‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 62 sur 118 · XXX JUGPMENS ET ANECDOTES · texte numérisé non relu

XXX JUGPMENS ET ANECDOTES

des digressions tout-à-fàit étrangères à son sujet ; et le Juge, pendant tout le plaidoyer , n'avoit cessé de lui dire , comme fait Dandin : Au fait , Avocat , au fait ! L’Avocat > impatienté de la leçon , avoit terminé brusquement , en disant, avec volubilité : Le fait est enfant fait : celui qu'on dit voir fait , nie le fait, V oilà le fait. »

cc Deux traits de critique de cette Comédie , qui ne furent pas facilement pardonnes à l’Auteur , ce sont l’un ce vers du Cid, acte premier, scene première , où Elvire dit , en parlant de D. Diegue ;

» Ses rides sur son front ont gravé ses exploits , »

et que Racine a parodié , en le faisant dire de cette maniéré par l’intimé , du feu sergent, son pere :

» Scs rides sur son front gravoient tous scs exploits, n

L’autre trait est le nom qu’il fit prendre à l’intimé , déguisé en sergent , dans la quatrième scene du second acte. Comme la logique de Port- Royal avoit d’abord passé pour être l’ouvrage d’un M. le Bon , et que Racine étoit alors brouille avec Port-Royal , on crut qu’il avoit

par

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par dérision , donné le nom de Le Bon au prétendu sergent de sa Piece. Cette plaisanterie , à laquelle il n’avoit peut-être pas pensé , lui attira des querelles j et P. Corneille fut très piqué de cc qu’il âvoit osé se jouer d’un vers qu’il croyoit l’un des plus beaux qu’il eût faits. Quoi donc ! disoit P. Corneille y ne tient-il qu'à un jeune homme de venir tourner en ridicule les plus beaux vers des gens f Cependant , comme l’observe La Monnoye , l'Académie Françoise dans scs Sentimens sur les vers du Cidy avoit dit de celui-ci ; Les rides marquent les années , et ne gravent point les exploits. « ( Voyez le cinquième Volume des Tragédies de notre Collection. )

Nous avons puisé cet historique de la Comédie des Plaideurs dans les Mémoires sur la Vie , et dans les Remarques sur les (Euvres de Racine , par son fils , qui a rapporté lui-même le passage de Riccoboni ; ainsi que dans la Lettre de AI. de Valincourt à l'Abbé d''Olivet , sur Racine , et que l’Abbé d’Oîivet a insérée dans son Histoire de V Académie Françoise ; dans les Commentaires de Brossette sur les Poésies de Boileau i dans le

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Mênagiana , et dans les Anecdotes Dramatiques de l’Abbé de La Porte.

Il parut en 1712 une Piece intitulée aussi Les Plaideurs , qui' fut jouée à la Poire Saint-Germain , pas la Troupe des associés Dolet , de La Place et Bertrand , et imprimée , à Paris , la même année , zn-12 j mais qui n’a tien de commun que le titre avec celle de Racine. Les Comédiens François étant en procès avec les Acteurs forains, un anonyme imagina de composer une Piece en trois actes , par écriteaux, dans laquelle il fit vomir un torrent d’invectives par ces derniers contre leurs adversaires. Voilà quel est tout le sujet de cette Pièce.

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