SUPÉRIORITÉ D'ALGER COMME STATION HIVERNALE
vieillesse. De même, dans un travail publié (en 1877) sur la longévité observée à Alger pendant treize années (1864-1877), M. le docteur E.-L.Bertherand arrive à ce résultat, qu'à Alger, le chiffre d'individus morts après l'âge de quatre-vingts ans est remarquablement élevé, eu égard au chiffre total de la population, et que, dans de telles proportions, le nombre des centenaires y est neuf fois plus fort qu'en France, en Italie, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Hollande et en Suède.
Après toutes les considérations que je viens de développer, vous n'hésiterez pas, je pense, h accepter comme rigoureusement démontrée cette conclusion : que parmi toutes les localités situées à la portée de l'Europe, il n'en est point qui puisse être comparée à Alger comme station hivernale. Sans doute cette assertion ne s'applique guère h la saison d'été, bien qu'un jour, plus d'un point, dans la proximité d'Alger, offrira aux habitants ainsi qu'aux étrangers de fraîches et commodes villégiatures. De même, l'époque ne peut manquer de venir où de beaux hôtels (comme on voit en Suisse), s'élèveront à l'ombre des cèdres de Teniet-el-Ahd et de l'Aurès, ou au milieu des magnifiques taillis du mont Edough (près de Bone), du mont Oued- Ouach (près de Constantine), et de tant d'autres pittoresques et verdoyants massifs montagneux des trois provinces algériennes. Pour le moment, l'étranger qui aura passé un délicieux hiver à Alger, pourra passer un été tout aussi délicieux sur les rives du Bosphore, dont je crois avoir suffisamment fait ressortir tous les avantages comme station estivale '•
Mais retournons à Alger, car avant de terminer mon plaidoyer en faveur de cette ville, plus d'un, parmi les étrangers que je voudrais persuader à la choisir comme station d'hiver, me demandera si, à côté d'un beau ciel et d'un climat salubre, Alger lui offrirait également les ressources variées de la vie sociale. Or, je tiens à ne pas encourager à cet égard des espérances exagérées, et je m'empresse, en conséquence, de déclarer tout d'abord que ceux pour qui les réunions brillantes, les bals