CLIMAT DE CONSTANTINE
venance; c'est un oxyde d'an li moi ne cristallisé en belles pyramides, à base carrée.
Gomme le temps continuait à être froid et désagréable, nous crûmes prudent, non seulement de ne point trop prolonger notre séjour à Constantine, mais même de ne nous arrêter àBatna qu'un seul jour, afin de nous rendre plus promptement à Biskra, où nous étions sûrs de trouver tout ce que le ciel nous refusait à Constantine. D'ailleurs, le mauvais temps que nous eûmes dans cette dernière ville était évidemment la conséquence d'une année tout à fait exceptionnelle dont Faction s'était fait sentir jusqu'à Alger; car, après tout, le climat de Constantine est assez doux, eu égard à l'altitude de la ville (750"), puisque sa température moyenne annuelle est de 17 degrés, c'est celle de Blidah et même de Bougie, et sa moyenne estivale (26°,5) est supérieure à celle d'Alger; d'autre part, il tombe à Constantine à peu près autant de pluie qu'à Alger, mais bien moins qu'à Bougie, car la moyenne annuelle pluviométrique de Constantine est de 680" ,4.
tCHlHATCtigf. 18
LETTRE XIV
tr — Panorama prestigieux que préfente la gorge de Kaatara. — Kantara et ses taillis de dattiers. — Fontaine de la Gazelle. — ^Habitation de M. Rose. — Usage des coquillaj fossiles peur -fr^frhrieeliaa de. la chaux. — Remarquables phénomènes, -ftratigrapbiques. — £1 Outaïa. — Col de Sfa. -~ Convmencement du désert^— Biskra. — Quartiers européen, arabe et nègre. — Jardin d'aeelimatation de HT Landon. — Cafés arabes. — Danseuses. — Curieuse visite faite aveo le commandant de Biskra. — Conditions cllmatologiques de Biskra. — L'oasis de Zadja. — Lutte héroïque de ses habitants avec les Français, en 1849. — L'oasis de ftidM>kbà. — Mosquée renfermant 1e tombeau de Sldl-Okbà. — Histoire romanesque de ce conquérant arabe. — Sources thermales.
Biskra, lt mai 1878.
Après avoir joui d'un beau soleil pendant l'hiver passé à Alger, nous dûmes nous résigner à quelques rigueurs boréales, au commencement du printemps même, à mesure que nous nous éloignions du littoral algérien. Aussi quittâmes-nous (le 23 avril) Constantine par un temps froid et pluvieux, et ce fut probablement à cause de la sombre physionomie dont était empreinte la nature, que Batna, où nous arrivâmes le lendemain, battus par un violent coup de vent, fit sur nous une assez triste impression ; car cette localité se présenta à nos yeux sous la forme monotone d'un village situé au milieu du désert, et ses rues larges et inanimées semblaient plutôt rechercher que redouter le soleil. D'ailleurs cet astre si puissant à cette époque dans le Midi, n'était pas même parvenu ici à ranimer la végétation, car, de même qu'à Sétif et à Constantine, l'orme (Ulmus campestris), chargé de fruits, osait à peine montrer ses feuilles, et le mûrier blanc n'en offrait aucune