‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 33 sur 118 · LE FAUCON MALADE · texte numérisé non relu

LE FAUCON MALADE

Fable.

»> Un Faucon qui croyoit les Dieux muets et sourds ,

» Etant à son heure derniere , to D’un lamentable ton sollicita sa mere D’aller en sa faveur implorer leur secours.

»> Mon enfant , lui dit-elle > en merc habile et sage ,

^ a» Vendant que tu te portois bien , iï Tu disois qu’ils ne pouvoient rien :

aa Ils ne peuvent pas davantage

JH C’est presque ainsi que l’homme en use envers les Dieux :

» Pour en croire il attend qu’il soit malade , ou vieux, aa Jusqu’au moment funeste où leur vengeance arrive, aa II les croit impuissans , voyant leur foudre oisives aa Et pour les apaiser fait des cris (iciatans , aa Quand ils sont fatigués et qu’il n’en est plus tems. aa La clémence des Dieux , dont on voit tant de preuves, aa Est semblable , à-peu-près, à ces paisibles fleuves aa Qui n’ont pu résister au tems rude et fatal , aa Qui tient l^urs flots captifs , sous un mur de cristal : aa Jusques à certain poids , qu’on y passe et repasse, aa On est en sûreté sur leur épaisse glace ; aa Mais lorsqu’on la surcharge elle fond sous nos pas , aa Et qui tombe dessous ne s’en retire pas.

a> Voilà ce que je crois.

COMÉDIE Héroïque,

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