Voy. Le Bosphore et Constantinople, 2* édit., p
et les divertissements de tout genre sont des conditions essentielles de la vie sociale, ne doivent pas s'attendre avoir ces conditions complètement réalisées dans la capitale de la colonie française. Alger, il est vrai, est plus qu'une ville provinciale, et Ton aurait tort de la traiter comme telle; c'est le siège d'un gouvernement central, chargé de l'administration d'un vaste pays et représenté par un fonctionnaire dont la position exceptionnelle, est supérieure à celle des fonctionnaires les plus élevés de la métropole; entouré du double prestige des attributions militaires et civiles, il constitue pour ainsi dire une petite royauté, et pourrait, par conséquent, exercer une grande influence sur le mouvement de la vie sociale. D'autre part, Alger possède un certain nombre d'étrangers, en majeure partie Anglais, qui, à titre de propriétaires ou de locataires à long bail, sont établis dans la ville, mais particulièrement sur les verdoyants coteaux du Mustapha supérieur.
Il n'en est pas moins vrai que ces éléments sociaux ne produisent guère (du moins pour le moment) l'effet qu'on serait tenté d'en attendre. Ainsi, tant le gouverneur général luimême que les fonctionnaires militaires et civils directement ou indirectement sous ses ordres, ne jouissent pas de traitements suffisants pour faire face aux frais d'une représentation pratiquée régulièrement sur une large échelle ; en sorte que les édifices pittoresques, mais modestement meublés, qu'ils habitent, s'ouvrent rarement à des réunions nombreuses, bals ou dîners; ce que la société algérienne a d'autant plus raison de regretter, qu'elle sait avec combien de succès ces messieurs s'acquittent de telles tâches, chaque fois qu'ils sont dans le cas de s'en charger; aussi suis- je heureux d'ajouter que le petit nombre de réunions officielles ayant eu lieu pendant notre séjour à Alger, ont toutes été remarquables par les soins intclli* gents et l'exquise courtoisie qui y présidaient.
Les mêmes raisons qui empêchent les fonctionnaires supérieurs de contribuer autant qu'ils l'eussent désiré aux divertissements sociaux, ne leur permettent pas non plus ces manifestations de luxe et d'élégance, donnant de l'auimation et