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SOURCES CHAUDES

Je mentionnerai simplement las espèces suivantes observées par moi, espèces assez caractéristiques pour cette végétation. D'abord, parmi les arbres et buissons : Celtis awtralù, Fraxinus awtralisy Ceratonia siliqua, Nerium Oleander, Pistacia atlantica, Jasminium fruticans, etc., et parmi les plantes herbacées : la belle et très rare Fumaria numidica Coss. (Rupicapnu* numidicus Pomel), Convolvulus mauritanicus Coss. (rare), Antirr/unum tortuoswn, Anaeyclus pyrethrum^ Seriola œtnensiSy etc. Partout YUrtica pillulifera forme des fourrés; elle est ici plus fréquente que YUrtica membranacea, qui, à Alger, au contraire, est l'espèce dominante. Sur plusieurs points du sentier j'aperçus, parmi d'autres coquilles terrestres, Y Hélix zona tus, espèce assez rare ailleurs, mais très commune à Constantine.

Après avoir parcouru environ 2 kilomètres, ayant toujours à notre droite les beaux rochers de Constantine (groupe occidental) et à notre gauche (mais à une plus grande distance) la vallée pittoresque du Rummel, où, au milieu des fourrés d'arbres, on apercevait quelques orangers à fruits colorés en jaune, mais arrivant rarement à maturité, nous vîmes plusieurs sources chaudes, soit jaillissant des rochers, soit filtrant à travers des fissures en filets nombreux. Sur quelques points les eaux ont été réunies en piscines, dont la plus spacieuse, creusée en 1873 et portant le nom de Ain-Sidi-Moudembé, était à sec; les autres, contenant des volumes d'eau plus ou moins considérables, constituent autant de petits bassins entourés de rochers pittoresques dont les parois sont tapissées du gracieux capillaire cheveux de Vénus (Adianthum capillus Veneris). Dans les parages où se trouvent les sources, les rochers sont revêtus de stalactites et de concrétions remontant à des hauteurs considérables, ce qui doit faire supposer qu'elles ont été formées par des sources jadis bien plus nombreuses sur le versant méridional des rochers, en sorte que les sources actuelles n'en seraient que des restes presque insignifiants. L'eau n'a pas de goût particulier et sa température varie selon les sources entre les limites de 28 et 32 degrés.

Au-dessus des sources se trouve un petit restaurant ou café d'où Ton jouit d'une fort belle vue : du côté du sud-ouest l'horizon est limité par les montagnes de Chitaba et Ton voit serpenter la verdoyante vallée du Rummel, tandis qu'à l'ouest se dresse la ville sur le sommet de son splendide rocher.

Parmi les excursions faites à une plus grande dislance de Constantine, celle qui m'a particulièrement intéressée fut l'excursion au mont Djebel-Ouach , situé à 6 kilomètres à l'estnord-est de la ville ; aussi me permettrai-je de vous en donner une relation détaillée. Nous traversâmes par une excellente route une contrée sillonnée en sens divers par des hauteurs ondulées. A peu de distance de Constantine, le calcaire à hippurites qui compose le rocher sur lequel est située celte ville, est remplacé d'abord par des schistes marneux appartenant probablement au terrain crétacé moyen, et puis par des grès compacts qui constituent le mont Djebel-Ouach et se rattachent, selon M. Tissot, au terrain éocène; d'où il résulterait qu'entre Constantine et le mont Djebel-Ouach les terrains se succèdent de bas en haut, c'est-à-dire depuis les formations secondaires jusqu'aux formations tertiaires.

A 3 kilomètres environ de la ville nous vîmes à notre gauche (mais dans le lointain) se terminer brusquement la portion orientale du rocher de Constantine, taudis que la partie occidentale se continue sur une grande distance jusque dans la province d'Alger, en se rattachant aux montagnes percées par les Portes de fer. Au reste, cette connexion n'a qu'un caractère orographique mais non géologique, car le massif ainsi allongé est composé de terrains divers,

La contrée que nous parcourûmes jusqu'à Djebel-Ouach est complètement déboisée, mais la végétation en est fort intéressante4. Çà et là, des espaces considérables sont presque exclusivement occupés par le Cynara cardunculus non encore en fleur, souvent associé au Silybum eburneum, espèce nouvelle

1. J'y ai observé 26 espèces dont je donne la liste dans les Pièces justificatives, XII.

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