‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 98 sur 118 · SCENE IV et derniere · texte numérisé non relu

SCENE IV et derniere

CHICANEA.U , ISABELLE , DANDIN , LÉANDRE , L’INTIMÉ, PETIT-JEAN, LE SOUELEUR.

Chicaneau, â Dandia,

M ONSIBVR....

D A N O I N , ironiquement.

Oui, pour vous seuls l’audience se donne.,,, ( Se levant , et apercevant Isabelle qui veut se retirer.) Adieu..,, Mais » s’il vous plaît »quel est cet enfant-là ?

Chicaneau.

C’est ma fille , Monsieur.

Eh ! tôt , rappelez la.

Isabelle» revenanu Vous êtes occupé.

Moi , je n’ai point d’affaire. . .

( A Chicaneau, )

Que ne me disiez-vous que vous étiez son pere ?

Monsieur....

Chicaneav.

Elle sait mieux votre affaire que vous....

( A Tsaieïlt. ) ( A part. )

Dites?.,. Qu’elle est jolie, et qu’elle a les yeux doux !... ( A Isabelle. )

Ce n’est pas tout , ma fille , il faut de la sagesse.

( A part. )

Je suis tout réjoui de voir cette jeunesse.

( A Isabelle. )

Savez-vous que j’étois un comperc autrefois ?

On a parlé de nous !

Isabelle.

Ah! Monsieur , je vous crois.

Dîs-nous , à qui veux-tu faire perdre la cause ? Isabelle.

A personne.

Pour toi je ferai toute chose ;

Parle donc.

Isabelle.

Je vous ai trop d’obligation.

K’avez-voui jamais vu donner la.question î Isabelle.

Kon , et ne le verrai , que je crois , de ma vie,

Venez > je vous en veux faire passer l’envie.

COMÉDIE. TT

Isabelle.

Eh ! Monsieur , peut-on voir soufFrk des malheureux.^ D A N D { N.

Bon 1 cela fait toujours passer une heure ou deux. Ckicaheau.

Monsieur , je viens ici pour vous dire...

Léandxs, à Dandin,

Mon pere ,

le vous vais, en deux mots, dire toute l’afFaire.- C’est pour un mariage ; et vous saurez d’abord Qu’il ne tient plus qu’à vous , et que tout est d’accord»

T a fille le veut bien \ son amant le respirC':

Ce que la fille veut le pere le desire.

C’est à vous à juger.

Dakdin, se rasseyant.

Mariez , au plutôt.

Dès demain , si l’on veuf, aujourd’hui , s’il le faut.

' t ]é'A MORE, à Jsàbelle.

Mademoiselle , allons , voilà votre beau pere ; Saluez-le.

Comment ?

Damdik, à Ldanire»

Quel est donc ce mystère è

Ce que vous avez dît se fait de point en point.

Puisque je l’ai jugé , je n’en reviendrai point..

Chicaneav.

Mais on ne donne pas une fille sans elle.

LÉ A K I) R s.

Sans doute ; et )’cn croirai la charmante Isabelle*

Chicaneau, tL Imhelle,

Is-tu muette ? Allons s c’est à toi de parler.

Farle.

Isabelle.

Je n’ose pas , mon pere , en appeler.

Chicaneav.

Mais j’en appelle, moi.

L É A N D R B , lui montrant un papier»

VoycE cette écriture.

Vous n’appcIcreE pas de votre signature.

Chicaneav.

Plaît-il ?

D A N D I N , voyant le papier.

C’est un contrat en fort bonne façon.

Chicaneav.

Je vois qu’on m’a surpris ; mais j’en aurai raison*

De plus de vingt procès ceci sera la source.

On a la fille, soit: on n’aura pas la bourse.

Eh ! Monsieur, qui vous dit qu’on vous demande rien ? Laissez-nous votre fille , et gardez votre bien.

Chicaneav.

Ah I .. I .

LÈANDRE, à Dandin.

Mon pere > êtes-vous content de l'audience ?

TJ

COMÉDIE

Oui-dà ! Que les procès viennent en abondance «

Et je passe avec vous le reste de mes jours ;

Mais que les avocats soient désormais plus courts»,.

Et notre criminel ?

Kc parlons que de joie;

Crace 1 grâce 1 mon pere.

Eh 1 bien, qu’on le renvoie...

{A IsalelU.)

C’est en votre faveur, ma bru, ce que j’en fais.... Allons nous délasser à voir d’autres procès.

COMÉDIE

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