ALDOBRANDIN, LU CELLE
Aldobrandin.
C^üi , ma cherc I.ucclle , je suis charmé de la joie que vous a donné rétourdetie de Zima, Vous en
riez
COMÉDIE. tç
rici encore j et vous voyez par-là ce que c’est que les jeunes gens. Il lui en coûte sa maison pour s’ëtret fait moquer de lui ; et voilà comme ils sont tous faits. jRicn ne leur coûte à la moindre fantaisie qui leur passe par la tête : tout est sacrifié au moment présent. Ils appèlent cette dissipation , magnificence : mais cela ne va pas loin , et une, pauvre fille qui s’y laisse prendre est souvent surprise de ne trouver qu’un mari ruiné dans l’amant magnifique.
Oh ! je vois bien qu’un jeune homme n’est point le fait d’une jeune fille.
Aldobra^ndin. • .
Point du tout. Ils ont tant de mauvaises qualités l car ce n’est pas tout que leur dissipation , leur inconstance est encore pis. A peine sont-ils trois mois les maris de leurs femmes. Après quelques mois de passion ee quelques semaines de complaisance, un mépris marqué succédé à leurs empressemens. Ils se trouvent trop aimables pour sc réduire à ne faire que le bonheur d’une épouse. Ils co^urent de conquête en conquête , et ces petits Messieurs ne se croyent de mérite qu’à proportion de leur perfidie.
Bon dieu , qu’ils sont 'haïssables ! ' ' ' •
1 Aldobrand IM.
Plus qu’on ne sauroit'dîrc. Vous êtes trop heureuse t' Lucelle , que par le Choix qué je fais de vous , j& vous mette à couvert, de tous ces dangers. Vous mélitiez un homme de ma prudence et de mon àgc,
qui veHlit sans relâche à votre fortune , et de qui la maturité vous répondit d’un attachement solide.
Quelle comparaison de votre conversation à celle de Zi ma !
Aldobranoik,
Je crois qu’il t’a bien ennuyée?
Aussi js TOUS jure que je fais une grande ilifFclencc de vous à lui , et vous le verrez bientôt par ma conduite.
A L D O B R A N D I N , à -part.
J’ai fait là une bonne éducation.... J’entends quelqu’un.... C’est Horace.