‹ EsopeChapitre 17 sur 24 · SCENE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCENE NEUVIÈME

CYDIAS, ORETÈS

GYDIAS

Il faut perdre ce triste avorton.

ORÉTÈS

Ce difforme.

CYDIAS

Qu'il se brise le front dans une chute énorme!

ORÉTÈS

Ah! s'il a vraiment fait ce que nous avons su, La chose nous sera facile, et ce bossu, Qui sur nous, vomissait l'insulte en son délire, Avant qu'il soit longtemps, aura fini de rire.

CYDIAS

Il faisait l'honnête homme et l'homme de valeur, Mais il ne vaut pas mieux que nous.

ORÉTÈS

C'est un voleur!

CYDIAS

Il volait Crésus. Bon. Nous l'aurions laissé faire.

ORÉTÈS

Mais il nous a bravés. Cela change l'affaire.

CYDIAS

Puis, songeons à ce roi stupide aux lourds colliers,

Qui nous a sottement, naguère, humiliés.

Car l'envoyé secret de Cyrus, — j'en soupire! —

Nous offre assez d'or pour acheter un empire.

Oui, Saroulkha, — tel est son nom — pour tout régler,

A parfaitement su comme il faut nous parler.

ORÉTÈS

Il parle très bien.

GYDIAS

Que notre savoir s'exerce —

ORÉTÈS

Et nous palperons l'or, le bon or de la Perse.

CYDIAS

L'or, c'est la vertu même et le premier des biens.

ORÉTÈS

Cet Ésope, ce fou! qui nous appelait : chiens! Et nous traitait déjà comme des bêtes mortes. Fort bien. Mais nous allons voir.

(Apercevant le Roi, Orètès et Cydias se retirent à l'écart, dans un coin de la scène. — Entrent Crésus, Rhodope et Esope, couvert d'un très riche manteau, suivis de loin par Ceyx, qui demeure au fond du théâtre.)

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