LU CELLE, ALDOBRANDIN
Aldobrandin.
^'^ENïz , I.uccUe. Vous savez mes desseins : je vais Être votre époux au premier jour ; et la soumission que vous m’avez toujours fait voir à mes volontés va
COMEDIE
ilevenir pour vous un devoir encore plus indispensable.
Lu CELLE.
Puisque c’est mon devoir , vous y pouve* compter.
Aldobrandin.
Voili parler en fille raisonnable ; et je ne puis trop m’applaudir de mes soins. ComprcE aussi sur tout l’amour que mérite une docilité si touchante, et que je ne négligerai rien pour vous rendre heureuse.
Hélas ! que n’csr-il aussi aisé d’âtrc heureuse que d’erre sage.
Aldobrandin.
Votre bonheur est en bonnes mains ; j’en fais mon affaire. Voici à présent ce que j’exige de vous. Il m’importe, pour certain intérêt que vous saurcr, que le Seigneur Zima vous entretienne un quart-d’heurc. J’y ai consenti. Je ne sais ce qu’il a à vous dire, et je me suis engagé à ne point l’cnrcndrc; mais je serai présent : j’observerai toutes vos actions > et je veux que , les yeux toujours attachés sur moi , vous le laisûex parler tant qu’il lui plaira, sans lui répondre un seul mot.
Quoi! pas un seul mot?
Aldobrandin.
Pas un seul. Il faut m’obéir à la lettre.
Voilà qui est bien bizarre ! Eh ! que dira-t-il de moi }
B iij
i8 LE MAGNIFIQUE,
Aldobrandin.
Que TOUS importe ? ne vous suffit-il pas de ce que j’en pense ? Songez que désormais rien ne doit vous intéresser dans le monde que mes sentimens.
Lu CELLE.
Ma destinée le veut ; il faut bien vous complaire, Aldobrandin.
Arrangedns un peu tout ceci. ( It met deux chaifer auprès l'une de Vautre , d'un côté du Théâtre , et dit,, en les montrant à Lucelle : ) Voilà votre place , et voilà la sienne; et moi je vous observerai d’ici. ( Plaçantune troisième chaise de l'autre côté du Théâtre , auprès tTutu table. ) Les yeux sur moi ; prenez-y garde i