastères, périr 70,000 personnes (2) ; vainement Edouard VI ordonna-t-il que tous les vagabonds seraient faits esclaves f s /«ves^ et assujettis au travail forcé ; vainement Elisabeth, après avoir lutté pendant tout son règne contre les mendiants qui infestaient l'Angleterre, fut-elle obligée de suppléer par la taxe des pauvres à l'aumône que donnaient autrefois les couvents (3) : le paupérisme ne put être airêté ; il a pris et il conserve le caractère d'im