‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 32 sur 118 · IPHICRATE · texte numérisé non relu

IPHICRATE

» Si je devois mourir dans une heure ?....

Esope.

Oui.

IFHICRATX.

La choc*

a» Cst un peu délicate , et je ne sais pas bien. . . .

« Croiriez-vous quelque chose, ou ne croiriez- vous rleii? « Vous, et tous vos pareils , qui semblcz intrépides,

» A l’aspect de la mort vous êtes si timides

ki ÉSOPË A LA COUR

« Que pour un insensé qui craint d*ouvrit les yeux » w MHic de cris perçans importunent les Dieux.

» S’il vous falloit mourir que croiriez-vous ?

iPHICRATE.

Peut-être

» Que mon cœur combattu par la peur du non-être.... Ésope.

»£h ! Morisieuc, le non-être est ce qu’on craint le moins :

» LafAnrr'fl^êtit %ouj6irrs tueuse bien d’autressoins ; ».Le pilüSé'Éaîtitrdnlb’lêt , l’^v^nir embarrasse.

M iSiais , êàhs ■rioùs écartêr , tdpbndez-fnbi , de graeç. ««ivCKus deviez mourir tkmstrtfe 'hêure, auplot urrd , » Qüe'croîrict-vbos ? parler , 'sam énigtnt’etsatKÏârd,

Iphicrats.

vï Sans énigme et sans fard l je ne suis pas un homme » Qui par le nom d’athée aime qu’on me renotiime.

SI Je ne dispute point pour vouloir disputer }

» Je cherche à m’éclalrcir ,Ut non pas à douter,

M Loin d’av'bîr du plaisir , j'aî de l’inquiétude n A doter dans le trouble et dans l’incenitude»

» Et , chagrin contre moi d’avoir ainsi vécu ,

V Le bonheur où j’aspire est d’être convaincu.

« J’ai vu la mort de près dans plus d’une batailles •> Je l’ai vue i l’assaut de plus d’une muraille, n Sans que dans ce péril elle ait pu m’inspirer '«Ni de cioîre des Dieux , ni 'de les 'implorer. «*Pcut-Btre ma carrictc approctaiht 'de son rérrrrtî , a> Que dans ces 'icnïiiWiis '|ê ne sois plus si'ferme s

COMÉDIE Héroïque.

v> tt que si dans une heure , au phia tar4 , je gnoiuroifi, 5> Plus juste , ou plus craintif, je l« imçloreçois.

'S* Eh i que ne fait-on point quand il faut que Ton meure !

is Q R E.

» Votre raison alors sçfa>t^ell< meilleure?

5> Aurez-vous de l’esprit plus que vous n’en avçz ?

•a> Saurez- vous sur ce point plus que vo^us ne savez ?

Seront-œ d’autres Dieux, ou sera-ce un autre l\otnpn(e? s> Pouvez-vous ne rien croire , et dortirir d’uij b,on somme ?

« De la vie à la mort il s’agit d’un instant i « Et que pfut-on risquer qui soit plus iini^rtant ?

J* Qui dit Dieux , dit vengeurs i et leur fouc^e...

IPKICRATX.

Au contrais* t

« Qui dit Dieux , dit démens. Un remords bien sincere, s> Arrête , en expirant , leur foudre prête à choir.

Ésope.

« Eh î ce remords sincere est-on sûr de l’avoir ?

» Sur le point d’expirer , quoi qu'on se persuade»

M Le repentir est faible autant que le malade.

« Je vais , non vous prouver , mais vous faire entrevoir « Qu’un espoir si tardif est un fragile espoir ,

» Et qu’aux derniers momens les beaux esprits qui don* tent

n Ne sont pas assurés que les Dieux les écoutent.

» Voulez-vous à m’entendre appliquer votre soin ? Iphicrate.

}> Pour quel autre sujet viens je ici , de si loin ?

s> Le plaisir le plus grand que vous'me puissiez faire ,

» C’est de m’ouvrir votre ame et de ne me tien taire.

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