SCENE III
TIKRENE, TKASIBULE, ESOPE, T I R R E N K.
Crésus à nos conseils préféré vos avis ;
Loin d’en être jaloux nous en sommes ravis :
Il ne sauroit pour vous faire voir trop d’estime.
Trasibule.
Quel ministre a-t-il eu d’un esprit plus sublime )
COMÉDIE héroïque. 41
Vous le servez si bien que d’un commun aveu ,
Quoi qu’il fasse pour vous , il fait encor tiop peu.
Combien ai-je d’Iphis souhait<5 la disgrâce ,
Pour avoir le plaisir de vous voir en sa place î 11 en étoit indigne , et vous la méritez.
Trasibule.
C’étoit un misérable en proie aux lâchetés y Qui pour toutes raisons écoutoit ses caprices ,
£t qui pour s’enrichir faisoit mille injustices.
Il étoit violent , vindicatif, brutal ,
Lent à faire du bien , prompt à faire du mal ,
Faisant tout son bonheur de traverUr le vôtre ,
£t n’obligeant quelqu’un que pour nuire à quelque autre; Un esprit inégal , un discernement faux.
Trasibule.
Je vais en un seul mot dire tousses défauts:
Crésus avec raison l’extermine et l’assomme;
Il n’est pas sur la terre un plus mal-honnête homme. A vous en déEcr vous avez intérêt :
Il est fourbe , et méchant. . . .
Esope.
Dites-moi, s’il vous plaftÿ Vous fairois-je plaisir de vous dire une Fable ,
Sur le coup imprévu dont la rigueur l’accable î Sa peinture et la vôtre y sont en raccourci.
Je vous en prie.
Trasibule, ^ '
F.t moi , je vous en prie aussi.
J’en conçois, par avance, une id<5e agréable,
Esope.
N’en perdez pas un moc , tout en est profitable.