LE FAUCON MALADE
Fable.
»> Un Faucon qui croyoit les Dieux muets et sourds ,
» Etant à son heure derniere , to D’un lamentable ton sollicita sa mere D’aller en sa faveur implorer leur secours.
»> Mon enfant , lui dit-elle > en merc habile et sage ,
^ a» Vendant que tu te portois bien , iï Tu disois qu’ils ne pouvoient rien :
aa Ils ne peuvent pas davantage
JH C’est presque ainsi que l’homme en use envers les Dieux :
» Pour en croire il attend qu’il soit malade , ou vieux, aa Jusqu’au moment funeste où leur vengeance arrive, aa II les croit impuissans , voyant leur foudre oisives aa Et pour les apaiser fait des cris (iciatans , aa Quand ils sont fatigués et qu’il n’en est plus tems. aa La clémence des Dieux , dont on voit tant de preuves, aa Est semblable , à-peu-près, à ces paisibles fleuves aa Qui n’ont pu résister au tems rude et fatal , aa Qui tient l^urs flots captifs , sous un mur de cristal : aa Jusques à certain poids , qu’on y passe et repasse, aa On est en sûreté sur leur épaisse glace ; aa Mais lorsqu’on la surcharge elle fond sous nos pas , aa Et qui tombe dessous ne s’en retire pas.
a> Voilà ce que je crois.
COMÉDIE Héroïque,